Cette série apocalyptique rate son grand retour
Nous l'avions laissé aux manettes d'un avion, sur le point de s'envoler loin de son bunker, pour accomplir la mission de sa vie: l'agent Xavier Collins, ancien responsable de sécurité d'un président assassiné, est déterminé à retourner à la surface de la Terre pour retrouver son épouse, Tori, qu'il a longtemps crue décédée. Comme le reste de l'Humanité.
Si vous avez la mémoire courte, un récap' de la première saison s'impose. Après une catastrophe qui a ravagé les Etats-Unis, quelque 25 000 survivants et milliardaires soigneusement sélectionnés se sont retrouvés entassés à Paradise, ville-bunker souterraine aussi charmante qu'étouffante. Lorsque le président américain, le séduisant Cal Bradford (James Marsden) est retrouvé mort sur sa luxueuse propriété, c'est son proche agent de sécurité, Xavier Collins (Sterling K. Brown), qui devient le premier suspect.
S'en suivaient huit épisodes de haute voltige où complots de l'establishment se succédaient dans un huis clos post-apocalypse angoissant. Pour son plus grand plaisir, le spectateur se retrouvait balloté de flash-back en flash-back, de rebondissement en rebondissement, au rythme d'une musique obsédante.
Il est donc fou de constater comme les ingrédients qui faisaient tout le piment d'une première saison peuvent faire capoter la seconde.
De retour sur Disney+ depuis ce lundi, la nouvelle saison de Paradise s'ouvre sur un personnage inédit: Annie, campée par Shailene Woodley (Divergente, Big Little Lies), une étudiante en médecine recalée au passé familial tourmenté.
Reconvertie comme guide touristique dans la maison d'Elvis Presley, la jeune femme assiste, impuissante, à la fin du monde et la mort de sa collègue et seule amie. Trois ans plus tard, c'est un groupe de survivants bourrus, barbus mais pas méchants, qui finit par mettre fin à cette survie solitaire.
Le trailer de la saison 2:
Devant les amourettes des derniers représentants de l'humanité, qui se pelotent à la lueur des bougies dans un manoir moisi, les fans de la première saison cacheront mal leur frustration. Où se cache donc l'agent Xavier Collins? Son avion, ses élans rebelles, les manigances des méchants milliardaires? Comment l'une des séries les plus surprenantes de 2025 a-t-elle pu basculer dans ce feuilleton romantique, niais et larmoyant à outrance?
Pas de panique, camarades! Le trépidant agent du Secret Service est de retour - et en très mauvaise posture - dès le second épisode.
Ce qui ne marquera pas pour autant la fin des flash-back intempestifs ni des mièvreries. On aura droit notamment à un retour aussi long que détaillé sur la rencontre du bel agent avec sa femme, Teri, à coups de jets de gelée dans une chambre d'hôpital. Des retours dans le passé si fréquents qu'ils en deviennent écoeurants, au même titre que le recours à la bande originale, qui finit par nous donner mal au crâne.
Vous avez pigé, on attendait nettement plus de ce retour qui, pour l'instant, prend des airs de rendez-vous manqué. La rencontre entre l'agent Collins et le personnage d'Annie, à la fin du second épisode, sera peut-être l'étincelle qui amorcera enfin le début de cette deuxième saison.
