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Parier sur la guerre en Ukraine peut rapporter (très) gros

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Eh oui, parier sur les malheurs du monde est désormais possible - et bientôt même mainstream? afp/canva

Comment il a gagné un demi-million en pariant sur la guerre en Ukraine

Vladimir Poutine sera-t-il encore président en 2026? Quand est-ce que la guerre entre la Russie et l’Ukraine va prendre fin? Sur certaines plateformes en ligne, ces questions ne relèvent plus seulement de l’analyse politique pour la beauté du sport: elles deviennent des paris financiers... qui peuvent rapporter gros.
23.03.2026, 20:2823.03.2026, 23:21

Et si l’on pouvait gagner de l’argent en anticipant une offensive militaire russe, une négociation de paix ou même l’avenir politique de Vladimir Poutine? Sur des plateformes en plein essor, c'est déjà une réalité, comme le rapporte le média d'opposition russe en exil Meduza.

En effet, les marchés de prédiction tels que Polymarket ou Kalshi permettent à des milliers d’utilisateurs de miser sur des événements géopolitiques, y compris liés à la guerre en Ukraine.

Miser sur les misères du monde

Le principe est simple: les internautes achètent des contrats liés à un événement («oui», sous-entendu il va se produire, ou «non», il ne se produira certainement pas). Si celui-ci se réalise, ils empochent les gains. Sur Polymarket, on peut ainsi spéculer sur une trêve entre la Russie et l’Ukraine, ou au contraire sur une escalade, par exemple.

Et certains paris peuvent s'avérer extrêmement lucratifs. Fin février 2026, un utilisateur aurait misé 87 000 dollars sur une frappe américaine imminente contre l’Iran — il aurait ainsi gagné plus d’un demi-million quelques heures plus tard, selon nos confrères russophones.

Contrairement aux paris classiques, «les utilisateurs jouent les uns contre les autres», souligne Meduza. Les probabilités évoluent donc selon les anticipations collectives.

Manipulations et dérives en temps de guerre

Mais ces marchés posent de sérieux problèmes, surtout dans un contexte de conflit. Ils peuvent être influencés par des acteurs disposant d’informations privilégiées — voire manipulés. Rien que fin 2025, une fausse information annonçant la prise d’une ville ukrainienne par les forces russes avait beaucoup circulé, surtout en ligne.

Selon Meduza, cette modification aurait pu servir à influencer des paris en cours. Plus inquiétant encore, certains parieurs tentent d’agir directement sur l’information. En mars 2026, un journaliste aurait ainsi été pressé de modifier un article sur une frappe au Moyen-Orient, car son contenu risquait de faire perdre de l’argent à des utilisateurs, toujours selon le média en exil (généralement jugé fiable par la presse internationale).

Une frontière éthique de plus en plus floue

Au-delà des risques de manipulation, c'est la question de la morale qui est centrale, ici, insiste lemédia. Il faut quand même souligner que ces plateformes permettent de parier sur des bombardements, des offensives ou des crises humanitaires.

«Quand des événements liés au bien et au mal deviennent des produits financiers, il devient impossible de distinguer ce qui est juste»
Le sénateur américain Chris Murphy

Pour leurs défenseurs, ces marchés reposent sur «la sagesse des foules» et offriraient des prévisions fiables.

Mais appliqués à la guerre en Ukraine et à la Russie, ils traduisent surtout une évolution troublante: celle d’un conflit devenu objet de spéculations mondiales, tellement il s'enlise.

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