Des larmes et quelques fausses notes: Céline Dion a réussi son retour
Il lui a fallu quelques instants pour contenir son émotion. Dès les premières notes d’On ne change pas, Céline Dion, les larmes aux yeux, s’est interrompue, submergée par ces retrouvailles longtemps espérées.
Pour cette première soirée, la star québécoise a voulu rassurer son public: «Il y a une chose que je peux vous dire en trois mots: je vais bien. J’ai appris à vivre avec cette fragilité, à force de la côtoyer, je l’ai apprivoisée et j’ai décidé d’en faire la force de vivre.»
Pendant près de deux heures trente, elle a donné corps à cette promesse, alternant chansons en français et en anglais, dans une salle portée par la ferveur de ses admirateurs. L’émotion, puis la voix. Les premiers morceaux ont parfois manqué de justesse, tant l’émotion semblait prendre le dessus.
Mais Céline Dion a rapidement retrouvé ses marques, levant les poings en signe de victoire ou ouvrant grand les bras face à la foule. «J’y croyais, j’y croyais. Et voilà, le soleil est là, le soleil est devant moi. Alors, ce soir, je veux chanter pour vous, chanter pour moi, chanter la vie», a-t-elle lancé.
Au fil de ses changements de tenue — robe bustier noire, manteau à plumes roses, robe au bustier cuirasse —, la chanteuse a déroulé 27 titres. Pour que tu m’aimes encore et J’irai où tu iras, issus de l’album D’eux, réalisé avec Jean-Jacques Goldman en 1995, ont côtoyé I’m Alive et My Heart Will Go On, indissociable du film Titanic. L’un des sommets de la soirée est venu avec All by Myself.
La chanteuse en a affronté la montée vocale jusqu’au final suraigu, salué par une ovation. Elle s’est également aventurée sur le terrain de l’opéra avec un air de Bellini.
Autour d’elle, des choristes et un orchestre occupaient un plateau tournant, avec son directeur musical Scott Price au piano. Le décor, imposant mais sobre, laissait toute la place à l’artiste.
Des fans conquis et des invités de marque
Dans les gradins, la famille de Céline Dion côtoyait plusieurs personnalités, parmi lesquelles Ophélie Meunier, Laury Thilleman, Guillaume Diop et Vincent Dedienne. Selon Le Parisien, Michelle Obama, Edouard Philippe, Gabriel Attal et Emmanuel Grégoire assistaient également au concert. Pour les admirateurs venus célébrer ce retour, la soirée avait une saveur particulière.
«Elle m’a fait pleurer», a ajouté sa fille Laurie.
Les retrouvailles se préparaient depuis plusieurs semaines. Arrivée en France fin août après avoir quitté Las Vegas, la chanteuse avait multiplié les répétitions. Ses apparitions régulières et ses échanges avec les fans devant son palace avaient aussi nourri l’attente.
Un long chemin jusqu’à la scène
Ce retour ouvre un nouveau chapitre dans un parcours jalonné d’épreuves. En 2016, Céline Dion avait perdu René Angélil, son mari et impresario, père de ses trois fils.L’interruption de sa tournée en mars 2020, au début de la pandémie, avait ensuite été suivie d’une longue période d’incertitude. Atteinte du syndrome de la personne raide, diagnostiqué en 2022, la chanteuse avait dû se retirer pour se soigner.
En juillet 2024, son interprétation de l’Hymne à l’amour d’Edith Piaf, depuis la tour Eiffel lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, avait marqué une réapparition spectaculaire. Cette nouvelle résidence, produite par AEG Presents, prolonge aujourd’hui ces retrouvailles avec le public. Seize concerts sont prévus à Nanterre jusqu’à la mi-octobre, puis dix autres en mai 2027.
L’enthousiasme suscité par leur annonce s’est toutefois accompagné de frustrations: obtenir une place a relevé du parcours du combattant, avec des billets pouvant coûter plusieurs centaines d’euros.
Samedi soir, la chanteuse aux plus de 260 millions d’albums vendus a refermé son premier concert sur quelques mots adressés à ses fans: «Je vous aime.»
