Ils jouent du Daft Punk comme en 1920
Voilà maintenant cinq ans que les robots les plus célèbres de la musique se sont séparés. Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo ont en effet décidé de poursuivre leur carrière chacun de leur côté, mettant un terme à près de 30 ans de musique électronique dont ils étaient les ambassadeurs français.
Mais leur musique vit toujours, parfois même de manière improbable, comme lorsqu’elle est jouée par un orgue de Barbarie néerlandais datant des années 1920. Cet instrument de musique mécanique à vent est classé dans les orgues. Il fait partie des «automatophones», terme qui englobe tous les instruments destinés à produire de la musique par des procédés mécaniques.
Cette performance, on la doit à un passionné de musique mécanique qui a produit le célèbre tube Get Lucky de Daft Punk sur de longues bandes de carton perforé, destinées à être lues par cet impressionnant mécanisme. Celui qui se nomme «The Mechanical Music Man» publie régulièrement ses reprises confectionnées sur bandes sur sa chaîne YouTube, comme la chanson Africa du groupe Toto ou encore Blurred Lines de Pharrell Williams et Robin Thicke.
L’instrument évoque une attraction foraine, avec ses ornements vivement colorés, ses tuyaux à découvert et ses rouages apparents. Cet orgue fonctionne grâce à un dispositif d’air comprimé, autrefois produit par des soufflets actionnés manuellement. Une grande roue met l’ensemble en mouvement, tandis qu’un long carton perforé défile à l’intérieur. Chaque perforation déclenche une note ou active un élément particulier: tuyaux mélodiques, percussions, allant même jusqu'à animer des personnages en automate.
En somme, bien avant l’ère numérique, la musique était déjà programmable. Désormais motorisé pour plus de confort, l’orgue a toutefois conservé son fonctionnement d’origine. Grâce à ses bandes perforées, il peut interpréter n’importe quelle œuvre, qu’elle soit classique ou contemporaine, comme c’est le cas ici. Une rencontre inattendue, à un siècle d’écart, qui fait dialoguer deux époques qui semblent désormais bien lointaines.
