Onze agriculteurs tués dans le nord-est du Nigeria
Des jihadistes présumés ont tué onze agriculteurs samedi lors de deux attaques distinctes dans le nord-est du Nigeria, ont déclaré dimanche à l'AFP trois milices anti-jihadistes.
Des groupes jihadistes et des bandes criminelles, appelés «bandits» par la population, adeptes des enlèvements contre rançon et le vol de bétail, terrorisent les communautés du nord et du centre du Nigeria. Ils mènent des attaques meurtrières et imposent des taxes aux agriculteurs souhaitant accéder à leurs propres champs.
Certains d'entre eux, après avoir payé des rançons pour obtenir la libération de proches enlevés, ne disposent plus des ressources nécessaires pour s'acquitter de ces taxes. D'autres fuient les zones rurales, dans un pays où des millions de personnes souffrent chaque jour de faim.
Samedi, des combattants de la Province de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) ont rassemblé sept agriculteurs et leur ont tranché la gorge dans le village de Kuwawu, situé à la périphérie de la ville de garnison de Monguno, à 135 km de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno, ont indiqué ces sources.
Les agriculteurs s'étaient rendus au village depuis Monguno pour préparer leurs champs en vue des semailles, a précisé Ibrahim Liman, un autre membre de la milice qui a confirmé ce bilan.
Raison de l'attaque inconnue
Plus tôt dans la journée, des combattants de l'ISWAP avaient massacré quatre agriculteurs alors qu'ils travaillaient dans leurs exploitations à la périphérie de Kross Kauwa, dans la région du lac Tchad, à 50 km de Monguno, a déclaré Musa Ari, un membre de la milice.
Une vidéo diffusée en ligne et visionnée par un journaliste de l'AFP montrait des volontaires chargeant les corps ensanglantés des quatre agriculteurs dans une voiture, au milieu d'un champ. La raison pour laquelle les jihadistes ont tués ces agriculteurs n'est pas connue.
L'ISWAP et son rival Boko Haram sont connus pour s'en prendre aux agriculteurs, aux bûcherons, aux éleveurs et aux ferrailleurs, qu'ils accusent d'espionner pour le compte des troupes nigérianes et des milices anti-jihadistes, ainsi qu'à ceux qui refusent ou sont en incapacité de payer les taxes qu'ils leur demandent.
Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu début juin que ces attaques pourraient «aggraver la pauvreté et l'insécurité alimentaire» et a recommandé au gouvernement de «protéger les agriculteurs et les éleveurs». Le nord du Nigeria produit environ 70% des céréales du pays, consommées localement, mais aussi exportées vers les Etats voisins. (dal/ats/afp)
