Meta doit verser 567 millions aux victimes de ses réseaux sociaux
Un juge du Nouveau-Mexique a ordonné jeudi à Meta de financer à hauteur de 567 millions de dollars un fonds de réparation des dommages causés aux mineurs par ses réseaux sociaux, jugés responsables d'un «trouble à l'ordre public». C'est une première aux États-Unis.
Cette somme doit financer sur cinq ans des programmes de santé mentale et de prévention pour les jeunes. Elle s'ajoute aux 375 millions de dollars de pénalités civiles infligées en mars par un jury de Santa Fe, qui avait jugé Meta défaillant dans la protection des utilisateurs mineurs. Meta (Facebook, Instagram) avait fait appel du verdict.
«Nous sommes en désaccord avec cette décision et nous ferons appel», a réagi un porte-parole de Meta auprès de l'AFP, se disant «confiant» dans le bilan du groupe «en matière de protection des adolescents en ligne».
Le procureur général du Nouveau-Mexique a salué dans un communiqué «une victoire historique pour les habitants du Nouveau-Mexique et pour les familles de tout le pays» et «une victoire pour chaque parent qui s'est inquiété des effets des réseaux sociaux sur son enfant».
Mesures inédites
Le juge a assorti sa décision d'une série de mesures inédites, applicables pendant cinq ans aux comptes des mineurs du Nouveau-Mexique. Elles seront toutefois gelées le temps de la procédure d'appel si Meta verse une caution et elles ne concernent pas la messagerie WhatsApp.
Ces mesures comprennent une limite de 90 heures par mois d'utilisation cumulée de Facebook et d'Instagram pour les moins de 18 ans. Elles ordonnent aussi de couper certaines notifications destinées aux mineurs entre 22h00 et 07h00, ainsi que pendant les heures de classe durant l'année scolaire et de leur masquer par défaut les compteurs de «likes».
Le juge interdit également toute interaction «romantique ou sexualisée» entre les mineurs de l'Etat et les robots conversationnels d'intelligence artificielle de Meta. Il proscrit en outre l'utilisation par des adultes de ces assistants pour simuler de tels échanges avec des mineurs.
Parmi les autres obligations figurent l'interdiction pour tout adulte de contacter par message un mineur qui n'est pas dans ses contacts, l'examen par un humain, sous 48 heures, des signalements d'exploitation sexuelle et la suppression des comptes suspectés d'appartenir à des moins de 13 ans faute de preuve d'âge sous 30 jours.
Le juge a toutefois refusé d'autres remèdes réclamés par le procureur, comme la vérification stricte de l'âge à l'inscription, estimant qu'une loi fédérale sur la protection des données des enfants (COPPA) la rendait juridiquement impossible et qu'une telle contrainte imposée à Meta seulement pousserait les mineurs vers ses concurrents. (ats)
