Une sordide histoire de rat terrorise le club privé préféré des stars
C'est une curieuse histoire qui secoue actuellement le club San Vicente Bungalows, à West Hollywood. Un établissement parmi les plus secrets et huppé de la côte ouest et qui compte parmi ses clients réguliers des célébrités tells que Leonardo DiCaprio, Jennifer Aniston, Miley Cyrus, Justin et Hailey Bieber, Elon Musk, Steven Spielberg, Jennifer Lopez, Sydney Sweeney, Zoë Kravitz, Jon Hamm, ou encore Harry et Meghan.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, petite présentation. Car les simples curieux sont priés de se tenir à bonne distance des élégants bungalows blancs qui composent ce complexe, réservé à la crème de la crème de l'élite. San Vicente Bungalows, abrégé «SVB», qui compte des locations similaires à Santa Monica et New York, propose notamment, selon son site internet, un bar «privé» intimiste, un restaurant, une salle à manger privée, un bar à sushis, une salle de projection ainsi que neuf chambres et suites pour les séjours de plus d'une nuit.
L'adhésion, uniquement sur recommandation d'un autre membre, implique de juteux frais d'entrée - sans oublier la cotisation annuelle. Ce qui ne garantit en rien l’accès au club: selon son fondateur Jeff Klein dans GQ, peu après son lancement en 2019, seules 10% des candidatures sont retenues par le comité d'adhésion, un organe secret de 14 membres renouvelé régulièrement.
«Ce qui compte, ce n’est pas d’avoir de l’argent, mais d’être intéressant», confiait un membre anonyme au Hollywood Reporter, en 2019.
Mais l'attrait de San Vicente pour ses membres repose avant tout sur les strictes mesures de confidentialité en vigueur, qui exigent notamment des invités qu'ils apposent un autocollant sur l'objectif de leur téléphone à l'entrée, afin d'empêcher toute photo et publication sur les réseaux sociaux. (Une mesure n'a pas empêché d'y apercevoir Jay-Z et Taylor Swift, comme le rappelle le Wall Street Journal.)
Le lieu aurait été ainsi propice aux rencontres entre magnats des affaires et pontes hollywoodiennes, dont Steven Spielberg et Ted Sarandos, directeur des contenus chez Netflix, ou encore Bob Iger, PDG de Disney.
Un scandale de rat
Mais toute la discrétion, la confidentialité et les précautions du monde n'ont pas empêché une lettre du patron du club, adressée à son personnel, de fuiter dans les colonnes de Page Six Hollywood. Lequel y affirme qu'une sinistre découverte aurait été faite dans le vestiaire des employés: un rat mort «enfermé dans un bocal».
«L'accès à la salle de pause étant réservé aux membres de l'équipe, il semble qu'il s'agisse d'un acte délibéré et malveillant commis par l'un d'entre eux», poursuit la communication interne, d'un ton lourd d'accusations.
Alors que les images de vidéosurveillance font actuellement l'objet d'un examen minutieux et qu'une enquête est en cours (selon les premières conclusions, affirme Page Six, le rat aurait été préalablement retrouvé sur le trottoir hors de l'établissement avant d'être mis en bouteille), le dirigeant de la célèbre chaîne de clubs a eu une idée pour le moins radicale afin de résoudre ce «crime»: une récompense de 10 000 dollars à l'employé qui désignera le responsable.
«Tout acte qui compromet nos normes et met en péril notre activité est totalement inacceptable. Un tel comportement peut constituer une faute professionnelle au sens du droit californien, entraînant un licenciement immédiat et un signalement aux autorités compétentes», menace encore le patron.
D'autres désagréments
Cette histoire aussi rocambolesque qu'embarrassante est un nouveau chapitre d'une longue histoire de désagréments et d'embarras pour le prestigieux club hollywoodien, qui facture à ses membres de plus de 35 ans une cotisation annuelle de presque 5000 dollars (1800 dollars pour les plus jeunes).
La semaine dernière, Page Six rapportait déjà que la cuisine «événementielle» de l'établissement avait été temporairement fermée, suite à des infractions sanitaires présumées, notamment la «présence d'insectes, de rongeurs ou d'oiseaux», selon les autorités sanitaires du comté de Los Angeles.
Dans un communiqué, un porte-parole de San Vicente Bungalows a rétorqué que l'espace décrit comme une «cuisine événementielle séparée», avait été «temporairement fermé dans le cadre de travaux de rénovation», et ajouté qu'«elle n'a pas servi à la préparation ni au service de repas aux clients» pendant cette fermeture.
Toujours selon le porte-parole, un inspecteur sanitaire aurait été dépêché pour contrôler la cuisine et «quelques points relevés», mais qu'ils avaient été «immédiatement corrigés». Le club a affirmé que la cuisine événementielle avait été «entièrement approuvée» sous 48 heures, mais qu'elle «resterait hors service» le temps que les travaux de rénovation soient terminés.
Une chose est sûre: si l'affaire est embarrassante pour l'un des lieux les plus mystérieux et prisés de Los Angeles, qui cherche actuellement un nouveau propriétaire pour entamer son expansion à l'étranger, selon le WSJ, son attrait devrait rester inchangé pour les milliers de personnes sur liste d'attente.
Comme l'a glissé Jeremy Strong, l'acteur qui incarne Kendall Roy dans la série à succès Succession et qui fréquente les trois établissements San Vicente, au Wall Street Journal: «Jeff Klein (le propriétaire et fondateur, ndr) possède un instinct ineffable et incomparable, et un don exceptionnel. Il crée des lieux où l'on a envie d'être».
Problème de rat... ou pas.
