Etats-Unis et Nigeria éliminent un chef de l’EI
Donald Trump a annoncé vendredi que les forces des Etats-Unis et du Nigeria avaient tué un chef du groupe Etat islamique (EI) basé dans le pays d'Afrique en proie à des violences djihadistes. Il a présenté la victime comme le numéro deux du groupe islamiste dans le monde.
C'est la deuxième fois en cinq mois que le président américain lance une intervention de son armée au Nigeria, où il a dénoncé des supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens. Cette opération visait cette fois Abu-Bilal al-Minuki.
«Ce soir, sur mes instructions, les courageuses forces américaines et les forces armées du Nigeria ont mené à la perfection une mission méticuleusement planifiée et très complexe afin d'éliminer du champ de bataille le terroriste le plus actif au monde», a déclaré le président américain sur son réseau Truth Social.
Capacités réduites
«Avec son élimination, les capacités opérationnelles de l'EI à travers le monde sont considérablement réduites», a assuré Trump. Il a ajouté:
Les autorités nigérianes n'avaient pas commenté dans l'immédiat ces informations.
Abu-Bilal al-Minuki avait été placé sous sanctions américaines en 2023 pour ses liens avec l'EI. Washington affirmait alors que cet homme, également connu sous le nom Abu Bakr al-Mainuki, était né en 1982 et était originaire de l'Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria.
Chrétiens «persécutés»
Le pays le plus peuplé d'Afrique lutte contre une insurrection djihadiste depuis 2009, principalement concentrée dans le nord-est du pays, tandis que des bandes armées se sont implantées dans de vastes zones rurales du nord-ouest et du centre-nord.
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements de masse ces derniers mois attire l'attention des Etats-Unis. Donald Trump affirme que les chrétiens du Nigeria sont «persécutés» et victimes d'un «génocide» perpétré par des «terroristes», ce qu'Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
Frappes à Noël
L'armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait mené le jour de Noël des frappes dans l'Etat de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des djihadistes de l'EI. Le Pentagone a accru son partage de renseignements, accéléré les ventes d'armes et déployé 200 soldats pour former les troupes nigérianes.
Sous l'administration Trump, «nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l'EI», déclarait fin janvier à l'AFP le général John Brennan, un haut responsable du commandement des Etats-Unis pour l'Afrique (Africom).
Début avril, le département d'Etat américain avait autorisé le départ d'Abuja de son personnel non essentiel en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. Les djihadistes affiliés à l'EI sont actifs au Niger voisin, ainsi qu'au Burkina Faso et au Mali, où ils mènent une insurrection sanglante contre les gouvernements de ces pays (tib/ats)
