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Quatre choses à savoir sur le Groenland

NUUK, GREENLAND - AUGUST 13: United Airlines will begin direct flights from Newark to Nuuk, Greenland, starting June 14.(Photo by Lasse Kyed/For The Washington Post via Getty Images)
Nuuk, la capitale du Groenland.Image: The Washington Post

Quatre choses à savoir sur le Groenland

Présence militaire américaine, investissements du Danemark, menaces russes et chinoises, indépendance... Tour d'horizon de quatre enjeux cruciaux autour du Groenland, convoité par Donald Trump.
07.01.2026, 16:0907.01.2026, 16:09

Que prévoit l'accord de défense sur la présence américaine au Groenland? Quels investissements a promis le Danemark? Y a-t-il de réelles menaces russe et chinoise? Qui veut l'indépendance du territoire arctique?

Voici quelques réponses aux quatre grandes questions qui se posent, à l'heure où le président américain lorgne le territoire.

La présence militaire américaine

En 1941, en pleine Seconde guerre mondiale, le Danemark occupé autorise, pour la durée du conflit, les Etats-Unis à construire et opérer des bases militaires sur l'île arctique pour protéger le continent américain contre d'éventuelles agressions.

A la fin de la guerre, les Etats-Unis possèdent 15 bases militaires au Groenland. Ils n'en reste qu'une, la base aérienne de Pituffik sur la côte nord-ouest de l'île, visitée au printemps par le vice-président américain JD Vance. Cette installation, située sur la trajectoire la plus courte des missiles entre la Russie et les États-Unis, constitue un maillon crucial de la défense antimissile américaine.

Le Groenland «est un élément important de la protection de la sécurité nationale des États-Unis (...) les États-Unis vont peut-être augmenter leur présence militaire au Groenland, mais cela est déjà possible dans le cadre de l'accord actuel», explique Marc Jacobsen, maître de conférences au Collège royal de Défense danois.

Depuis 1951, un accord de défense, actualisé en 2004, donne quasiment carte blanche aux forces armées américaines sur le territoire groenlandais, si elles préviennent en amont les autorités.

«Le gouvernement des États-Unis consultera et informera le gouvernement du Royaume du Danemark, y compris le gouvernement autonome du Groenland, avant la mise en oeuvre de tout changement significatif des opérations ou des installations militaires des États-Unis au Groenland»

Précise son article 3.

Ce que les Danois investissent dans la sécurité

Pour Donald Trump, le Danemark a échoué à assurer la sécurité de l'île arctique de 2,2 millions de km2 – l'équivalent d'un cinquième de la superficie du continent européen.

Depuis un an, Copenhague a fortement renforcé ses investissements au Groenland. En 2025, le Danemark a alloué 1,2 milliard d'euros à la sécurité dans la région, a rappelé lundi sa Première ministre Mette Frederiksen, et pas seulement des traineaux, contrairement aux propos de Trump.

Toutefois, la patrouille Sirius, en charge de la défense de la gigantesque région du nord-est (972'000 km2 quasiment sans habitants) se déplace en traineau sur les étendues glacées. Elle compte douze militaires et près de 70 chiens.

Plus généralement, à travers le territoire autonome, recouvert à 81% de glaces, la défense danoise va se doter de cinq nouveaux navires arctiques, d'un radar d'alerte aérienne, de drones et d'avions de patrouille maritime.

Un câble sous-marin entre le Groenland et le Danemark va aussi être posé. Le territoire de 57'000 habitants est actuellement relié par deux câbles, l'un à l'Islande et l'autre au Canada.

Une menace chinoise et russe?

Un récent rapport des services de renseignement militaires danois notait que Russie, Chine et Etats-Unis cherchent tous trois à jouer un «rôle plus important» dans l'Arctique. En août 2025, deux bateaux de recherche chinois ont opéré dans l'Arctique, au nord des États-Unis et du Canada, à 1000 km au nord-ouest du Groenland.

«C'est important que Donald Trump comprenne qu'il n'y a pas de navires russes et chinois le long des côtes du Groenland»
Marc Jacobsen, maître de conférences au Collège royal de Défense danois

En outre, la Chine est quasi absente de la vie économique groenlandaise. L'entreprise semi-publique chinoise Shenghe Resources est actionnaire majoritaire de la compagnie minière australienne Energy Transition Minerals qui veut exploiter un gisement de terres rares dans le sud du Groenland, projet actuellement suspendu.

«Le gouvernement groenlandais avait présélectionné une grande entreprise publique chinoise pour fournir un soutien technique à la construction de nouveaux aéroports il y a huit ans, mais le Danemark et les États-Unis ont proposé de financer les aéroports à condition que l'entrepreneur chinois ne soit pas retenu»
Jesper Willaing Zeuthen, maître de conférence à l'Université d'Aalborg

Qui veut l'indépendance?

Nuuk et Copenhague le répètent, le Groenland n'est pas à vendre et décide de son futur. Il est dirigé par une coalition qui n'envisage pas, dans l'immédiat, de couper les ponts avec le Danemark pour devenir un Etat de plein-droit. Chantre d'une indépendance rapide, le parti Naleraq, arrivé deuxième aux législatives de mars, n'est pas au gouvernement.

Si certains de ses membres veulent négocier directement avec les Etats-Unis, sans l'autorité de tutelle danoise, sa ligne officielle est que «Naleraq ne veut pas que les Groenlandais deviennent américains. Tout comme nous ne voulons pas être danois».

Il y a un an, 85% des Groenlandais s'étaient dits opposés à leur rattachement aux États-Unis, selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise.

(ats/afp)

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