Ce jeu de Nintendo utilise vos photos pour s'amuser
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Dès le premier coup d’œil, la filiation sautait aux yeux. Pictonico!, la nouvelle exclusivité pour smartphones de Nintendo dégage une aura familière. Et pour cause: derrière ce titre se cache Intelligent Systems, le studio historique responsable de la célèbre franchise WarioWare. On se trouve face à un véritable épisode de la licence, l’iconique moustachu en moins. Si l’on peut regretter que Nintendo n’ait pas profité de l’occasion pour capitaliser sur l’image de son antihéros, force est de constater que la formule absurde et survoltée qui a fait le succès de l'antagoniste de Mario est ici respectée à la lettre.
Vos propres photos au cœur d’un party-game familial
Derrière ce concept, on découvre un party-game solo axé sur l’enchaînement frénétique de mini-jeux à la difficulté progressive (du niveau 1 au niveau 3). La formule magique du titre repose sur une idée de génie: le jeu réutilise les photos stockées dans votre téléphone pour les intégrer directement aux défis, rendant l’expérience absolument hilarante.
Bien qu’il se joue seul face à l’écran, son potentiel comique en fait un jeu extrêmement familial qui a conquis toute ma maisonnée. Je pense que les streamers vont également en profiter au vu du potentiel humoristique du titre.
L’accessibilité est immédiate, car une simple consigne à l’impératif alliée au contexte visuel permet de comprendre instantanément ce qu’il faut faire. Et que les technophobes se rassurent: Nintendo ne récupère pas vos données et les images ne sont pas partagées. Il est même possible de créer un dossier spécifique pour filtrer les photos que vous autorisez le logiciel à utiliser.
Une démo un peu chiche
L’entrée en matière s’avère pourtant un peu frustrante. L’application gratuite ne donne accès qu’à trois malheureux mini-jeux, ce qui est franchement radin pour se faire un avis global, même si cette mise en bouche donne immédiatement envie de découvrir la suite. Pour prolonger le plaisir, il faut passer à la caisse. Le titre complet propose actuellement un total de 80 mini-jeux répartis en deux packs payants achetables séparément: le premier volume en contenant 50 (7.90.-) et le second 30 (5.90.-). Notez que je n’ai eu accès qu’au premier volume.
L’expérience s’articule autour d’un mode principal s’apparentant à un mode histoire sans scénario, où le joueur doit compléter 20 stages de 10 mini-jeux chacun. On dispose de trois cœurs en guise de joker, sauf pour les derniers stages, où il n’en possède que deux. A la moindre erreur, un cœur se brise, et l’épuisement des trois vies implique soit de recommencer le stage depuis le début, soit de dépenser 100 pièces d’or pour continuer.
Ces précieuses pièces s’accumulent naturellement au fil de vos parties. Malheureusement, le jeu se montre tellement généreux en pièces qu’il devient trop facile de progresser: il suffit de payer pour valider les niveaux les plus ardus sans effort. Pour pimenter l’expérience, il est vivement recommandé de se fixer le défi de terminer les 20 stages sans jamais dépenser de pièces. C’est d’ailleurs en complétant ces niveaux que vous débloquerez de nouveaux modes, tandis que votre cagnotte servira principalement à obtenir de manière aléatoire des «photos du destin» à collectionner, avec le risque d’avoir des doublons.
Du rythme effréné
Le véritable challenge se niche en réalité dans les modes de score, où l’échec est puni par un Game Over définitif, sans possibilité de payer pour continuer. On y retrouve le mode Normal et ses 50 mini-jeux, le mode Express et ses 40 défis chronométrés à une vitesse folle, et enfin le redoutable mode Sur le fil, qui impose d’enchaîner 30 mini-jeux à un rythme frénétique sans le moindre droit à l’erreur.
Si la majorité de ces épreuves s’avère très accessible pour un adulte, la difficulté est bien plus corsée pour un jeune enfant; ma fille de 5 ans doit ainsi s’y reprendre à plusieurs reprises pour valider un stage complet. Heureusement, un mode entraînement permet de pratiquer chaque mini-jeu séparément selon trois niveaux de difficulté, ce qui s’avère indispensable pour dompter les jeux qui nous posent le plus difficultés. Une option de partie rapide permet également de lancer une sélection aléatoire de 10 épreuves pour les sessions courtes.
Un poil cher, sauf si vous des enfants
Au moment du bilan, la question du modèle économique reste centrale. Personnellement, je le trouve relatviement sain et facile à comprendre, bien qu’il soit loin d’être idéal. Le lot complet de 80 mini-jeux est proposé pour environ 14.-, un tarif plutôt honnête si le jeu est partagé avec des enfants qui y reviendront souvent, mais un peu cher si vous comptez simplement traverser les stages une seule fois en solo et basta.
C’est dommage qu’on ne puisse pas acheter les deux volumes ensemble et profiter d’une réduction. Ou mieux: acheter le jeu qu’une seule et unique fois et profiter de toutes les futures mises à jour sans coût supplémentaire. Face à la perspective de voir débarquer de futurs volumes payants, on espère que Nintendo saura proposer du contenu gratuit pour récompenser les acheteurs ou pour étoffer une démo d’origine trop maigre. Dans tous les cas, même si les prix ne sont pas élevés en soi, ils vont bloquer de nombreux potentiels joueurs.
Malgré la barrière psychologique que représente encore l’achat de jeux vidéo sur smartphone pour une partie du public, Pictonico! est une franche réussite: un titre drôle, original, astucieux et doté de modes variés qui tire un parti exemplaire de nos galeries photo.Si vous êtes un amoureux de WarioWare et que vous n’êtes pas réfractaire à l’idée de dépenser quelques pièces sur mobile, cet achat s’impose comme un choix particulièrement pertinent, surtout si toute la famille compte en profiter.
Les plus et les moins:
+ L’ambiance absurde, le rythme effréné
+ Drôle seul, entre amis ou en famille
+ Hyper intuitif
– Un peu cher pour un jeu de smartphone
