Les images de la tentative d'assassinat contre Donald Trump ont fait le tour du monde. On y voit notamment trois femmes, membre du Secret service, qui se jettent au sol pour protéger l'ancien président, avant de le conduire à la voiture qui l'évacuera quelques instants plus tard.
Une séquence en particulier a rapidement agité les internautes sur X, dans laquelle on voit l'une des agentes essayer de ranger péniblement son pistolet dans son étui.
Il n'en fallait pas plus à certains pour sauter sur l'occasion de remettre immédiatement en question la place des femmes au sein du United States Secret Service. Ce qui est globalement reproché aux trois agentes? D'être trop petites, trop maladroites, trop faibles physiquement pour être en mesure de protéger Donald Trump. Et de marteler que ce type de job devrait être réservé uniquement aux hommes.
DEI hire is dangerous pic.twitter.com/NcfZSfc98q
— MAGS (@TAftermath2020) July 14, 2024
D'autres internautes se sont cependant manifestés et ont exprimé leur désaccord.
Malgré les critiques de certains, après les événements de ce samedi 13 juillet, le Secret service assure, sur son site internet, faire de l'engagement des femmes au sein de ses rangs une priorité.
Il aura pourtant fallu attendre 106 ans avant que l'agence gouvernementale, fondée en 1865, ne décide de recruter pour la première fois des candidates. Dans les années 1900, celles qui souhaitaient faire carrière dans le Secret service n'étaient simplement pas recrutées, avec notamment comme argument le fait que de telles entités n'avaient pas besoin d'agentes.
Ce n'est qu'en 1971 que les choses ont finalement changé. Laurie Anderson, Sue Ann Baker, Kathryn Clark, Holly Hufschmidt et Phyllis Shantz sont les premières à prêter serment. A l'époque, il avait été souligné qu'on attendrait d'elles «qu'elles fassent tout ce que les hommes font, à salaire égal». C'est-à-dire? Enquêter sur des crimes financiers et assurer la protection des grands de ce monde, lorsqu'ils sont présents le territoire américain. Dont le président des Etats-Unis. A noter que cette mission spécifique est née en 1901, après l'assassinat, la même année, du président William McKinley.
Selon les derniers chiffres mis en avant sur le site de l'agence gouvernementale, les femmes composent désormais 24% des effectifs.
Autre décision qualifiée d'historique: celle prise en 2013 par le président de l'époque, Barack Obama, qui plaça à la tête des services secrets l'agente Julia A. Pierson. Une «étape importante» pour une «agence au passé chargé et à l'image hollywoodienne d'hommes à la Clint Eastwood, avec lunettes de soleil et oreillettes, qui protègent stoïquement» le chef du pays, écrivait le New York Times, en réaction à cette nomination.
Moins de dix ans plus tard, en 2022, Joe Biden suivra les traces de son prédécesseur et fera de Kim Cheatle la deuxième femme à occuper cette position. Peu avant sa nomination, celle qui avait déjà 28 ans de carrière au sein de l'agence gouvernementale confiait:
A la suite de la tentative d'assassinat de Donald Trump ce 13 juillet, Kim Cheatle devra désormais répondre à de nombreuses questions en lien avec la gestion de la sécurité lors de cet événement. Et, sans surprise, les trumpistes (dont le bruyant Elon Musk) appellent désormais à sa démission en raison des «failles» supposées durant le meeting.