Le dernier volet de ce jeu mythique fait la course en tête
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Après un nombre incalculable d’années et des centaines de milliers de demandes de la part de la communauté, le Japon accueille enfin sur ses terres le festival le plus iconique des jeux de courses. Oui, Forza Horizon 6 vibre au son et à l’ambiance du pays du soleil levant avec, en ligne de mire, une culture de l’automobile prononcée, mais aussi et surtout de la personnalisation.
Un trailer sur des chapeaux de roues 👇🏼
Après quasiment deux semaines à sillonner les routes escarpées de Toyko et de ses alentours, voici mon verdict sur celui qui m’a fait me coucher à trois heures du matin, plus d’une fois.
Information importante, pour que l’on soit toutes et tous sur la même longueur d’onde, je n’ai pas apprécié FH5. Mon cœur était resté en Angleterre. Sur les tracés de Horizon 4 et ses vraies saisons. Enfin ça, c’était avant.
Le Japon c’est sublime, Forza Horizon 6 aussi
C'est le plus beau de la lignée et il ne mérite pas qu’on dise de lui qu’il n’est qu’une simple amélioration de son grand frère. FH6 est impressionnant à plus d’un titre. De près, le jeu affiche des détails d’une quantité hallucinante. En jeu, on a littéralement l’impression d’être dans le mode photo, tant de brins d’herbe et de fleurs sont affichés.
De loin, c’est encore plus impressionnant, la distance d’affichage nous permet de voir l’autre bout de la carte tout en affichant la végétation principale même lointaine.
Du côté des carrosseries, c’est un sans faute. Le rendu est exceptionnel et le Ray Tracing permet d’avoir des reflets criant de vérité, peu importe l’heure du jour et l’éclairage de la scène. Tout ceci est sublimé par la salissure des véhicules.
Je note tout de même deux défauts. Premièrement, la vue intérieure est toujours aussi fade. Elle propose un éclairage qui ne colle pas au reste des scènes et offre globalement un effet plastique des intérieurs. Deuxièmement, j’ai l’impression que les modèles des voitures qui ont été ajoutés dans les premiers jeu de la licence n’ont jamais été dépoussiérés. En gros, je trouve que les nouveaux véhicules sont bien plus détaillés que les anciens.
Une conduite arcade plus mature
Rassurez-vous, Forza Horizon 6 n’ira pas se battre contre des Assetto Corsa ou encore iRacing et ce n’est pas du tout son souhait. La conduite arcade est belle et bien de retour, vous pouvez à nouveau sortir librement des sentiers battus. D’ailleurs, vous pouvez littéralement arracher tous les arbres sur votre passage.
Reste que manette en main, c’est bien plus agréable. Sans révolutionner la conduite, les développeurs de Playground Games semblent avoir pris au sérieux la physique des véhicules. La sensation de la route est globalement meilleure et les différences entres les voitures, selon les terrains, est plus flagrante que jamais.
Une vraie progression, enfin!
C’est peut-être le point le plus important du jeu, celui qui m’a tenu en haleine durant plusieurs nuits. Forza Horizon 6 signe le retour d’une vraie progression. Je vais faire simple avec des données prises après 15 heures de jeu. Sans voyage rapide, quelques moments en mode photo et des petites sessions d’exploration.
À ce moment précis, j’avais accumulé moins de 2 millions de crédit, et sur mon compte, il me restait 700 000, puisque j’ai dépensé de l’argent pour m’équiper en voitures, uniquement pour les besoins des différentes disciplines.
Je n’avais à ce moment précis aucune hypercar et j’en étais encore loin. Comptez plusieurs millions, voir dizaines de millions pour certains bolides ultra rare. En termes de collection, j’étais à 33 véhicules sur plus de 500.
Ce n’est pas tout, après ces 15 heures, je venais à peine de faire ma première course qui intègre des supercars! C’était ma plus grosse critique sur l’épisode du Mexique et elle est ici totalement effacée, bravo Playground!
Pour finir sur la progression, petite marque des grands jeux, une partie de la carte est réservée à l’élite.
Un contenu gargantuesque
Trois circuits sur la carte, des pistes de ski, de la plage, une ville principale gigantesque, des petits villages de partout ou encore une autoroute qui n’en finit plus, la carte de ce Forza Horizon est gigantesque. Après 25 heures de jeu, je n’ai pas encore roulé sur la moitié des routes/chemins. Mieux encore, rien ne se répète, je n’ai jamais eu la sensation de voir et revoir le même paysage en boucle.
Côté contenu, même sensation, c’est riche, très riche. Et si comme moi vous avez la nausée des cartes remplies de points d’intérêt, ne vous inquiétez pas, une assistante vocale viendra vous proposer chaleureusement les prochaines courses ou activités à faire pour avancer dans «l’histoire».
À ce propos, le jeu se découpe en deux axes d’évolution. Vous pouvez, de manière très classique, enchaîner les courses et grimper les échelons pour devenir le meilleur pilote de la région. Mais vous pouvez/devez aussi mettre votre temps dans la découverte du pays à travers des courses de courtoisie, de livraisons ou encore des challenges plus corsés.
Dans cette seconde catégorie, la narration est mise en évidence. Vous allez en apprendre plus sur le pays, mais comme dans FH 5, il faudra vous concentrer pour lire et conduire en même temps, les voix n’étant pas doublées en français.
Ces deux «carrières» se chevauchent parfaitement et vous proposent un air un peu plus frais si vous abusez d’une en particulier.
Une bande-son qui donne le tempo
Je ne pouvais pas rédiger ce test sans faire un détour par la bande-son. Oui, vous allez entendre du japonais et oui, il y a des radios japonaises. Je vous confirme, que même pour une personne qui n’est pas sensible à cette culture, c’est terriblement bien maîtrisé au point que j’ai rajouté quelques morceaux dans ma playlist Spotify. Les morceaux collent parfaitement bien au jeu.
En ce qui concerne les sons des moteurs, le fameux sujet qui fait toujours autant couler d’encre, je les trouve plutôt réussis. Malgré mon amour pour l’automobile, je n’ai jamais eu la chance d’entendre la grande majorité de ses bolides à ces vitesses de mes propres oreilles. Pour moi le contrat est rempli.
Dernier point, la vie dans la ville est inégale, si certains coins sont dignes d’une grosse production avec un souci du détail notable, d’autres parties manquent de finition.
Hontō no izonshō (une vraie addiction)
Non, je ne peux plus décrocher. Étant un grand fan de la saga, attristé par le dernier opus, Forza Horizon 6 est comme un phénix qui renaît de ses cendres. Plus grand, plus audacieux, plus beau, plus riche que tous ses prédécesseurs, il comble de nombreuses lacunes.
Notez tout de même une sensation de vitesse qui n’est toujours pas à la hauteur, sauf au dessus des 200 km/h et certaines voitures qui semblent ne pas avoir le même niveau de réalisation que d’autres.
J’arrive à la fin de ce test et pourtant, il me reste encore des dizaines de choses à dire. À commencer par le garage à personnaliser, dans lequel j’ai réussi à mettre du gazon contre les murs.
Ou encore le terrain de jeu personnalisable où vous pouvez créer tout un quartier rien que pour vous amuser avec vos amis. Je voulais aussi vous parler du fait que les paysages japonais ressemblaient beaucoup à la Suisse.
Je devais aussi parler des effets météos qui sont impressionnants et très bien réalisés. Mais au final, je vais simplement vous dire de foncer si vous aimez les jeux de voiture, les titres qui veulent vous faire passer un bon moment, ou simplement si la culture japonaise fait écho en vous.
Forza Horizon 6 est le genre de jeu qui donne le sourire parce qu’il a une âme et que certains moments arrivent à être épique. Merci pour cette balade onirique! Je reste encore un peu sur ton asphalte, le temps de voir l’automne et l’hiver te changer avant de te retrouver au printemps sous des cerisiers en fleurs.
+ Le Japon
+ La musique
+ Vraie montée en puissance
+ Deux «carrières» distinctes
+ Terminé les millions qui coulent à flot
+ Trafic bien dosé
- Vue intérieure
- Sensation de vitesse
