«Plombière de l'espace»: Artemis a un problème de toilettes
Le vol de retour vers la Terre aurait pu se dérouler sans aucun problème pour les astronautes d'Artémis II. Mais à bord de la capsule Orion, un équipement essentiel ne fonctionne pas à cause d'une réaction chimique inattendue: les toilettes.
Les quatre membres d'équipage de la mission ont embarqué le 1er avril pour environ dix jours de voyage spatial dans la capsule Orion, un habitacle de la taille d'une fourgonnette. Mais dès les premières heures de vol, les astronautes à bord remarquent un dysfonctionnement des toilettes. L'Américaine Christina Koch décide alors de prendre les choses en mains et de réparer le sanitaire.
«J'aime à rappeler que c'est l'équipement le plus important à bord», avait-elle précisé, «donc nous avons tous poussé un soupir de soulagement quand la situation s'est réglée».
Le pipi est bloqué
Pourtant, le problème, qui ne concerne que l'urine et non pas les selles utilisant un autre conduit, réapparaît ensuite lorsqu'ils essaient d'évacuer les eaux usées, normalement rejetées dans l'espace, sans succès.
Le sanitaire devient donc un sujet récurrent lors des conférences de presse menées par la Nasa, à Houston, au Texas. Christina Koch a décrit à la Nasa une odeur ressemblant à un «radiateur qui brûle». Les équipes au sol ont donc activé le plan B et ont demandé aux astronautes d'utiliser des toilettes portables de secours, personnels et réutilisables.
«Au début, on pensait que cela pouvait être dû à de la glace qui se formait» au niveau du conduit, a expliqué Rick Henfling. Cependant, «nous avons placé la fusée dans une position orientée vers le Soleil pour faire fondre la glace, nous avons activé les radiateurs et nous observons toujours une obstruction», a-t-il ajouté.
Des toilettes à 23 millions de dollars
Le haut responsable a alors avancé une nouvelle théorie liée à une réaction chimique qui semble obstruer le conduit. «Il se peut qu'une réaction chimique se développe, au cours de laquelle des débris se forment et viennent obstruer un filtre», a-t-il précisé.
Ces toilettes, évaluées à quelque 23 millions de dollars, sont similaires à celles utilisées au sein de la Station spatiale internationale. Cependant, c'est la première fois qu'elles sont utilisées par un équipage aussi loin dans l'espace.
Il faut un casque pour faire caca
Le sanitaire d'Orion, installé dans le sol de l'habitacle, est par ailleurs tellement bruyant qu'il faut porter des protections aux oreilles lors de son utilisation. Mais c'est «le seul endroit où on peut aller durant la mission où on peut en fait se sentir seul pour un petit moment», avait dit avant le décollage le Canadien, Jeremy Hansen.
Les excréments sont eux placés dans des sacs qui seront ramenés sur Terre avec les astronautes lors de leur retour. Les astronautes de la mission Apollo faisaient, eux aussi, leurs besoins dans des sacs spéciaux.
La haute responsable de la Nasa, Lori Glaze, se veut confiante et a assuré qu'une fois la fusée au sol, ils pourront «entrer et découvrir la source» du problème.
(afp/acu)
