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Groenland: rencontre à haut risque à la Maison-Blanche

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Jens-Frederik Nielsen, chef du gouvernement groenlandais, et Mette Frederiksen, première ministre du DanemarkKeystone

Groenland: rencontre à haut risque à la Maison-Blanche

Alors que Donald Trump accroit sa pression sur le territoire, son vice-président, JD Vance, reçoit des dirigeants danois et groenlandais ce mercredi à Washington.
14.01.2026, 07:2614.01.2026, 07:29

Des dirigeants du Danemark et du Groenland rencontreront mercredi à la Maison-Blanche le vice-président américain JD Vance pour une réunion sous haute tension concernant l'avenir de ce territoire autonome. Vance avait tenu des propos très durs envers Copenhague l'an dernier.

En amont, le premier ministre groenlandais a prévenu mardi, au cours d'une conférence de presse avec son homologue danoise Mette Frederiksen, qu'il choisirait de rester au sein du royaume du Danemark plutôt que de rejoindre les Etats-Unis qui convoitent le Groenland.

Le président américain Donald Trump a encore accru les inquiétudes danoises et groenlandaises ces derniers jours, déclarant dimanche qu'il s'emparerait «d'une manière ou d'une autre» de cette immense île arctique, qui lui répète ne pas être à vendre.

«Nous sommes confrontés à une crise géopolitique et si nous devons choisir entre les États-Unis et le Danemark là, maintenant, nous choisissons le Danemark», a dit le chef du gouvernement groenlandais Jens-Frederik Nielsen à l'occasion d'un déplacement à Copenhague.

«Le Groenland n'appartiendra pas aux États-Unis. Le Groenland ne sera pas dirigé par les États-Unis. Le Groenland ne fera pas partie des États-Unis»

A ses côtés, Mette Frederiksen a estimé qu'il n'avait pas été facile de résister à ce qu'elle a qualifié de «pression totalement inacceptable de la part de notre plus proche allié». «Beaucoup de choses indiquent que le plus dur est désormais devant nous», a-t-elle ajouté.

Une visite polémique

Demandée par la cheffe de la diplomatie groenlandaise Vivian Motzfeldt, la réunion aura finalement lieu mercredi à la Maison-Blanche en présence du vice-président américain, du secrétaire d'Etat Marco Rubio et du ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen.

Au printemps, après que le Donald Trump avait déjà émis le souhait de prendre le contrôle du Groenland, JD Vance avait annoncé une visite, non sollicitée, dans ce territoire. Face à la levée de boucliers que cela avait entraîné, il l'avait circonscrite à la base aérienne américaine de Pituffik, dans le nord-ouest.

FILE - Vice President JD Vance arrives at Pituffik Space Base in Greenland, March 28, 2025. (Jim Watson/Pool via AP, File)
Greenland US History
JD Vance au GroenlandKeystone

Il avait alors fustigé la faiblesse de l'engagement danois au Groenland et sur la sécurité arctique, qualifiant le Danemark de «mauvais allié», suscitant l'ire de Copenhague. Fervent héraut du trans-atlantisme, ce royaume scandinave a notamment envoyé des troupes auprès des Américains en Irak et en Afghanistan.

Un «lieu stratégique»

Pour Nuuk et Copenhague, cette rencontre doit permettre de dissiper des «malentendus», que ce soit sur la défense, la présence chinoise ou leurs relations bilatérales.

«Pour un auditeur américain non informé, les pourparlers en cours entre le Danemark et le Groenland ont pu donner l'impression qu'une sécession du Groenland vis-à-vis du Danemark était imminente et je peux comprendre que, dans une telle situation, il aurait semblé préférable aux Américains de s'emparer de ce lieu stratégique», a expliqué Mikaela Engell, une spécialiste de ce territoire arctique et ancienne représentante du Danemark sur place.

«Ces discussions durent depuis des années et des années et cela n'a jamais signifié que le Groenland était sur le point de claquer la porte»

Face aux critiques américaines sur son engagement militaire, très insuffisant face à la Russie et à la Chine, selon Washington, le gouvernement danois a récemment rappelé avoir investi près de 90 milliards de couronnes (12 milliards d'euros) pour renforcer sa présence militaire dans l'Arctique.

Frederiksen a à nouveau souligné la «volonté absolument inébranlable du Royaume du Danemark de faire tout ce que nous pouvons pour garantir la dimension de sécurité politique» dans cette partie du globe. Pour elle, la présence de l'Otan au Groenland est la meilleure défense contre la Chine et la Russie dans cette région.

Soutien en Europe

Lundi, la cheffe de la diplomatie groenlandaise participera à une réunion avec le secrétaire général de l'Alliance atlantique Mark Rutte, annoncée par le ministre danois de la Défense Troels Lund Poulsen, pour discuter de la sécurité dans l'Arctique.

Danemark et Groenland misent sur l'Otan pour assurer la défense de cette île. France et Allemagne ont, avec l'Italie, le Royaume-Uni, la Pologne et l'Espagne, exprimé leur soutien à Nuuk et Copenhague.

Après une rencontre avec le secrétaire d'Etat Marco Rubio lundi, le chef de la diplomatie allemande Johann Wadephul a affirmé qu'une annexion par la force du Groenland par les Etats-Unis ne lui semblait pas «sérieusement envisagée». (jzs/ats)

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