Le dernier délire narcissique de Trump est «un vrai bordel»
Donald Trump peut compter sur un certain nombre de statues et figurines géantes à son effigie. Pas toujours à sa gloire d’ailleurs. Les œuvres qui condamnent ses actions ou sa politique, souvent éphémères, poussent comme des champignons depuis son premier mandat. La dernière ayant fait particulièrement parler d’elle évoquait ses liens avec le pédocriminel Jeffrey Epstein, dans une parodie du film Titanic.
Pas découragé pour un sou, le président des Etats-Unis retrousse lui-même ses manches pour s’offrir ses propres statues. Et, depuis ce week-end, le particulièrement humble «Don Colossus», érigé sur le parcours de son golf Trump National Doral à Miami fait sacrément jaser. Il faut dire que les frasques qui entourent l’inauguration de cette statue recouverte de feuilles d’or sont nombreuses.
Chargé de baptiser la bête, Mark Burns, pasteur évangélique et conseiller spirituel personnel de Trump (forcément), n’y est pas allé de main morte lorsqu’il a fallu décrire l’importance de cette statue.
Jugez plutôt:
Selon The Daily Beast, l’homme d’Eglise aurait d’ailleurs «joué un rôle déterminant dans l'érection de la statue». Une statue représentant Donald Trump le poing droit levé, en référence à la tentative d’assassinat à son endroit durant un meeting en Pennsylvanie en 2024.
Voici l’oeuvre en question:
NEW: MAGA evangelical leaders gather in Mar-a-Lago to bless and dedicate a gold statue dedicate to Donald Trump. pic.twitter.com/D3HcomQIu3
— Christopher Hale (@ChristopherHale) May 8, 2026
Son prix? 450 000 dollars, selon plusieurs sources américaines. Une facture qui aurait été réglée par «un groupe d'investisseurs en cryptomonnaies, dans le cadre d'une campagne promotionnelle pour leur memecoin, le $PATRIOT», révélait le New York Times en février déjà.
«Un vrai bordel»
De son côté, le sculpteur chargé de donner vie à ce Trump d’or de plus de six mètres de hauteur (avec le piédestal) évoque un «vrai bordel» depuis le début. Au Miami New Times, Alan Cottrill explique qu’il a dû cacher son œuvre, à cause d’un retard de paiement, en lien avec des frais supplémentaires concernant les droits d’auteur.
Mais ce n’est pas tout:
Sur les réseaux sociaux, certains hurlent au «pécher d’orgueil» et «au délire narcissique». Si Donald Trump a déjà déclaré qu’il ADORE CETTE MAGNIFIQUE STATUE, son pasteur a cru bon d’affirmer que «vous ne pouvez nier que cet homme a accompli des choses extraordinaires, que vous aimiez ou non le président Donald Trump». Soit.
Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’Hollywood vient glisser son grain de sel dans cette affaire. Samedi, le showrunner Eric Kripke a lâché un gros «Seriousely, what the fuck?» sur son compte Instagram, en découvrant ladite statue.
Pour ceux qui l’auraient manquée, sa très bonne satire politique The Boys prend un malin plaisir à parodier l’Amérique contemporaine, en mettant en scène une multinationale de superhéros qui fonctionne, peu ou prou, comme le mouvement MAGA et le gouvernement Trump.
L’épisode six de la cinquième saison, disponible actuellement sur Prime Video, dévoile lui aussi une statue géante et dorée de son personnage principal, le dangereux narcissico-mégalo Homelander, à côté d’un immense drapeau des Etats-Unis.
The Boys qui n’en est pas à sa première étrange prédiction, avait déjà causé de l’importance grandissante des chrétiens nationalistes ou le musellement des médias mainstream. Pour certains internautes, la série est simplement «devenue la nouvelle Simpson».
Selon l’un des investisseurs en crypto à l’origine de la chose, cité par le New York Times en février dernier, le groupe espérait pouvoir offrir une réplique miniature à Donald Trump, qui devait orner son bureau sans le Bureau ovale. On ignore si le cadeau a déjà trouvé son nouvel écrin.
