Voici la sucette goût pénis (et c’est pas un poisson d’avril)
Ce matin, quand j’ai proposé le sujet en séance de rédaction, j’ai brièvement questionné mes choix de vie.
A la base, je voulais être journaliste sportive. Spécialisée tennis. Avec une petite préférence pour les tournois du Grand Chelem et, disons, quelques Masters 1000. Pas tous hein, faut pas abuser. Sauf que, sur un malentendu, je me suis retrouvée chez watson, à proposer des sujets qui ne me feront sans doute pas gagner le prochain Prix Pulitzer.
Celui-ci en fait clairement partie.
Et visiblement, avec cette proposition de sujet sur une sucette goût bite repérée dans Libération, et qui a fait glousser un certain nombre de mes collègues (la maturité n’est pas un critère d’embauche ici), j’ai aussi réveillé quelque chose chez mon chef.
Merde, j’ai créé un monstre. «Non», ai-je répondu, très calmement. J’ai déjà suffisamment de casseroles journalistiques au cul pour ne pas ajouter une vidéo intitulée «Alors, ça goûte la bite?» avec des passants consternés sur la place de la Riponne.
Bref. Parlons plutôt de cette fameuse sucette.
Une petite plaisanterie à 8000 euros
Non, ce n’est pas une blague du 1er avril. Oui, c’est en vente. Et non, je ne vais pas vous mettre le lien ici, je tiens à garder un minimum de dignité, et puis débrouillez-vous, hein.
Derrière cette délicieuse création, un certain Nicolas, 45 ans, juriste, Français, père de famille, qui préfère rester anonyme (le traître). L’idée lui serait venue en 2023, en jouant à Fortnite. Comme quoi, les plus grandes inventions naissent parfois entre deux headshots.
Deux ans et 8000 euros plus tard, le concept est devenu réalité. Ainsi naquit cette sucette artisanale, à base d’isomalt, sans sucre ni conservateurs, censée reproduire «le goût d’un pénis humain non lavé après une journée de travail».
Voilà.
Le plus fascinant, ce n’est pas tant l’idée. Après tout, on en a vu d’autres (on salue chaleureusement Gwyneth Paltrow).
Ce qui peut troubler, en revanche, c’est le sérieux quasi scientifique derrière le projet. Nicolas a dû convaincre un laboratoire de recréer ce qu’il appelle un «environnement olfactif et gustatif de fellation». Après plusieurs refus (on comprend), un chimiste finit par accepter, intrigué par la démarche inverse: transformer quelque chose de potentiellement… rebutant, en expérience consommable.
Résultat? Une recette aux notes de parmesan, de transpiration, d’urine, de salive et, oui, d’éjaculat. Selon les testeurs, le verdict est unanime:
Ce qui, d’un point de vue purement méthodologique, est probablement la phrase la plus étrange à valider en phase de test produit.
Le grand retour du «naturel»
Et c’est là que ça devient presque sérieux. Parce que derrière ce qui peut ressembler à une blague potache de fin de soirée, Nicolas revendique une réflexion sur notre rapport aux odeurs corporelles. Il s’inscrit dans une tendance qui valorise le «naturel», à contre-courant d’un certain hygiénisme moderne.
L’idée? Nos odeurs participent à la séduction, à l’attachement, à la cohésion sociale. En gros, on se choisit aussi avec le nez.
Sa sucette serait donc, selon lui, une manière de «démocratiser» une expérience encore taboue. Traduction, de permettre à tout le monde de goûter à quelque chose que tout le monde ne pratique pas forcément.
Officiellement, le produit s’adresse aux «amateurs d’audace culinaire». Officieusement, il cartonne surtout auprès de couples gays et dans les enterrements de vie de garçon, ce qui, honnêtement, semble parfaitement cohérent.
Mais Nicolas voit grand. Beaucoup plus grand. Il évoque des usages en thérapie mémorielle. Ou encore comme «outil» pour explorer son orientation sexuelle.
D’ailleurs, si le succès de cette sucette continue (et pour l'heure, elle est en rupture de stock; okay je vous donne le lien), des déclinaisons sont déjà envisagées. Version «intense», version «goût chatte», voire intégration dans des glaces ou des chewing-gums.
On pourrait donc, un jour, commander tranquillement en terrasse un cornet deux boules chocolat-bite. Et ça, c’est une phrase que je n’aurais jamais pensé écrire de toute ma carrière.
