Trump assure (encore) qu'un accord a été trouvé, l'Iran dément
Donald Trump a annulé jeudi des frappes américaines prévues le jour même contre l'Iran avant d'assurer qu'un «très bon accord» avait été trouvé, évoquant même une possible signature en Europe dès ce week-end. La diplomatie iranienne a toutefois peu après assuré que Téhéran n'avait pas encore décidé s'il était prêt à le signer.
Selon CNN, Trump aurait même déclaré:
Et d'ajouter: «Ils ont accepté de renoncer à leur programmer nucléaire, ce qui était le but de tout cela. C'était 95% de cet objectif».
Donald Trump a précisé qu'il n'assisterait pas à la signature de cet accord, mais qu'elle aurait lieu en présence de son vice-président, JD Vance, possiblement dès ce week-end.
L'arme nucléaire en question
Le dirigeant républicain a également déclaré qu'il pensait que le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, avait validé ce qu'il a qualifié «d'accord-cadre très solide» (memorandum of understanding) avec les Etats-Unis.
Il n'a toutefois donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
Le bureau du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a fait savoir de son côté sur X que Donald Trump avait promis que tout accord final inclurait notamment «l'élimination de l'uranium enrichi» de Téhéran.
Le moment et le lieu «bientôt annoncés»
«Prenant acte du fait que les discussions avec la République islamique d'Iran ont été vues et approuvées par les plus hautes autorités iraniennes, j'ai annulé les frappes et les bombardements qui étaient prévus contre l'Iran ce soir», avait écrit plus tôt jeudi Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Avant de changer radicalement de cap, Donald Trump avait promis de frapper «très fort» l'Iran dans la soirée de jeudi, menaçant notamment de «prendre l'île de Kharg», son principal terminal pétrolier.
Une 39e annonce d'accord
Le principal négociateur de Téhéran, Mohammad Bagher Ghalibaf, avait fustigé des «stratégies inadaptées et des décisions impulsives» et dessiné la perspective d'un «bourbier sans fin» pour les Etats-Unis.
Mardi, Donald Trump avait déjà promis un accord imminent avec l'Iran - pour la 38e fois depuis le début du conflit selon un décompte de CNN -, avant de changer de ton le lendemain, accusant les Iraniens de «mener en bateau» les Etats-Unis.
L'horizon d'une entente a immédiatement fait chuter les cours du pétrole, le baril de Brent de la mer du Nord s'affichant juste au-dessus des 90 dollars à la clôture, et son équivalent américain à 87,71 dollars.
Détroit d'Ormuz verrouillée
Sur le terrain, l'armée américaine a indiqué avoir ciblé dans la nuit de mercredi à jeudi «des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays».
Le très stratégique détroit d'Ormuz, par lequel passait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde, a concentré les tensions: l'autorité maritime iranienne a annoncé le fermer totalement «jusqu'à nouvel ordre», alors que le passage d'une vingtaine de navires par jour était jusque-là autorisé.
L'Iran le verrouille depuis le début du conflit le 28 février, les Etats-Unis imposant en retour un blocus des ports iraniens.
(afp/acu)
