C’est l’AFP qui a publié l’information jeudi après-midi: «La statue de Melania Trump disparaît mystérieusement en Slovénie». Une sculpture en bronze, grandeur nature, déposée sur un socle en bois, au beau milieu de rien, mais non loin de Sevnica, là où l’actuelle première dame a grandi.
Dans ce pays d’Europe de l’Est, c’est le branle-bas de combat depuis mardi, jour où «l’incident a été signalé»: «Des policiers se sont immédiatement rendus sur les lieux et une enquête a été ouverte».
Un acte politique? L’artiste y croit:
Cité par l’AFP, l’artiste à l’origine de cette chose, Brad Downey, s’est dit «attristé» par la disparition de Melania, «pourtant solidement fixée au tronc par du béton et des barres de fer, obligeant les voleurs à la sectionner au-dessus des chevilles». Surtout que ce n’est pas la première fois qu’une réplique de Madame Trump subit les assauts d’ennemis anonymes.
La statue de Melania qui salue la foule avait été présentée en 2020, quelques mois après qu’un premier exemplaire, taillé dans du bois et déjà grandeur nature, a été... incendié, le 4 juillet, jour de l'indépendance des Etats-Unis.
Si les auteurs n’ont jamais été retrouvés, la naissance de l’œuvre originale avait fait tout un tintamarre, en Slovénie, mais également dans le reste du monde et dans le clan MAGA, traitée de «honte» et comparée à une «mauvaise Schtroumpfette».
Il faut dire que le travail de l’artiste provocateur Brad Downey est à prendre avec des pincettes. Durant l’enquête liée à l’incendie, les autorités avaient même soupçonné l’Américain, aujourd’hui établi à Berlin, d’avoir lui-même foutu le feu à son œuvre.
Présentée en 2019, inspirée des photos prises durant la première investiture de Trump deux ans plus tôt, cette sculpture en bois avait été décrite par l’artiste américain comme «un monument qui critique le monumentalisme, qui s'inspire des œuvres de propagande, telles que celles installées par le dirigeant bolchévique russe Lénine après la révolution de 1917». Rien que ça.
Lorsque Donald Trump a été élu en 2016, les Slovènes étaient plutôt fiers de voir l’une des leurs se hisser au sommet du pouvoir mondial. Comme le rappelait la BBC, «les habitants ont sorti une gamme de produits de la marque Melania, notamment des pantoufles, des gâteaux et des hamburgers de type Trump avec des cheveux de fromage qui s'envolent». Mais après quelques mois de règne dans la terreur, cette fierté s’était vite estompée.
Car Donald Trump avait, lui aussi, eu droit à une statue à son effigie, en Slovénie, quelques semaines avant celle de son épouse. Beaucoup plus massive (et reconnaissable), elle mesurait huit mètres de haut et avait été réalisée par l’artiste Tomaz Schlegl, pour dénoncer le «populisme» du président américain.
Et... devinez quoi? Oui, elle a également été cramée par des petits malins, en janvier 2020, soit six mois après l’incendie de celle de Melania.
La Slovénie a-t-elle affaire à des serial pyromanes depuis cinq ans? Toujours est-il que les voleurs de la dernière statue en bronze de la première dame n’ont pas encore été appréhendés.