Trump a détruit les bureaux de sa femme et ne compte pas s'arrêter là
Les bureaux de l'administration américaine sont fermés depuis maintenant trois semaines. Mais un magnat de la construction ne se laisse pas arrêter par l'immobilisme bureaucratique.
Lundi, des pelleteuses ont investi la Maison-Blanche et des ouvriers ont entamé la démolition de l'aile est pour aménager un nouveau salon de réception de 250 millions de dollars.
Un projet qui surprend
Même pour Donald Trump, dont la présidence est riche en surprises, ce geste était inattendu. En effet, aucune autorisation n'a encore été délivrée pour l'extension prévue, un salon de réception pouvant accueillir jusqu'à 1000 invités.
De plus, Trump avait promis il y a quelques semaines que le salon de réception ne nuirait pas à la structure de la Maison-Blanche. L'extension de 8000 mètres carrés «ne touchera pas» son lieu de résidence et de travail, assurait-il.
Ce n'était pas exact. Comme le grand public n'a pas encore accès aux plans de construction du président, il est impossible de l'affirmer avec certitude. Seuls des croquis du salon de réception, prévu à l'aile est, ont été rendus publics jusqu'à présent.
Cette partie de la Maison-Blanche est normalement réservée à la première dame, où se trouvent les bureaux de Melania Trump et de ses conseillers. Toutefois, on ne sait pas à quelle fréquence l'épouse du président y séjourne, semblant préférer New York ou Palm Beach, en Floride.
Les contribuables épargnés par la facture
Les conseillers de Trump ont immédiatement rejeté les critiques sur le comportement autoritaire du président. D'une part, le nouveau salon de réception ne coûterait rien aux contribuables, le financement étant assuré par de grandes entreprises, comme Lockheed Martin ou Amazon, qui cherchent à séduire le président par des dons de plusieurs millions.
D'autre part, les travaux ont toujours fait partie de l'évolution de la Maison-Blanche, cet endroit unique mêlant résidence présidentielle et musée. Le porte-parole de Trump, Steven Cheung, a ainsi rappelé l'exemple du président Harry Truman, qui fit entièrement rénover la Maison-Blanche après la Seconde Guerre mondiale et dut vivre près de trois ans et demi dans la résidence des invités du gouvernement américain.
Le cœur de la Maison-Blanche a peut-être 225 ans, mais la plupart des parties du bâtiment, y compris le Bureau ovale, datent du siècle dernier. Truman avait toutefois obtenu au préalable l'accord du Congrès avant de lancer, en 1949, la grande rénovation. Le Sénat et la Chambre des représentants avaient approuvé la somme alors considérable de 5,4 millions de dollars pour les travaux, comme le révèle une lettre historique.
Prochain objectif: un arc de triomphe
Trump ne se laissera probablement pas freiner par ce genre de détails historiques. Durant son second mandat, il semble vouloir imprimer sa marque sur Washington aussi sur le plan architectural. Cela commence à la Maison-Blanche, où il a déjà réaménagé le Bureau ovale et taillé les rosiers du «Rose Garden». Sa prochaine cible est la construction d'un arc de triomphe à proximité du cimetière national des soldats d'Arlington, à la périphérie de Washington. Trump a déjà présenté un modèle du projet à la Maison-Blanche.
Mais ce n'est pas tout: les observateurs attentifs ont remarqué que Trump s'est récemment rendu à l'aéroport international de Washington, situé près de son parcours de golf en Virginie. Un allié politique du président a même suggéré que l'aéroport Washington Dulles International soit rebaptisé «Donald J. Trump International Airport».
Traduit et adapté par Noëline Flippe
