International
Etats-Unis

Plainte contre la stratégie de Trump sur les droits de douane

President Donald Trump listens during a meeting about military families, in the Oval Office of the White House, Monday, Aug. 3, 2026, in Washington. (AP Photo/Alex Brandon)
Donald Trump
Donald Trump a fait des droits de douane la pierre angulaire de sa politique économique.Keystone

Cette stratégie de Trump sur les droits de douane passe mal

Vingt-cinq Etats américains portent plainte contre les nouvelles surtaxes douanières qui visent une soixantaine de pays, dont la Suisse. La base légale utilisée par Washington pour les justifier est notamment pointée.
04.08.2026, 06:0104.08.2026, 08:43

La justice américaine va devoir se prononcer sur la légalité de la nouvelle série de droits de douane voulue par le président américain Donald Trump, après une plainte lundi de 25 Etats américains. Les surtaxes entrées en vigueur le 24 juillet sont visées.

«C'est la troisième fois que le président Trump tente d'imposer illégalement des droits de douane qui viennent renchérir le coût de la vie pour les familles et les petites entreprises américaines et la troisième fois que nous poursuivons le gouvernement en justice pour un mauvais usage de ses pouvoirs», a déclaré dans un communiqué le procureur général de Californie, Rob Bonta.

FILE - California Attorney General Rob Bonta speaks at the 2026 California Democratic Party State Convention, Feb. 21, 2026, in San Francisco. (AP Photo/Jeff Chiu, File)
Rob Bonta
Rob BontaKeystone

Ces nouvelles surtaxes douanières, de 10% ou de 12,5% selon les pays (12,5% pour les marchandises suisses), sont venues prendre le relais de celles mises en place temporairement en février dernier, au lendemain de l'annulation par la cour suprême des Etats-Unis de la majorité des droits de douane imposés par le président américain à son retour à la Maison-Blanche. Une soixantaine de pays ainsi que ceux de l'Union européenne (UE) sont visés par ces surtaxes, ce qui représente près de 99% des importations américaines.

Mais contrairement aux droits de douane initiaux, cette nouvelle série se veut plus ciblée, ne s'appliquant qu'à un certain nombre de produits pour chaque pays, et non la quasi-totalité. Afin de les justifier, la Maison-Blanche s'est basée sur une loi fédérale de 1974, déjà utilisée par le passé, à l'issue d'une enquête menée au pas de charge.

Elle ne disposait que de 150 jours – la durée des droits de douane temporaires mis en place à la fin février – pour mener à bien cette enquête, afin de s'assurer de la continuité des surtaxes. Elle visait à déterminer si les pays concernés luttaient efficacement contre la présence de produits issus du travail forcé dans leur chaîne d'approvisionnement.

Selon le représentant de la Maison-Blanche au commerce (USTR), Jamieson Greer, ces surtaxes visent à «inciter nos partenaires commerciaux à rejoindre les Etats-Unis pour éliminer le travail forcé de la chaîne mondiale d'approvisionnement».

Un prétexte dénoncé

Dans le détail, les pays disposant d'une législation que les Etats-Unis estiment incomplète se voient imposer 10% sur un certain nombre de leurs produits. Pour les autres, accusés de ne pas avoir adopté de telles interdictions, la taxe est de 12,5%.

Dans une déclaration transmise à l'AFP, un porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai, a assuré que «les Etats-Unis utilisent leur autorité légale pour obtenir l'élimination de politiques, actes déraisonnables et pratiques qui portent atteinte au commerce américain».

Les tribunaux ont déjà autorisé certains droits de douane sur la base de cette même loi, mais les 25 Etats plaignants estiment ici que l'enquête menée par Washington n'était qu'un prétexte pour rétablir les droits de douane annulés en février dernier. Sur ces 25 Etats, 23 sont dirigés par des gouverneurs démocrates, tandis que deux d'entre eux, le Nevada et le Vermont, sont dirigés par des républicains.

«Une conclusion inévitable»

Selon la plainte, consultée par l'AFP, les plaignants pointent notamment l'absence de mécanisme pour que les pays sanctionnés puissent voir les droits de douane prendre fin s'ils mettent un terme aux pratiques dénoncées, ce qui est contraire au texte de loi. Se basant sur la communication même de Greer, ils estiment par ailleurs que lorsque la procédure a été annoncée pour rétablir des droits de douane, «il n'a été fait aucune mention de travail forcé».

«L'USTR a au contraire affirmé que l'enquête serait menée de manière à 'assurer la continuité' avec les droits de douane mis en place par le gouvernement», relèvent les plaignants. «Plutôt que de prendre des mesures qui pourraient réellement combattre le travail forcé, l'USTR est parvenu à une conclusion inévitable afin d'imposer des droits de douane proches de ceux» qui avaient été annulés, a dénoncé dans un communiqué la procureure générale de l'Etat du Delaware, Kathy Jennings, qui fait partie des plaignants.

Donald Trump a fait des droits de douane la pierre angulaire de sa politique économique, y voyant un instrument pour inciter à la fois les entreprises à relocaliser, protéger certains secteurs clés de l'industrie américaine et financer des baisses d'impôts pour les Américains. (jzs/ats/afp)

Il imite Trump à la perfection pendant son discours
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
3 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
3
La guerre de Poutine contre le porno a fait une nouvelle victime
Sonya Marmeladova, 21 ans, star russe d'OnlyFans, a été condamnée à Moscou pour avoir diffusé des vidéos explicites en ligne. Elle écope d'environ 51 300 francs d'amende, et n'a plus le droit d'utiliser internet pendant trois ans. Un exemple parmi d'autres de la guerre contre la «décadence» que mène le Kremlin.
Tout le monde le sait, désormais: la guerre de Poutine est une guerre hybride. C'est-à-dire aussi culturelle. Ainsi, sans grandes surprises, dans l'élan (amorcé bien avant l'invasion de l'Ukraine) du «retour» aux valeurs «traditionnelles» de la Russie, le porno et tout type de contenus explicites se retrouvent dans le viseur du Kremlin.
L’article