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Covid: les cinémas sont fréquentés mais pas vraiment rentables

Les cinémas sont fréquentés mais pas vraiment rentables

Zuschauer mit Hygienemasken bei der Premiere des Filmes "Samio, Joe und ich" im Kino Rex in Biel am Tag der Wiedereroeffnung der Kinos waehrend der Coronavirus-Pandemie, am Donnerstag, 22. A ...
Image: sda
Plus de deux semaines après la réouverture des salles obscures, les cinémas suisses tirent un bilan mitigé. Explications.
07.05.2021, 16:5007.05.2021, 18:24
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Suite à la réouverture des cinémas, le public suisse semble être heureux de retourner dans les salles obscures. Mais l'affluence est quatre à six fois plus faible qu'habituellement. En cause? La jauge limitée à 50 personnes.

Forcément, une énorme baisse de fréquentation

Si certains cinémas ont réouvert le 19 avril dernier, la plupart n'ont réouvert leurs salles que le 22 avril, le temps d'effectuer des travaux préparatoires. Claude Ruey, président de ProCinéma, la faîtière des exploitants de salles de cinéma et des distributeurs de films suisses, annonce les chiffres suivants, en termes de fréquentation:

  • 30 000 spectateurs lors de la première semaine de réouverture.
  • Et 67 000 lors de la deuxième semaine.

L'affluence moyenne, en temps normal, varie entre 180 000 et 240 000 spectateurs par semaine, à l'échelle suisse. «On est donc bien en-dessous, entre quatre et six fois moins de monde», souligne-t-il. La moyenne des salles de cinéma helvétique compte environ 170 places.

Plus de spectateurs en Suisse romande

«La reprise est proportionnellement meilleure en Suisse romande qu'en Suisse alémanique, car il y a actuellement de meilleurs films à l'affiche du côté francophone, avec notamment «Adieu les cons» et «Drunk». Côté germanophone, il est plus difficile d'obtenir des films connus en ce moment», explique encore Claude Ruey.

Cependant, plusieurs responsables de cinémas se disent «étonnés en bien» et que l'intérêt du public est évident. Pour certains cinémas, il n'est pas rare que les 50 places autorisées soient complètes.

«Cela a bien démarré et compte tenu des circonstances, l'affluence est plutôt bonne. Le temps pourri de la deuxième semaine de reprise nous a bien aidés.»
Xavier Pattaroni, programmateur de salle de cinéma en Suisse romande

Aucune rentabilité pour le groupe Pathé

Chez Pathé, chaîne de cinéma présente dans sept villes suisses avec huit multiplexes pour 79 salles, «les chiffres de fréquentation dépassent les attentes, surtout les jours de pluie», selon la porte-parole du groupe. «La plupart des salles ne sont pas complètes, mais sont bien fréquentées». Au vu de la demande, «nous allons étendre nos heures d'ouverture dès mercredi prochain», annonce-t-elle.

Si le public est ravi de retourner dans les salles obscures, la situation n'est en revanche absolument pas rentable, et cela, dans tous les cinémas de la chaîne:

«C'est une période compliquée. Les restrictions sur le nombre de places assises, ainsi que l'interdiction de vendre de la nourriture et des boissons, rendent impossible une activité rentable pour le moment»
Jolanda Schönenberger, porte-parole du groupe Pathé

200 millions de pertes pour la branche

Pour rappel, les salles ne peuvent pas recevoir plus de 50 personnes, ceci sans dépasser un tiers de la capacité de la salle pour les plus petits cinémas. Le port du masque est obligatoire et la consommation de boissons, pop-corn, chocolats ou glaces est interdite.

Le maintien de la fermeture des kiosques ou bars dans les cinémas est un grand manque à gagner pour les exploitants. La vente de boissons et de nourriture représente entre 20% et 30% du chiffre d'affaires total, rappelle le président de ProCinéma.

«Depuis le début de l'année et en date du 14 avril, la crise liée au coronavirus a engendré quelque 84 millions de pertes pour les exploitants de salle de cinéma de tout le pays. Cette somme s'ajoute à la perte de 130 millions pour 2020, soit 214 millions au total depuis le début de la pandémie.»
Claude Ruey, patron de la faîtière du cinéma suisse

Aucune faillite jusqu'ici

«Bien que les cinémas ne gagnent rien et que ce soit dur pour eux, la situation n'est pas totalement catastrophique, notamment grâce aux aides étatiques pour le secteur culturel», nuance encore le président de ProCinéma. Et selon lui, aucune faillite n'a été déclarée jusqu'ici. Cette réouverture restreinte «est à vrai dire surtout une sorte de service pour le public».

La faîtière du cinéma a désormais deux revendications prioritaires pour la deuxième phase d'assouplissement des mesures liées au Covid-19. Le conseiller fédéral Alain Berset en a déjà été informé, lors de la dernière séance culture à Berne:

  • L'augmentation de la jauge à 50% de la capacité d'une salle.
  • L'ouverture des kiosques et bars, en autorisant la consommation une fois assis.

(ats/jch)

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