Le «Barbie Dream Fest» a tourné au fiasco
Il y a deux types d’événements. Ceux qui tiennent leurs promesses… et ceux qui deviennent des documentaires Netflix. Le Barbie Dream Fest, organisé le week-end dernier à Fort Lauderdale, près de Miami, en Floride, appartient très clairement à la deuxième catégorie.
Sur le papier, il y avait de quoi chatouiller l’âme des plus grands fans de la poupée en plastique et de l’insupportable film avec Margot Robbie et Ryan Gosling. Une Dreamhouse grandeur nature dans laquelle se balader, une roller disco digne des années 1980, une exposition spatiale immersive baptisée «Beyond the Stars» et, globalement, une overdose de rose, de paillettes et de nostalgie.
Dans la vraie vie? Disons que Barbie aurait probablement demandé à rentrer chez elle.
Une Dreamhouse… en carton
Premier choc pour les visiteurs, la fameuse Dreamhouse. Certains s’imaginaient déjà plonger dans la maison iconique de la poupée, multiplier les photos Instagram et jouer les Barbie grandeur nature.
A la place, comme le souligne le New York Times, ils ont découvert un décor en 2D en carton, posé dans un centre de congrès grisouille. Avec, en bonus, un van Volkswagen rose garé devant, dans lequel il était interdit de monter.
Cette femme montre cette débâcle 👇🏽
Quant à la roller disco? Une zone délimitée sur un sol en béton, encadrée par des structures métalliques sans toit. Un détail qui a son importance. Une boule à facettes a bien été ajoutée en cours de route, probablement dans un moment de panique organisationnelle, mais elle n’a pas suffi à cacher la misère.
249 dollars pour du gel hydroalcoolique
Les billets démarraient à 69 dollars pour les adultes, 30 pour les enfants, et pouvaient grimper jusqu’à 449 dollars pour des formules premium.
Parmi elles, le fameux «pink pass», vendu environ 249 dollars, promettait notamment un «sac surprise». Une participante a raconté avoir reçu… un flacon de gel hydroalcoolique estampillé Barbie. «On peut en trouver au Dollar Store», a-t-elle résumé, visiblement peu émue par le niveau d’exclusivité.
Au-delà des activités décevantes, c’est surtout l’atmosphère générale qui a refroidi les fans. Plusieurs visiteurs décrivent un centre de convention aux sols, murs et plafonds gris, à peine compensé par quelques lumières roses. L’une d’entre elles évoque même la sensation d’être «coincée dans un grand entrepôt sombre». On est donc assez loin du monde ultra-coloré promis.
Certaines personnes avaient pourtant traversé le pays, voire le globe, pour assister à l’événement. Location d’appartement, billets d’avion, autant de frais qui, eux, ne seront pas remboursés. Car oui, face à la polémique, les organisateurs ont annoncé le remboursement, en partie, des billets. Si c’est pas l’esprit de Barbie, ça!
Le nouveau Fyre Festival?
Difficile, face à un tel enchaînement, de ne pas penser aux autres fiascos du genre. Le tristement célèbre Fyre Festival, avec ses sandwiches au fromage et ses tentes de fortune, ou plus récemment l’expérience Willy Wonka à Glasgow, devenue un mème grâce à un Oompa Loompa manifestement au bout de sa vie.
Le Barbie Dream Fest s’inscrit désormais dans cette tradition très contemporaine des événements vendus comme des expériences immersives et qui s’avèrent être au final des décors approximatifs dans des hangars qui ressemblent à des coupe-gorge à la nuit tombée.
Tout n’était pas complètement raté. Serena Williams, l’ex-joueuse de tennis, était bien présente, comme annoncé. Mais pour de nombreux visiteurs, la venue de la star américaine n’a pas suffi à compenser l’écart abyssal entre la promesse marketing et la réalité. Le prix a peut-être aussi joué un rôle: 379 dollars pour une photo avec l'ex-sportive.
Mais c’est peut-être là que se situe le plus grand paradoxe dans ces fiascos légendaires. Ils deviennent, malgré eux, des expériences mémorables. Pas pour les bonnes raisons, certes, mais mémorables quand même.
