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Comment Trump veut prendre le Groenland: les scénarios

«Personne ne s’opposera militairement aux Etats-Unis» au Groenland

La lutte pour l’île arctique prend de plus en plus la forme d’une crise au sein de l’Otan. Pour l’administration Trump, c'est clair: le Groenland «revient» aux Etats-Unis.
07.01.2026, 12:0307.01.2026, 14:13
Niels Anner, copenhague / ch media

Dans le conflit entre Donald Trump et le Danemark, les positions se durcissent de jour en jour. Si les Etats-Unis attaquent militairement le Groenland, territoire semi-autonome appartenant au royaume du Danemark, «alors tout s’arrête», a averti lundi soir la première ministre danoise Mette Frederiksen. Ce sera la fin de l’Otan, mais aussi de l’ordre qui garantit sécurité et démocratie depuis la Seconde Guerre mondiale.

La plupart des experts en sécurité partagent cette analyse. Une attaque contre le Groenland «détruirait complètement les fondements de l’Alliance», estime Magnus Christiansson, chercheur suédois spécialisé dans l’Otan. Les principaux pays européens membres de l’Otan ont eux aussi souligné la gravité de la situation mardi, en déclarant que le respect de l’intégrité des frontières nationales s'applique aussi au Groenland. Le ton presque professoral de cette prise de position montre à quel point le bras de fer autour du Groenland se transforme en crise de l’Otan.

Ce ne serait pas la première fois que Donald Trump menace de mettre l’Otan en péril pour imposer ses intérêts. Pour cela, il n’a même pas besoin d’attaquer le Groenland, comme l’a expliqué l’un de ses conseillers les plus influents, le chef de cabinet adjoint Stephen Miller.

Dans une interview, ce dernier a levé le voile sur la manière dont Washington entend procéder sur le «dossier groenlandais». Une attaque ne serait «pas nécessaire, car personne ne s’opposera militairement aux Etats-Unis». Etant en position de force, son pays aurait des droits sur l'île, stratégique et riche en ressources:

«En tant que principale puissance de l’Otan, les Etats-Unis devraient naturellement posséder le Groenland afin de protéger les intérêts de l’Alliance dans l’Arctique.»
Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de Donald Trump

Le chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche l'assure: c'est par «des discussions, dans un processus mené avec la communauté internationale», qu'il compte atteindre cet objectif. Stephen Miller souligne tout de même que le monde est désormais régi par «la force, la violence et le pouvoir», et met en doute le droit même du Danemark sur son ancienne colonie.

Katie Miller, épouse de Stephen Miller, conseiller de Donald Trump, a publié cette carte du Groenland avec les couleurs du drapeau américain en croix.
Katie Miller, épouse de Stephen Miller, conseiller de Donald Trump, a publié cette carte du Groenland avec les couleurs du drapeau américain.Image: x

Les étapes d’une prise de contrôle du Groenland

Plusieurs scénarios se dessinent ainsi pour l’administration Trump. Le premier consisterait à soutenir l’indépendance du Groenland. Le Danemark serait alors contraint de rompre ses liens étroits avec l’île. Les Etats-Unis pourraient ensuite conclure avec le Groenland un accord de sécurité, comme ils l’ont fait avec certaines îles du Pacifique, selon Andreas Østhagen, directeur de recherche à l’institut norvégien Nansen.

Deux éléments s'opposent à cela: les Etats-Unis exercent déjà, de fait, le contrôle militaire du Groenland. En vertu d’un accord avec le Danemark, ils exploitent depuis les années 50 une base dans le nord de l’île et utilisent conjointement avec les Danois l’infrastructure militaire, notamment les aéroports. Ils peuvent en outre déployer librement des troupes supplémentaires sur place.

Dans les faits, Washington est donc déjà responsable aujourd’hui de la défense du Groenland, par exemple face à la Russie ou à la Chine. Mais Donald Trump souhaite, selon ses propres déclarations, un rattachement politique à part entière aux Etats-Unis. Une option que les Groenlandais rejettent fermement, comme le montrent les sondages, manifestations et prises de position du gouvernement local. Le chef du gouvernement, Jens-Frederik Nielsen, a répété à plusieurs reprises que l’île souhaitait une coopération étroite et respectueuse avec les Etats-Unis, mais pas une prise de contrôle.

Des médias danois ont toutefois soulevé cet été que des personnes proches de Donald Trump tenteraient d’infiltrer la société groenlandaise et d’y diffuser de la propagande, dans le but de nourrir un sentiment anti-danois et de renforcer le soutien à un mouvement indépendantiste encore marginal.

Les ressources naturelles du Groenland convoitées par les Etats-Unis.
Les ressources naturelles du Groenland convoitées par les Etats-Unis.Image: watson

D’autres scénarios sont d’ordre économique. Les Etats-Unis pourraient proposer au Groenland un accord pour exploiter des ressources naturelles, comme les métaux rares, et ainsi inciter l’île, par la promesse de richesse, à devenir indépendante ou à rejoindre les Etats-Unis. A l’inverse, Donald Trump pourrait menacer le Danemark, voire l’ensemble de l’Union européenne, de droits de douane, de sanctions ou de refuser la livraison d’armes et d’avions de combat.

Enfin, un dernier scénario relève de la géopolitique globale: le soutien à l’Ukraine. Donald Trump pourrait à nouveau menacer d’y mettre fin afin de faire pression sur les pays de l’UE et de l’Otan. Cette fois-ci, pour arracher le Groenland.

Traduit de l'allemand

Après un sujet compliqué, voici des chats moches...
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