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Un SaaSpocalypse menace: l'IA Claude d'Anthropic effraye

Claude déclenche une onde de choc sur les marchés mondiaux

L’extension du chatbot Claude, présentée par Anthropic, a provoqué une réaction immédiate des marchés, effaçant près de 300 milliards de dollars en Bourse.
04.02.2026, 17:0404.02.2026, 17:04
Un plugin d’IA fait plonger la tech mondiale.
Claude, l’IA qui a fait vaciller la Silicon Valley.Image: Shutterstock
Lara Knuchel
Lara Knuchel

Les Bourses mondiales ont connu mardi de fortes turbulences. Les titres de nombreuses entreprises de logiciels ont lourdement chuté, entraînés par les craintes suscitées par l’essor de l’intelligence artificielle. En cause, selon plusieurs experts : Anthropic, une entreprise spécialisée dans l’IA, qui a récemment présenté une extension pour son chatbot Claude.

Qu'est-ce que Claude et Anthropic?

Claude est l’intelligence artificielle développée par l’entreprise américaine Anthropic. Il s’agit d’un modèle de langage, également appelé GPT (generative pre-trained transformer), autrement dit un «transformer génératif préentraîné».

Anthropic PBC a été fondée par d’anciens collaborateurs d’OpenAI, l’éditeur de ChatGPT. Claude se positionne donc comme un produit concurrent direct de ce dernier.

Comme OpenAI, Anthropic n’est pas encore cotée en Bourse. Une introduction est toutefois attendue cette année pour les deux entreprises. Malgré cela, le chatbot Claude exerce déjà une influence notable sur les marchés financiers.

November 14, 2025, New York City, New York, USA: Anthropic says Chinese hackers used its Claude AI chatbot in cyberattacks..Anthropic reports that Chinese hackers used its artificial intelligence tech ...
Le chatbot Claude. Image: imago images

Qu'a présenté Anthropic hier avec Claude?

Mardi, Anthropic a présenté une extension, c'est-à-dire un module complémentaire, pour son chatbot. Il s'agit d'un plug-in destiné à faciliter considérablement le travail des avocats. L'entreprise a déclaré que son outil pouvait automatiser des tâches juridiques, telles que la vérification de contrats, l'examen des accords de confidentialité, les workflows de conformité, les briefings juridiques et les réponses préétablies.

Anthropic fait partie d’une vague de start-up développant des outils d’IA pour le secteur juridique. Sa particularité réside toutefois dans le développement de modèles propres, pouvant être adaptés aux besoins spécifiques d’un domaine. Claude se veut ainsi particulièrement accessible et facile d’utilisation.

Anthropic a précisé que le plugin ne constitue pas un conseil juridique: les analyses générées par l'IA doivent être vérifiées par des avocats agréés avant d'être utilisées comme base pour des décisions juridiques.

Pourquoi cela inquiète-t-il les marchés?

Les conséquences potentielles de l’IA sur l’emploi ne préoccupent pas seulement le monde du travail, mais aussi les marchés financiers. Depuis plusieurs mois, ceux-ci se montrent particulièrement nerveux face au boom de l’intelligence artificielle et à l’incertitude qu’il génère.

Une des raisons: investisseurs et experts perçoivent les outils et chatbots comme Claude et ses extensions comme une menace majeure pour le modèle économique traditionnel des logiciels, basé sur la vente de licences par utilisateur.

Les fournisseurs de logiciels comme Microsoft pourraient ainsi être mis sous pression par les modèles d’IA, car les entreprises n’auraient plus besoin d’acheter autant de licences à l’avenir, voire plus du tout.

«On craint que l’émergence d’outils comme celui présenté par Anthropic ne réduise au minimum les marges de ces entreprises axées sur les données et, dans le pire des cas, n’entraîne leur désintermédiation complète [leur élimination en tant que fournisseur].»
Un expert boursier, cité par le Guardian
Image

Comment les marchés ont-ils réagi à cette extensionn de Claude?

Depuis quelque temps déjà, des places boursières comme Wall Street se montrent sceptiques vis-à-vis des actions de logiciels, notamment celles de Microsoft ou d’Adobe. Mardi, ce scepticisme s’est mué, au moins temporairement, en panique.

Les investisseurs ont massivement vendu les titres concernés, provoquant l’évaporation de près de 300 milliards de dollars américains de capitalisation boursière en une seule journée.

Dans les milieux financiers, certains parlent même de «SaaSpocalypse», une apocalypse pour les actions de type software as a service.

La chute a d’abord touché les entreprises proposant des logiciels spécialisés pour les juristes. Elle s’est ensuite étendue aux éditeurs de logiciels plus généralistes, avant d’affecter plus largement le secteur technologique. Certains observateurs ont évoqué un «mouvement de vente mondial». De fait, les actions de logiciels ont reculé non seulement à Wall Street, mais aussi en Europe, puis en Asie.

Quelles actions ont le plus chuté?

Aux Etats-Unis, des titres comme Adobe, Salesforce, Intuit, ServiceNow, Autodesk, Palo Alto Networks, Microsoft ou encore Oracle ont parfois perdu des pourcentages à deux chiffres en une seule séance. Thomson Reuters, propriétaire notamment de la base de données juridique Westlaw, a vu son action chuter de plus de 18 % mardi.

L’indice Nasdaq a brièvement reculé de près de 2%, avant de clôturer la journée sur une baisse de 1,5%.

En Europe, le tableau est similaire. Les actions de Relx (groupe de médias et fournisseur de bases de données en ligne) ont perdu 14%, celles de la London Stock Exchange Group 13%, tandis que Pearson, éditeur de manuels scolaires et universitaires, a reculé de 9,6%.

Que va-t-il se passer ensuite?

Difficile à dire. Face à la prolifération des start-up de l’IA, les marchés restent extrêmement nerveux. Personne ne sait réellement jusqu’où s’étendront les effets de la révolution de l’intelligence artificielle, ni quelles entreprises en sortiront gagnantes ou perdantes. En toile de fond, la crainte persiste que le boom actuel de l’IA ne se révèle être une bulle.

Un expert a expliqué à Bloomberg ce que cela signifie pour les investisseurs:

«Cette année sera décisive pour déterminer quelles entreprises feront partie des gagnantes ou des perdantes de l’IA. La compétence la plus importante consistera à éviter les perdantes. Tant que la situation ne se sera pas stabilisée, il est risqué de s’opposer à la dynamique de l’IA.»

(trad. hun)

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