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Industry, saison 4: notre avis sur cette cruelle série financière

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La «meilleure série que personne ne regarde» est de retour

Cette phrase ne vient pas de nous, mais de Télérama. Qu’on nous pardonne: il est impossible de mieux résumer l’existence d’Industry, pépite farouche et aux débuts difficiles. Sans le moindre bon sentiment, nous voilà replongés dans l’univers cruel de la finance, grâce à une 4e saison dégueulasse de réalisme. Une bonne raison de s’abonner à HBO Max.
18.01.2026, 15:5618.01.2026, 15:56

Attention, jargon. Ceux qui ont eu l’excellente intuition de s’amouracher d’Industry il y a cinq ans, au beau milieu de la crise Covid, savent qu’il est vain d’essayer de tout comprendre. La finance, sexy parce qu’insaisissable, instable, impitoyable et injuste, a toujours refusé d’être désirée par ceux qui la redoutent.

A défaut de pouvoir en saisir le sens, cette série britannique réalise l’exploit de nous en offrir l’essence. Sans détour, sans filtre, mode d’emploi ou sensitivity reader. Ici, aucun effort n’est fait pour fabriquer une saga populaire.

D’ailleurs, en 2020, les chiffres tiraient franchement la tronche: seuls «70 000 curieux» s’étaient jetés dans la fosse aux devises, nous rappelle Le Monde. C’est peu, mais parfois bon signe. De véritables petits bijoux d’écriture, de Succession à The Wire, ont connu la même débandade sur la ligne de départ.

La bande-annonce:

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Cinq ans plus tard, les bébés traders londoniens ont grandi plus vite qu’ils ont mûri et se sont émancipés de la banque d’investissement Pierpoint & Co. Pour aller voir ailleurs si le diable y est. Devinez quoi? Satan achète, vend et baise toujours en costard et talons hauts, dans la fournaise d’une City où se consume la nature humaine et, avec elle, tout espoir d’altruisme.

Egoïstes, cupides, vantards et talentueux, ces gosses rêvent de mener le monde, quitte à le détruire. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer l’impassibilité bestiale de la jeune Harper, lorsque le corps d’un gars vient briser son bureau en verre, victime d’un AVC déclenché par l’énième caprice de cette ambitieuse terreur des marchés.

«Oh, ça va, il va s’en sortir. C’est un incident ischémique transitoire, le moins pire des AVC»
Harper.

Dans cette quatrième saison, Harper (Myha'la Herrold), Yasmin (Marisa Abela) et consort se battent et s’ébattent autour d’un nouvel enfer sur Terre, la successful Tender, une start-up sulfureuse, dans l’air du temps et aux relents trumpiens. (Un clin d’oeil plutôt comique au président-golfeur s’échappe même du premier épisode). Si le terrain a changé, les règles du jeu sont les mêmes: piétiner pour ne pas tomber.

Des apprentis sociopathes, dignes héritiers d’un American Psycho en 4K, qui ne dévoilent leur humanité qu’au moment de prendre peur face à leur propre cruauté. Car dans Industry, même la libido se négocie entre les courbes du marché et les pas perdus politiques.

Les acteurs, les dialogues, la photographie, le récit, tout est agile, intense, dense, malin, sophistiqué, brillant. Chose rare à notre époque, la série n’est pas une bête satire d’un milieu controversé, torchée depuis le petit nuage bien confortable de la morale.

Les créateurs d’Industry, eux-mêmes d’anciens traders, nous jettent à la figure une réalité aussi franche que dégueulasse, avec laquelle on doit se dépatouiller avec les moyens du bord. Le génie de Konrad Kay et de Mickey Down est d’avoir conçu une bestiole qui nous donne une furieuse envie de goûter à ce fric défendu, juste une fois, au sommet d’un monde supposément d’avant, mais qui refuse de mourir.

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