Pourquoi le dernier «God of War» divise déjà les fans
Connu pour avoir donné naissance à la saga God of War et à son légendaire héros Kratos, Santa Monica Studio a créé la surprise lors du dernier State of Play de Sony. C'est en toute discrétion que le studio a dévoilé God of War Sons of Sparta, un nouvel opus qui adopte le style «Metroidvania». Si le choix de l'univers semble logique, cette nouvelle orientation est-elle pour autant originale ? Voici notre verdict.
Retour à l'adolescence
On est ici face à un jeu se déroulant dans la jeunesse de Kratos. Il est accompagné dans cette aventure par son jeune et fougueux frère Deimos lors de leur entraînement chez les scouts de l’époque. Oui, là, ça ne rigole pas. Il ne s’agit pas de se balader avec un canif, de savoir faire de petits barbecues en forêt, ni de bien planter une tente aux quatre coins de la carte.
Nos deux compères se promènent avec des lances, évitent les flammes et plantent des monstres aux quatre coins de la carte. L’histoire commence lorsqu’ils partent à la recherche d’un de leurs potes de promo, Vasilis, qui a disparu. Encore un qui n’écoute pas les consignes et qui a dû faire le malin la veille pendant la sortie de la caserne.
Au fur et à mesure de leurs recherches, les deux frères feront face à différents pièges et monstres. Très vite, on cerne la personnalité du duo. Un Kratos très respectueux des règles, mais qui tient surtout à protéger Deimos. Et Deimos… parlons de ce petit lascar. Lui, son but, c’est d’impressionner la galerie, mais surtout les filles présentes dans ladite galerie.
Pendant ce temps-là, leur pote Vasilis est toujours aux abonnés absents et tout cela ne semble inquiéter que le duo. Le jeu démarre rapidement avec un premier monstre qui fait deux fois la taille de nos adolescents, mais qui, en martelant les boutons, sera vite réduit en pièces.
«Metroidvanilla»
En anglais, le terme «vanilla» définit quelque chose de classique, voire de basique. Sons of Sparta, dans sa structure, ne déroge pas à cette règle. Au début, on commence avec une barre de vie verte, une barre jaune correspondant à l’esprit et, plus tard, une troisième barre bleue qui correspond aux objets de lancer. Ces trois jauges sont complémentaires et permettent d’effectuer des combos qui les remplissent sans avoir besoin de trouver des coffres ou autres consommables.
Au départ, le concept semble intéressant. Mais au fil des heures, et à force de marteler les touches, on oublie un peu tout ça pour simplement survivre à la prochaine vague de mobs ou à des monstres plus imposants. Le jeu nous emmène dans chaque recoin de la carte pour nous pousser à retrouver une zone inaccessible une demi-heure plus tôt, nous bloquant jusqu’à l’obtention d’un nouveau pouvoir ou d’une amélioration permettant enfin de progresser.
Le long de notre périple, nous faisons face à différentes énigmes assez intéressantes, qui relèvent l’intérêt par moments, avant de replonger dans une phase plus monotone à la recherche du pouvoir ou de la porte qui bloque notre avancée.
J’avoue qu’au bout d’un moment, j’ai slalomé entre les ennemis. Ce, afin d’arriver le plus vite possible là où je voulais. Il y a bien sûr des téléportations rapides permettant de se rendre près des temples et de raccourcir (un peu) certains trajets. Le jeu nous propose constamment d’améliorer nos armes et pouvoirs contre des ingrédients disséminés partout. Nous sommes cependant perdus dans une map qui s’agrandit à vue d’œil, mais rien de vraiment problématique. Il y a certes une montée en puissance, mais pas celle que le joueur ou le fan de Kratos recherche.
Un amuse-bouche
Lorsqu’on évoque le nom du spartiate, on pense forcément à des hurlements, des chaînes qui virevoltent et des corps qui se découpent. Mais ici, c’est complètement mou. Oui, c’est un jeu en 2D, mais cela ne justifie pas tout. Et c’est extrêmement dommage.
Le pixel art est original, et agréable à l’œil. Les animations sont réussies et les décors sont beaux, mais ils n’ont pas ce côté épique qui fait le charme de la licence. Durant mes sessions, je n’ai pas eu de ralentissements, mais il est arrivé que, sous la déferlante d’ennemis et d’effets, je me retrouve perdu au milieu du chaos visuel, frappant parfois dans la mauvaise direction.
Les commandes répondent bien et les environnements sont suffisamment variés pour éviter l’ennui. Les musiques correspondent aux différents biomes et sont agréables à écouter en jouant. En revanche, les dialogues en français sonnent parfois surjoués. Les animations pendant les discussions sont quelque peu agaçantes. À chaque apparition d’un PNJ parlant, tout s’arrête. On est obligé d’assister à une conversation dans laquelle les personnages bougent à peine, ce qui rend l’ensemble artificiel et casse le rythme.
Ce petit jeu arrive dans une période creuse pour la licence God of War. Les récentes annonces d’une future série et d’un remake de la trilogie originale sont du pain béni pour la communauté. Sons of Sparta ressemble à un apéritif destiné à garder la communauté engagée. Mais le jeu est trop timide avec la licence. Sans Kratos et ses références, il pourrait s’agir d’un conte basé sur la mythologie grecque sans que personne ne voie la différence.
Le jeu est bon, mais sans plus. Plus on y joue, plus on a envie de le finir pour passer à autre chose. Le fait de devoir terminer le jeu une première fois pour débloquer le mode deux joueurs (au moment du test, sauf patch ultérieur) est une très mauvaise idée. J’imagine mal un joueur refaire l’aventure complète uniquement pour profiter du mode coop.
Pour le prix, autant miser sur un autre jeu proposant de vraies nouveautés et ne se reposant pas uniquement sur le lore d’une licence qui mérite davantage. La version Deluxe contient quelques goodies, dont un artbook, et la bande-son.
+ Du très beau pixel art
+ Accessibilité fournie
+ C'est God of War
– Bestiaire répétitif
– Peu d’intérêt réel
– Mode coop à débloquer
