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Avec The Mountain, Gorillaz livre un album mystique

Jamie Hewlett (à gauche) et Damon Albarn (à droite) sont les deux cerveaux derrière le groupe virtuel Gorillaz.
Jamie Hewlett (à gauche) et Damon Albarn (à droite) sont les deux cerveaux derrière le groupe virtuel Gorillaz.Image: Gorillaz

Gorillaz livre un album mystique

Ce vendredi est sorti The Mountain, le nouvel album de Gorillaz. Un disque spirituel qui vient célébrer l'Inde et dans lequel s'invitent 24 artistes, dont certains ne sont plus de ce monde.
01.03.2026, 16:0601.03.2026, 16:06

Après avoir livré un album tropical en 2023, Cracker Island, dans lequel figuraient notamment Bad Bunny, Thundercat et Tame Impala, Gorillaz revient ce 27 février avec The Mountain. Un disque aux sonorités indiennes qui se présente comme une ode à la vie face à la mort et dont la sortie coïncide avec le 25e anniversaire du groupe, leur premier album étant sorti en 1998.

Si Gorillaz apparaît sous la forme d'un quatuor cartoonesque réunissant Noodle, Russel, 2D et Murdoch, ce groupe virtuel est avant tout l'initiative de deux artistes: Damon Albarn et Jamie Hewlett. Le premier est mondialement connu en tant qu'ancien chanteur du groupe culte Blur, tandis qu'Hewlett, artiste et graphiste, est à l'origine de l'identité visuelle si singulière de Gorillaz.

Le succès du groupe, on le doit évidemment au génie créatif des deux compères, mais aussi aux artistes participants venus de tous horizons et souvent prestigieux, formant ainsi une sorte de collectif où chacun offre sa voix ou sa mélodie. A chaque album, Gorillaz livre des morceaux hétéroclites à l'identité marquée, et dont les tubes résonnent encore aujourd'hui.

Illustration de Jamie Hewlett
Image: Gorillaz

Gorillaz continue sur cette lancée, livrant avec The Mountain un album chanté en six langues, dans lequel on entend de l’anglais, de l’arabe, de l’espagnol, de l’hindi ou encore du yorùbá, l'une des langues du Nigéria.

Quant aux invités participant à l'album, la diversité y est également grande, allant de la légende de Bollywood Asha Bhosle, 91 ans, en passant par la virtuose du sitar Anoushka Shankar, le groupe de punk rock anglais IDLES, l'ex-guitariste des Smiths, Johnny Marr, l'ancien bassiste des Clash, Paul Simonon, ou encore la star de l'électro-folk, Omar Souleyman.

Mais le plus étonnant dans cet album, c'est qu'une grande partie des invités ne sont plus de ce monde. En effet, on y retrouve également les voix de Dennis Hopper, Bobby Womack, Dave Jolicoeur (De La Soul), Tony Allen, ou encore Mark E. Smith. Des artistes qui ont croisé la route de Damon Albarn à un moment donné et dont les sessions d'enregistrements étaient restées dans les cartons.

«Je me suis dit que si nous devions parler de la mort, j'avais besoin de personnes décédées pour m'aider à en parler»
Damon Albarn
Rollingstone

Un disque sur le deuil

Avant de gravir cette montagne, Damon Albarn et Jamie Hewlett ont récemment vécu un deuil commun: la perte d’un parent. Ces épreuves, qu’ils ont traversées ensemble, ont été catharsisées lors d’un séjour en Inde. Damon Albarn s’était rendu à Bénarès, capitale spirituelle de l’Inde, pour y disperser les cendres de son père. Quelques mois plus tôt, le dessinateur Jamie Hewlett s’était également rendu en Inde pour accompagner les derniers jours de sa belle-mère. Le sort en était jeté et le nouvel album était tout trouvé.

C'est donc au travers de l’Inde et ses sonorités musicales envoûtantes, ou plus largement l'Orient, que The Mountain vous invite à gravir ses sentiers. Harmonium, tablas, sarod, sitar, flute traversière... l'ensemble des instruments que compose la musique classique indienne se fait entendre et se mélange aux sonorités pop, rock, hip-hop ou encore latine de certains morceaux.

Illustration de Jamie Hewlett
Image: Gorillaz

Un choc des civilisations qui fait parfois des merveilles, comme le tube Orange-County et sa mélodie sifflée, dans lequel on retrouve tout le talent de Damon Albarn et les quelques notes de sitar d’Anoushka Shankar, la fille du légendaire Ravi. Le morceau The Manifesto, sur lequel rappe en espagnol le prodige argentin Trueno, lauréat d’un Latin Grammy, est également une réussite de cette fusion musicale, avec des influences reggaeton qui se mêlent aux percussions et aux cuivres du Jea Band de Jaipur.

À l'image du dernier titre de l'album, The Sad God, le nouvel album de Gorillaz est un hymne à la joie, teinté de mélancolie. Un disque spirituel, entre deux mondes, qui donne envie de pleurer les morts et de célébrer les vivants, comme l'explique Jamie Hewlett dans les colonnes du magazine Rolling Stone.

«En Occident, la mort est définitive. En Inde, la tristesse vient du fait que l'on sait que l'on ne reverra plus ce membre de la famille sous cette forme, mais nous célébrons l'idée qu'il va recommencer une nouvelle vie»
Jamie Hewlett
Rolling Stone

Avec The Mountain, Gorillaz signe son album le moins tubesque, mais probablement le plus profond et le plus abouti, tant son concept est touchant de sincérité. Et puisque le groupe va toujours au bout des choses, ils ont même sorti un court-métrage d'animation qui rend hommage au Livre de la Jungle de Disney. On vous laisse en profiter:

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