L’OMS prolonge les négociations sur l’accès équitable aux vaccins
L'Organisation mondiale de la santé a annoncé samedi la prolongation des négociations sur la dernière pièce manquante d'un accord censé permettre un accès équitable aux produits de santé en cas de pandémie, afin d'éviter la désorganisation de la crise du Covid-19.
Les Etats membres de l'OMS se réunissaient depuis lundi au siège de l'agence sanitaire des Nations unies à Genève pour ce qui devait être un dernier cycle de négociations sur la partie la plus délicate de l'ensemble du traité: le fonctionnement du système d'accès aux agents pathogènes et de partage des avantages découlant de leur utilisation (PABS).
Mais l'OMS a annoncé samedi soir, dans un communiqué, que les pays étaient «convenus de prolonger les négociations», un nouveau cycle de discussions étant désormais prévu du 27 avril au 1er mai.
Après trois ans de négociations intenses, lancées pour remédier aux lacunes et aux inégalités recensées lors de la riposte au Covid-19 au niveau national et mondial, les États membres de l'OMS ont adopté en mai 2025 un accord historique visant à mieux se préparer et lutter contre les futures pandémies.
Le traité vise à garantir un accès équitable aux produits de santé en cas de pandémie.
Mais le PABS a été mis de côté afin de permettre la conclusion de l'accord et les pays ont eu une année supplémentaire pour régler les détails de son fonctionnement.
Ce mécanisme porte sur le partage de l'accès aux agents pathogènes dangereux susceptibles de provoquer une pandémie, puis sur le partage des avantages qui en découlent: vaccins, tests et traitements.
Lors de cette semaine de négociations, les observateurs ont fait état de profondes divisions entre les pays.
Un certain nombre d'entre eux, notamment en Afrique, souhaitent obtenir l'assurance qu'une fois qu'ils auront partagé leurs données sur les agents pathogènes, ils auront accès à tous les vaccins, traitements ou tests de dépistage mis au point à partir de ces informations.
Mais les pays européens, en particulier ceux dotés d'une importante industrie pharmaceutique, estiment que le partage obligatoire des bénéfices risque de freiner la recherche et le développement.
L'OMS a indiqué samedi que ses États membres avaient reconnu «qu'un délai supplémentaire était nécessaire pour aplanir les divergences restantes».
Les pays ont été chargés de finaliser le PABS d'ici la prochaine Assemblée mondiale de la santé, l'organe décisionnel de l'OMS, qui se tiendra à la mi-mai.
Lors de l'ouverture du dernier cycle de négociations lundi, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti les pays que «la prochaine pandémie n'attendra pas». (dal/ats/afp)
