Licence ayant marqué mon enfance, la saga Indiana Jones n’a jamais vraiment su s’imposer dans le monde du jeu vidéo. Mis à part quelques rares Point’n’Click plutôt réussis, les aventures d’Indy n’ont pas marqué les esprits; du moins, jusqu’à aujourd’hui.
Avec Indiana Jones et Le Cercle Ancien, Machine Games et Bethesda Softworks tentent une nouvelle approche en proposant un jeu à la première personne qui a surpris lors de son annonce. Est-ce une réussite? C’est bien l’impression que j’en ai.
L’introduction du jeu est une très belle surprise car celle-ci nous permet de revivre le début du film Les Aventuriers de l’arche perdue. Tout, jusqu’au moindre détail, est absolument bluffant.
Qui plus est, le fait de revivre les scènes emblématiques du film permet au jeu de proposer un petit tutoriel et d’appréhender les mouvements de notre bon vieux Indiana. Comme d’habitude, le scénario va propulser notre aventurier préféré aux quatre coins de la planète, et il aura à nouveau à faire à des nazis voulant contrôler le monde. Une parfaite conclusion pour enchainer sur l’histoire du jeu.
L’histoire du jeu prend place en 1937, entre les événements des films Les Aventuriers de l’arche perdue (1936) et Indiana Jones et la dernière croisade (1938). Cette période, juste avant la Seconde Guerre mondiale, met en scène les trois grandes puissances de l’Axe (Allemagne nazie, Italie fasciste, et Japon impérial) en tant qu’antagonistes, avec les nazis occupant un rôle central.
L’intrigue démarre après qu’Indiana Jones a quitté Marion Ravenwood. Suite au vol d’un artefact dans l'université où il travaille, le professeur Jones part enquêter au Vatican, où il découvre que des sites spirituels majeurs forment un cercle aligné autour du globe. Cette révélation l’emmènera dans des lieux emblématiques, comme les temples de Sukhothai en Thaïlande, les pyramides d’Égypte, et l’Himalaya.
Tout un programme pour faire voyager notre bon vieux Indy à travers le monde. De mon propre gré, je ne vais pas aller plus loin dans les détails; je ne voudrais pas vous gâcher certaines surprises qui valent la peine d’être découvertes.
Quant à sa durée de vie, l’histoire vous proposera une aventure qui devrait vous tenir en haleine une bonne vingtaine d’heures. Si vous avez l’âme d’une ou d’un complétiste, je pense qu’une quarantaine d’heures de jeu ne sera pas de trop afin de tout découvrir.
Le gameplay de Indiana Jones et Le Cercle Ancien est très semblable aux FPS de notre époque. Cependant, une certaine lourdeur émane du personnage, nous sommes bien loin de Nathan Drake ou de Lara Croft.
Certes, il est possible d'effectuer quelques cascades comme escalader des murs, se balancer à l’aide du fouet ou encore réaliser des sauts dangereux, mais nous sommes loin des acrobaties des personnages mentionnés plus haut. En parlant du fouet, Indy peut l’utiliser pour certaines énigmes, escalader, mais aussi pour désarmer ses adversaires - ce qui peut s’avérer fort pratique.
Autre aspect du titre: l’infiltration. Celle-ci fait partie intégrante du jeu. Nous ne sommes pas au niveau d’un Metal Gear Solid, mais il faudra se faire discret lors de certains passages. Comme dans les films, Indy pourra également revêtir certains déguisements, comme celui de prêtre au Vatican.
Bonne nouvelle, le jeu n’est pas trop punitif lorsque Indy est découvert. Il faudra fuir afin de se cacher ou affronter les soldats. Cela n’impactera donc pas trop le déroulement de vos quêtes au final.
Les combats sont assez simples en soit. Au corps à corps, il suffit d’utiliser ses poings et d’encaisser quand cela s’avère nécessaire. Le système parait simple, mais il faudra un certain temps avant de le maitriser. Attention tout de même, chaque coup utilise de la stamina et par ce fait, il faudra savoir gérer son énergie.
Pour revenir à l’endurance, elle peut s’avérer pénible à certains moments. Indy n’est pas un athlète, mais je trouve que son endurance approche plus celle d’un papy que d’un aventurier digne de ce nom. C’est un choix, et on va dire que cela renforce l’aspect réaliste du titre.
En parlant des combats, je tiens à préciser que certains objets sont cassables et qu’il faudra les réparer. Par exemple, notre aventurier peut utiliser son revolver pour tirer, mais aussi le tenir par le canon pour frapper s'il n’a pas d’autres objets sous la main. Suivant les manipulations, le manche va rapidement se casser et il sera inutilisable. Heureusement, il sera possible de le réparer grâce aux kits de réparation que l’on trouve un peu partout.
Quant aux combats avec des armes à feu, ils ne procurent pas de grandes sensations. Ce n’est pas non plus un Doom ou autre Wolfenstein. Qui plus est, dans les films, Indy n’utilise que très rarement des armes à feu.
Dernier point à soulever: l’IA des ennemis. Je ne vais pas vous le cacher, vos adversaires ne seront pas les plus malins et la plupart du temps, ils se suivront afin de vous mettre la main dessus. Il en est de même lors des phases d’infiltration: la vision des ennemis n’est vraiment pas très crédible. Malgré ces défauts, cela ne gâche en rien le plaisir de parcourir le jeu.
Le gameplay a tendance à varier un peu plus du côté des énigmes. En effet, c’est le centre du jeu et il faudra utiliser ses méninges. Bien évidemment, ce ne sont pas des énigmes dignes d’un Silent Hill en difficulté maximale, mais ces dernières collent parfaitement avec l’univers d’Indiana Jones.
Je note tout de même certaines imprécisions lors de certaines tâches. Lorsque Indy doit explorer le Vatican, notre héros doit prendre des photos de plusieurs inscriptions. Et c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que prendre les clichés pouvait être pénible, car Indy me répétait constamment:
C'est irritant au possible, mais à force de tâtonnement, j’ai pu m’en sortir.
La variété des missions offre trois styles de jeu, ainsi que trois expériences bien distinctes. L’exploration permet d’absorber le monde sans se soucier des ennemis. Les missions stratégiques sont beaucoup plus intenses, car elles se focalisent sur l’expansionnisme et la gestion rapide de notre territoire.
Une chose qui m’a assez étonné est la construction du monde d’Indiana Jones. Alors que je m’attendais plus à un jeu ultra-dirigiste et guidé par son scénario, Le Cercle Ancien offre un monde qui peut s’apparenter à du semi-ouvert.
En parlant découverte, sachez que le jeu est rythmé par son scénario. Plusieurs quêtes annexes sont disponibles tout du long et permettent de prolonger le plaisir de l'exploration. L'occasion de percer de nombreux secrets!
Par ailleurs, l’exploration récompensera les joueurs curieux. Si la plupart du temps, il s’agit de bibelots à collectionner, vous trouverez parfois des livres qui permettront à Indy d’apprendre à renforcer ses capacités et de les améliorer. Cependant, il faudra mettre la main à la poche afin de pouvoir «acheter» les différentes améliorations. Pas de panique, l’argent se trouve un peu partout et le fait de prendre des photos de certains points d’intérêt vous en donnera aussi.
Maintenant, passons à l’aspect technique de ce Indiana Jones et Le Cercle Ancien. Ce n’est pas le jeu le plus beau du monde, mais il a son charme. Les décors sont agréables à l’œil et les différents effets de lumière sont très convaincants.
Au niveau des personnages, la copie numérique d'Indy a reçu de bons soins. Le visage de Harrison Ford est très bien reconstitué et l’on retrouve même sa cicatrice sous le menton. Les autres personnages, eux, sont également très reconnaissables. Que ce soit Marcus Brody ou le «Géant» incarné par l'acteur Tony Todd, c’est plutôt bon. Malheureusement, du côté des PNJs, les détails sont beaucoup moins poussés, ce qui n’est pas étonnant en soi.
A niveau de l'ambiance sonore, c’est tout simplement comme au cinéma. Les notes de John Williams résonnent encore dans ma tête à l’heure où j’écris ces lignes. Le placement des différents morceaux est effectué au millimètre et correspond toujours à ce qui se déroule sous nos yeux.
De ce fait, vous retrouverez tous les morceaux emblématiques de la saga, mais aussi d’autres musiques plus discrètes, mais d’une grande qualité tout de même.
Les bruitages sont tout autant réussis. Que ce soit les dialogues, les différents bruits de la nature, les coups de feu/de poings et le fouet (comme dans les films !), la maitrise est totale. Et je ne parle même pas des dialogues en français qui sont totalement en raccord avec les différents personnages. Qui plus est, Indy retrouve son doubleur officiel avec la voix emblématique de Richard Darbois. L’immersion est quasi totale. Une très belle réussite.
Indiana Jones et Le Cercle Ancien est une excellente surprise en cette fin d’année plutôt maussade. Alors que le public s’attendait un à énième pétard mouillé, le jeu de Bethesda réussit là où on ne l’attendait pas.
Le Cercle Ancien est très bien construit, son intrigue nous pousse à vouloir explorer les moindres recoins et sa sublime ambiance m’a plongé jusqu'au cou dans l’univers d’Indy.
Cependant, je pense que le jeu ne s’adressera pas à tous les publics. Loin de l'action d'un Tomb Raider ou d’un Uncharted, Indiana Jones se focalise plus sur l’immersion et l’ambiance. Je dirais donc que le jeu s’adresse, en premier lieu, aux fans du légendaire archéologue, plutôt qu’aux fans de jeux d’aventure contemporains. Néanmoins, ces derniers y trouveront aussi du plaisir, mais la lourdeur du personnage peut rebuter.
En y réfléchissant un peu, j’ai presque envie de dire que nous tenons le jeu Indiana Jones ultime. C’est véritablement une lettre d’amour à la saga de Steven Spielberg. et son ambiance frôle la perfection. À mon humble avis, l’avenir d’Indy se jouera probablement du côté des jeux vidéo désormais.
Quant à ceux qui hésitent à se procurer le jeu, je vous invite à prendre un petit mois d’abonnement au Gamepass afin de vous faire une petite idée, puisqu'il est disponible sur la plateforme de Microsoft. Pour ma part, je prends mon Fedora, mon blouson, mon fouet et m’en vais découvrir d’autres tombeaux oubliés.
Indiana Jones et Le Cercle Ancien est disponible sur PC et Xbox depuis le 9 décembre. Il est également inclus dans le Gamepass.