«Nous sommes en train de terminer cette guerre»
Ouvertement critique des «guerres sans fin» et des «changements de régime» il y a encore quelques mois, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, défend aujourd'hui à tous crins l'offensive contre l'Iran décidée par Donald Trump.
Les objectifs de cette guerre demeurent flous, différentes versions se superposent pour la justifier, et sa durée reste incertaine: voilà le type de conflits dans lesquels Pete Hegseth, ancien officier d'infanterie devenu présentateur sur la chaîne Fox News, a combattu et qu'il a dénoncés, mais qu'il défend maintenant avec ferveur.
Une situation différente de celle de l'Irak
«L'Amérique gagne, résolument, implacablement et sans pitié», a-t-il revendiqué mercredi en conférence de presse avant d'ajouter:
Pourtant, en décembre encore, Pete Hegseth affirmait que le Pentagone «ne se laisserait pas distraire par l'interventionnisme au nom de la démocratie, les guerres sans fin, les changements de régime». A un forum sur les questions de défense, il exposait:
Moins de trois mois plus tard, les Etats-Unis, avec Israël, sont entrés en guerre contre l'Iran et le conflit s'étend maintenant à de nombreux pays du Moyen-Orient.
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«Depuis 47 longues années, le régime islamiste et expansionniste de Téhéran a mené une guerre sauvage et unilatérale contre l'Amérique. Nous n'avons pas déclenché cette guerre», a défendu le ministre dans la semaine avant d'asséner:
Une cinquième opération militaire
«Aux médias et à la gauche qui hurlent à la guerre sans fin: ce n'est pas l'Irak. Ce n'est pas sans fin», a lancé celui qui a passé plus de 18 ans dans la Garde nationale, et a servi en Irak et en Afghanistan.
La guerre contre l'Iran est la cinquième opération militaire américaine majeure depuis que Pete Hegseth est devenu ministre de Donald Trump. Avaient précédé des frappes contre les rebelles houthis au Yémen, une première intervention en juin en Iran contre trois de ses sites nucléaires, une campagne de frappes qui s'étire contre des bateaux présentés comme impliqués dans le narcotrafic, majoritairement dans les Caraïbes, et la spectaculaire capture du président vénézuélien Nicolas Maduro début janvier.
Avant l'Iran, le coût humain pour l'armée américaine, dont les hautes sphères ont été largement renouvelées depuis le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, s'était limité à des blessés pendant son intervention au Venezuela. Mais six de ses militaires basés au Koweït ont été tués par la riposte de Téhéran.
De vives critiques contre les médias
L'ex-présentateur télé de 45 ans s'en est pris aux médias dans la semaine en leur reprochant de mettre l'accent sur les événements négatifs de la guerre et de «passer à côté» de ce qu'il estime comme la réussite globale de l'offensive menée avec Israël. En accusant les médias de vouloir «donner une mauvaise image du président», il a argumenté:
La première année dans le costume de ministre de Pete Hegseth, nouveau venu en politique, s'est accompagnée d'une série de polémiques. Dès sa nomination validée de justesse par le Sénat, entre accusation d'agression sexuelle datant de 2017 soldée par un accord financier, consommation excessive d'alcool et manque d'expérience pour un portefeuille le plaçant à la tête de l'armée la plus puissante du monde.
Deux autres dossiers l'ont fragilisé. Celui du «Signalgate», quand le magazine The Atlantic a révélé qu'il avait partagé en mars dans un groupe de discussion Signal entre hauts responsables américains l'heure de frappes prévues au Yémen quelques heures avant qu'elles n'aient lieu.
Et celui d'autres frappes aériennes ayant tué deux hommes qui avaient survécu à une première salve, cette fois dans le cadre de la campagne militaire menée depuis septembre par Washington dans les Caraïbes et le Pacifique contre des bateaux présentés comme impliqués dans le narcotrafic.
