Trump voudrait placer Infantino à la tête de l'Onu
Donald Trump et Gianni Infantino: le président américain et le patron suisse de la Fifa s’entendent à merveille. Leur proximité est devenue évidente lors de la Coupe du monde de football, aux Etats-Unis.
Les deux hommes se seraient parlé au téléphone presque tous les jours. Trump n'est d'ailleurs pas privé de demander le retrait du carton rouge infligé à l’attaquant vedette étasunien Folarin Balogun. La Fifa a aussitôt accédé à cette requête, au grand désarroi du monde du football.
Cette fois, c’est le monde de la diplomatie qui s’agite. Trump nourrirait de grandes ambitions pour «son ami Gianni». Il souhaiterait voir le Valaisan prendre la tête des Nations unies. Selon une source proche du président, citée par le New York Post, Infantino serait «respecté dans le monde entier» et posséderait «une capacité exceptionnelle à rassembler les gens».
Gianni Infantino à la tête du plus grand organisme au monde de diplomatie, principal médiateur entre la guerre et la paix et responsable de près de 40 000 fonctionnaires internationaux?
Reste que Donald Trump apprécie le New York Post (à ne pas confondre avec le New York Times) et n’hésite pas à appeler directement ses journalistes du tabloïd sur leur téléphone portable lorsqu’il souhaite faire passer un message. Le calendrier donnerait également du crédit à cette hypothèse: le secrétaire général de l’ONU, le Portugais António Guterres, quittera ses fonctions à l’issue de son deuxième mandat. Son successeur doit être désigné avant la fin de l’année.
Et Trump a critiqué à plusieurs reprises l’Onu de manière frontale. Selon lui, l’organisation est inefficace et consacre trop d’énergie à des thèmes «woke», tels que le changement climatique ou la diversité. Durant sa présidence, les Etats-Unis ont considérablement réduit leur financement de l’Onu et de plusieurs de ses agences. Les successeurs potentiels de Guterres, comme l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet ou l’actuel directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, seraient jugés «lame», c’est-à-dire ennuyeux, par l’administration Trump.
Dans ce contexte, Infantino apparaîtrait comme un candidat idéal. Si le président de la Fifa, qui possède une résidence au Qatar ainsi qu’à Zoug, où la fiscalité est avantageuse, jouit d’une réputation controversée en Europe occidentale, il est en revanche considéré comme extrêmement bien connecté à l’échelle mondiale.
En vue de sa réélection pour un quatrième mandat à la Fifa, il fait déjà circuler des listes de soutien auprès des différentes fédérations nationales de football. Selon certaines informations, Infantino bénéficierait déjà du soutien de plus de 200 des 211 fédérations membres.
Un argument de poids pourrait toutefois le convaincre de rester à la tête de la Fifa plutôt que de rejoindre l’Onu: sa rémunération. Dans ses fonctions actuelles, il gagne plus de 5 millions de francs suisses par an. En comparaison, les 340 000 francs suisses versés au secrétaire général de l’Onu paraissent presque dérisoires. (trad. hun)
