Ces dirigeants se retrouveront en France pour l'avenir de l'Ukraine
La Coalition des volontaires, dont les dirigeants se retrouvent le 13 juillet à Paris, est prête à mettre en œuvre des garanties de sécurité pour l'Ukraine une fois un cessez-le-feu avec la Russie en vigueur, une perspective encore lointaine.
👉🏼 Notre direct sur la guerre en Ukraine
Des contingents des 35 pays la composant - essentiellement européens mais aussi le Canada, l'Australie, le Japon - ainsi que des représentants de l'Otan et de l'UE ont parallèlement été invités à défiler le lendemain sur les Champs-Elysées à l'occasion de la Fête nationale française, selon le cabinet du gouverneur militaire de Paris.
Initiée en février 2025, la coalition emmenée par la France et le Royaume-Uni s'est depuis réunie à plus de quinze reprises et a adopté le 6 janvier, en présence d'émissaires américains, la «Déclaration de Paris» détaillant les «garanties de sécurité robustes» qu'elle est disposée à apporter pour protéger l'Ukraine contre une nouvelle attaque de la Russie. Elle prévoit un «mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu».
Washington, qui exclut tout déploiement de forces américaines au sol, ne fait pas formellement partie de la coalition des volontaires mais sera impliqué dans la surveillance d'un cessez-le-feu.
Nombre de pays de la coalition conditionnent leur engagement à l'existence d'un «filet de sécurité» (backstop) américain.
Aider l'armée ukrainienne
La coalition prévoit une «assistance militaire à long terme» à l'Ukraine. Avec ses 800 000 militaires aguerris par des années de conflit, «les forces armées ukrainiennes sont et resteront la première ligne de défense et de dissuasion» face à la Russie, selon le président français Emmanuel Macron.
Ce soutien doit se matérialiser par une aide au financement de l'armée ukrainienne et à l'achat d'armements ou encore un appui à la «construction d'ouvrages de défense», selon la Déclaration.
La coalition prévoit aussi le déploiement d'une force multinationale pour l'Ukraine (MNF-U), dont les plans opérationnels ont été mis au point par un état-major multinational établi au Mont-Valérien, près de Paris.
Cette force multinationale doit être officiellement déclarée prête au déploiement en cas de cessez-le-feu à l'occasion du sommet du 13 juillet, explique-t-on à Paris. De futurs «exercices» militaires conjoints doivent également être programmés à cette occasion, selon Emmanuel Macron.
Son commandement doit également passer de la France au Royaume-Uni pour les 12 prochains mois.
La délicate question des soldats
Elle comprend des volets terrestre, aérien et maritime «pour apporter une forme de réassurance le jour d'après le cessez-le-feu et loin de la ligne de contact», selon Emmanuel Macron. Le déploiement de troupes au sol est sans doute le plus épineux. Il ferait des unités européennes déployées «des cibles militaires légitimes pour les forces armées de la Russie», a averti Moscou.
Paris et Londres se sont dits prêts à dépêcher des troupes, le premier ministre espagnol Pedro Sanchez également. Le président français a évoqué devant les principaux responsables politiques du pays en janvier l'envoi de «deux brigades», soit environ 10 000 hommes dont la moitié de Français, ont rapporté ces derniers.
L'Italie et la Pologne ont indiqué qu'elles ne déploieraient pas de troupes au sol, quand le chancelier allemand Friedrich Merz a dit envisager l'envoi de forces sur le territoire d'un Etat membre de l'Otan, voisin de l'Ukraine, après un cessez-le-feu.
Le flou, entretenu à dessein pour compliquer les calculs de Moscou, règne également sur le volet aérien: les avions, et de quels pays, seront-ils basés dans les pays limitrophes ou sur des bases ukrainiennes?
Le volet maritime prévoit la surveillance de la navigation en mer Noire, dont l'accès via les détroits turcs a été fermé par Ankara au début du conflit. Le Royaume-Uni sera la nation-cadre pour le volet terrestre, la France pour le volet aérien et la Turquie pour la partie maritime, selon une source informée du dossier.
Si elle reste à ce stade un outil diplomatique, «la coopération de la coalition des volontaires avec les Etats-Unis et son institutionnalisation, ainsi que la possibilité d'envoyer une force multinationale, constituent l'un des éléments visant à accroître la pression sur la Russie», juge le centre de recherches polonais PSIM dans une note.
L'implication des Européens est aussi, selon lui, «une réponse aux critiques américaines sur leur prétendu faible niveau d'engagement» au profit de l'Ukraine et pour leur sécurité. (afp)
