Voici les revers qu'aurait subis l'armée américaine ce week-end
Lorsque le secrétaire à la Défense des États-Unis, Pete Hegseth, affirmait en mars que son pays avait acquis une «totale supériorité aérienne» sur l’Iran, nombre d’experts militaires avaient accueilli ces propos avec scepticisme. Depuis, les réseaux sociaux sont remplis d’images montrant des aéronefs américains pris pour cible.
Et, désormais, le constat s’impose: l’US Air Force vient de traverser des journées d’une gravité assez exceptionnelle, marquées par une succession d’incidents sérieux au-dessus de l’Iran et dans l’ensemble du Moyen-Orient depuis jeudi.
Avions abattus, hélicoptères touchés, drones détruits: ces pertes rapprochées pourraient-elles se traduire par un changement dans l'équilibre des forces?
L'opération de sauvetage
Le 3 avril, un F-15E Strike Eagle a été abattu au-dessus du territoire iranien, très probablement par la défense antiaérienne. L’appareil, déployé depuis une base européenne, s'est écrasé dans la province du Khouzistan, selon des responsables américains. L’un des deux membres d’équipage a été récupéré par les forces américaines samedi, l'autre dimanche.
Les médias d’État iraniens ont affirmé qu’il s’agissait d’un tir délibéré, présenté comme une «réponse à l’agression américaine». Ils ont diffusé des images de débris et appelé la population à retrouver le deuxième pilote samedi — avant qu'il ne soit finalement retrouvé par ses pairs.
Des hélicoptères de secours pris pour cible
Des hélicoptères HH-60W Jolly Green II, accompagnés d’avions HC-130, auraient été engagés pour retrouver l’équipage du F-15E.
Selon des responsables américains et des médias spécialisés, au moins deux hélicoptères auraient ainsi été touchés par des tirs iraniens, et endommagés. Ils auraient ensuite regagné des zones contrôlées par les forces américaines. Des images diffusées en ligne montreraient des tirs en direction des hélicoptères, attribués à des forces iraniennes et à des civils armés.
Un «phacochère» abattu
Le Vendredi saint, un avion d’attaque A-10 aurait également été perdu à proximité du détroit d’Ormuz. Cet appareil, surnommé phacochère, est utilisé pour des frappes contre des cibles au sol. Il se serait trouvé dans la zone au moment de l’incident.
Des informations contradictoires
Toujours selon les médias iraniens, deux drones américains MQ-9 Reaper auraient été abattus dans le sud du pays, près de Chiraz. Ces appareils sont notamment utilisés pour la surveillance et les frappes de précision.
Mais, selon plusieurs analystes, les images diffusées correspondraient plutôt à un drone chinois Wing Loong II, utilisé notamment par les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite.
Des incidents sans pertes confirmées
Un chasseur F-16 aurait émis le code transpondeur 7700, signal international de détresse, dans la zone frontalière entre l’Irak et l’Arabie saoudite. L’appareil aurait ensuite pu atterrir, selon des observateurs. Les autorités américaines n’ont pas précisé les causes de cet incident.
Et plusieurs événements impliquant des avions ravitailleurs ont été signalés ces dernières semaines. Le 29 mars, un KC-135 aurait émis un signal de détresse lors de son retour d’Israël. Le 12 mars, deux appareils du même type sont entrés en collision dans l’espace aérien irakien: l’un s'est écrasé, l’autre a rejoint Tel-Aviv avec des dommages importants.
Un hélicoptère touché au sol
Des images diffusées jeudi montreraient un hélicoptère de transport CH-47 Chinook touché par un drone iranien alors qu’il se trouvait au sol. Les autorités américaines n’ont pas commenté ces informations.
Selon l’Institute for National Security Studies, l’Iran aurait renforcé ses capacités de défense antiaérienne ces dernières années, notamment avec les systèmes Bavar-373 et des S-300 modernisés. Ces systèmes seraient destinés à limiter les capacités d’action aérienne des États-Unis et d’Israël.
L’ensemble de ces éléments s’inscrit dans un contexte de tensions de longue date entre les États-Unis et l’Iran. Alors que les États-Unis et Israël attaquent et cherchent évidemment à activement affaiblir les capacités militaires iraniennes depuis le début de la guerre cette année, l’Iran conserverait, de son côté, des moyens en matière de défense antiaérienne et de drones.

