Publication massive de documents sur Epstein par la Justice américaine
Le ministère américain de la Justice a entrepris vendredi la publication d'une masse de documents supplémentaires concernant Jeffrey Epstein.
Le ministère affirme avoir ainsi respecté l'obligation imposée à l'administration Trump de faire toute la transparence sur ce dossier politiquement explosif.
Ancien avocat personnel de Donald Trump, dont la proximité avec Jeffrey Epstein est avérée, lorsque les deux hommes évoluaient dans la jet-set de New York dans les années 1990, il a nié toute implication de la Maison Blanche dans ce processus.
«Comme nous l'avons dit en juillet, si nous, au ministère de la Justice, avions des informations sur des hommes qui ont exploité sexuellement des femmes, nous les inculperions», a-t-il assuré.
Il faisait référence à un memorandum publié conjointement en juillet par le ministère et le FBI, la police fédérale, concluant à l'absence d'élément nouveau dans le dossier qui justifierait la publication de documents supplémentaires ou de nouvelles poursuites.
L'annonce avait enflammé la base «MAGA» de Donald Trump qui voit dans l'affaire Epstein, terreau fertile pour les théories du complot les plus échevelées, la confirmation de ses suspicions sur la dépravation et la corruption des élites.
Des victimes présumées de Jeffrey Epstein ont affirmé vendredi dans un communiqué que les derniers documents publiés «exposaient» les femmes exploitées «tandis que les hommes qui nous ont abusées restent cachés et protégés».
«Fin du processus»
Au total, près de 3,5 millions de pages de ce dossier titanesque ont été publiées par le gouvernement depuis décembre sous la contrainte d'une loi votée par le Congrès, a relevé Blanche.
Une fois son rapport remis au Congrès et les justifications des caviardages des documents publiées au Journal officiel, «le ministère aura rempli ses obligations fixées par la loi», selon cette lettre signée par la ministre, Pam Bondi, et Blanche.
Hormis la complice de Jeffrey Epstein, Ghislaine Maxwell, qui purge une peine de vingt ans de prison, les images et vidéos de toutes les femmes ont été masquées, a précisé Todd Blanche.
L'élu démocrate Ro Khanna, un des coauteurs de la loi, s'est dit «content que ces documents soient publiés», après des semaines d'attente.
«Menteur»
Les publications précédentes ont surtout éclairé le réseau spectaculaire de Jeffrey Epstein, richissime financier retrouvé pendu dans sa cellule en 2019 à New York avant de devoir être jugé pour avoir monté un système d'exploitation sexuelle de jeunes filles mineures.
Un brouillon de courrier électronique de Jeffrey Epstein diffusé vendredi évoque des relations extraconjugales de Bill Gates, dont le divorce avec son épouse Melinda avait notamment été motivé par ses relations avec le financier américain.
La Fondation Gates a démenti dans un communiqué aux médias:
Un échange datant de fin septembre 2010 met lui en lumière les liens entre Jeffrey Epstein et l'ex-prince Andrew, qui invitait alors le premier à Buckingham Palace, sans que les documents ne précisent si les deux hommes se sont vraiment rencontrés à cette occasion. Le financier avait été libéré le mois précédent de son assignation à résidence après une condamnation pour prostitution de mineure.
Donald Trump, pour sa part, reconnaît avoir fréquenté Epstein à l'époque mais assure avoir rompu avec lui avant qu'il ne soit inquiété par la justice.
Le ministère de la Justice a justifié la diffusion au compte-gouttes et le caviardage de nombreux documents, autorisé sous conditions par la loi, par la nécessité de protéger les victimes.
Parmi les documents publiés en décembre, des photos de l'ancien président démocrate Bill Clinton en compagnie de Jeffrey Epstein ou de femmes aux visages dissimulés avaient en particulier retenu l'attention. Bill Clinton a également toujours nié avoir eu connaissance des crimes du financier. (dal/ats/afp)
