Trump retrouve l’Irlande pour parler diplomatie et jouer au golf
Donald Trump est arrivé samedi en Irlande pour une visite de deux jours consacrée surtout au golf avec un bref interlude diplomatique, un déplacement qui brouille une nouvelle fois la frontière entre sa fonction présidentielle et ses intérêts privés.
L'avion présidentiel américain, un appareil offert par le Qatar, s'est posé peu avant 08h25 locales à l'aéroport de Dublin.
Au moins 4000 policiers et membres des forces de sécurité irlandaises sont mobilisés pour cette visite, présentée comme l'une des plus importantes opérations de sécurité jamais menées en Irlande, avec une lourde facture estimée à 20 millions d'euros.
Des opposants à Donald Trump doivent manifester à Dublin, où le chef d'Etat américain va commencer par faire une rapide visite à la présidente Catherine Connolly.
Cette dernière a une fonction essentiellement protocolaire mais sa rencontre avec le président américain, qui se déroulera sans journalistes, est néanmoins attendue avec curiosité.
Figure de la gauche anti-Otan, Catherine Connolly a ouvertement critiqué le dirigeant républicain par le passé.
Energie et Palestine
«Elle avait manifesté contre sa dernière visite en 2019, et ses partisans s'attendent à un geste. Mais elle sait aussi qu'elle ne doit rien faire ni dire qui puisse nuire aux relations» entre les deux pays, souligne Eoin O'Malley, politologue à la Dublin City University.
Le fils du président américain, Eric Trump, a dit à la chaîne irlandaise RTE s'attendre à ce que la rencontre se passe «exceptionnellement bien», tout en ajoutant:
Le locataire de la Maison Blanche doit ensuite s'entretenir avec le Premier ministre irlandais Micheal Martin, avant de rejoindre son complexe hôtelier et golf de Doonbeg, sur la côte ouest, où se déroule l'Irish Open.
L'entrevue avec le Premier ministre pourrait porter sur les questions d'énergie – Donald Trump presse l'Irlande d'acheter davantage de gaz naturel liquéfié américain – mais aussi sur l'Ukraine, le Moyen-Orient ou le commerce.
Le président américain a reçu deux fois le chef du gouvernement irlandais dans le Bureau ovale, et les deux hommes semblent entretenir de bonnes relations.
Les positions du gouvernement irlandais divergent toutefois de celles de l'administration Trump sur plusieurs dossiers, notamment la question palestinienne, dont Dublin est l'un des plus fervents soutiens en Europe.
Mais la priorité de Donald Trump pour ce voyage n'est pas la diplomatie.
«Il vient essentiellement visiter le complexe de golf qu'il possède, avec un passage à Dublin pour une visite de courtoisie», a déclaré à l'AFP Daniel Geary, professeur d'histoire américaine au Trinity College de Dublin.
Mélange des genres
Le milliardaire de 80 ans fait ouvertement la promotion des activités de golf de sa holding familiale depuis son retour à la Maison Blanche pour un second mandat, en janvier 2025, sans se soucier des critiques récurrentes autour de ce mélange des genres.
Pour Richard Painter, professeur de droit à l'Université du Minnesota, «cela ne va pas aider le Parti républicain lors des élections de mi-mandat», prévues en novembre, «de voir le président parcourir ses terrains de golf et les promouvoir auprès des plus fortunés».
Les conservateurs redoutent de perdre le contrôle du Congrès, à cause du mécontentement des Américains face au coût de la vie, à la guerre en Iran et plus généralement face à leur président.
La présence de Donald Trump à Doonbeg, un site côtier isolé du comté de Clare acheté par la Trump Organization en 2014, vient compliquer le dispositif de sécurité.
Quelque 40 000 spectateurs sont attendus sur le site pendant le week-end. Le joueur vedette de la compétition est Rory McIlroy, six fois vainqueur d'un tournoi majeur et actuellement deuxième joueur mondial.
Ce golfeur nord-irlandais, qui a déjà joué avec Donald Trump, a déclaré cette semaine que la présence de ce dernier rendrait le tournoi «différent». «Mais nous sommes là pour disputer un tournoi de golf, le parcours est bon, et nous devons rester concentrés et jouer», a-t-il déclaré à la BBC.
Le président américain pourrait choisir de remettre lui-même le trophée au vainqueur dimanche soir. (tib/ats)
