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Coco, le site des violeurs de Gisèle Pélicot est revenu

Un site de viols refait surface avec «des vidéos toujours plus dures»

La plateforme Coco, sur laquelle échangeaient notamment les violeurs de Gisèle Pelicot, est de nouveau active deux ans après son interdiction. Une autre plateforme vient, elle, d’être mise hors ligne. Du moins pour le moment.
12.05.2026, 12:0112.05.2026, 14:54
Stefan Brändle

Le site internet coco.fr avait été interdit en 2024 pendant le procès Pelicot. Ceux qui pensaient que le fléau de ces lieux de rencontre numériques était désormais sous contrôle se trompaient: on découvre aujourd’hui que la plateforme sur laquelle les violeurs de Gisèle Pelicot avaient fait connaissance renaît sous une autre forme.

Le nom a légèrement changé pour devenir «cocoland», le propriétaire n’est plus le même, mais le contenu sordide reste identique: il s’agit, au fond, d’échanger des vidéos et des invitations à violer des épouses ou d’autres femmes rendues inconscientes.

Coco.fr, le site web de violeurs interdit est de retour avec cocoland
Le site web lié à l'affaire Pelicot est revenu sous un autre nom.Image: afp

Le quotidien régional Ouest-France a en effet révélé mi-avril le retour de ce forum consacré au libertinage et à l’échangisme. Le député écologiste Arnaud Bonnet a aussitôt demandé une réaction rapide de la justice. Le parquet a alors ouvert une enquête pour possibles faits de violences, séquestration et pédophilie. Cette dernière qualification fait suite à une expérience menée en caméra cachée par la chaîne BFM TV: un journaliste s’était inscrit en se faisant passer pour une fille de 13 ans et avait immédiatement reçu des vidéos à caractère sexuel.

Cocoland.fr a anticipé une éventuelle interdiction et n’était déjà plus actif lundi. Une seconde adresse, utilisant le nom de domaine modifié cocoland.info, a dénoncé une prétendue confusion, avant de se retirer elle aussi du réseau.

De nouvelles déclinaisons auraient déjà pris le relais, tant ce commerce est lucratif. Samedi, le gouvernement français a fermé à l’échelle nationale un site baptisé Motherless, sur lequel circulaient des vidéos de viols, de femmes droguées et de mineurs. «Ce n’était pas du contenu pour “adultes”, mais pour des criminels», a déclaré la ministre chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé.

Le site, dont les serveurs sont situés aux Pays-Bas, avait été mis hors ligne peu auparavant par les autorités. Les services de cybersécurité ne sont toutefois intervenus qu’après un reportage de CNN consacré à cette plateforme très rentable, active bien au-delà de la France.

Sur un autre forum baptisé «zzz», des hommes échangeaient des conseils sur les médicaments ou drogues les plus efficaces pour endormir une femme. «Internet et le darknet agissent comme une forme d’accélérateur», analysait pour nous le criminologue Dirk Baier. Selon lui, ces forums contribuent à banaliser les comportements illégaux.

La députée Sandrine Josso, elle-même victime d’une attaque par soumission chimique à Paris par un collègue sénateur, a qualifié ce site dans le reportage de CNN de «véritable académie du viol». Interrogée par notre média, l’activiste Maïté Meeus estime que la révélation de telles plateformes à travers l’affaire Pelicot constitue un tournant:

«Elle a montré que les agresseurs ne sont pas “l’inconnu dans une ruelle sombre”, mais qu’il peut s’agir du propre mari.»

De nombreux sites web comme coco.fr

En France, quatrième plus grand consommateur de contenus pornographiques, la police judiciaire a déjà poursuivi de nombreux autres sites depuis la fermeture de Coco il y a deux ans. Elle enquête actuellement sur des adresses comme chaat.fr ou chatiw.fr, plateformes qui se présentent comme de simples sites de rencontres et affichent d’elles-mêmes des avertissements contre les contenus pénalement répréhensibles afin d’éviter des sanctions des autorités. Sur Chatiw, on pouvait par exemple lire lundi ce conseil: «Ne jamais chatter en étant ivre.»

Mais cette modération ne serait qu’une façade, affirme la militante féministe Vigdis Morisse-Herrera. En réalité, les vidéos les plus extrêmes – viols et contenus similaires – génèrent les taux de clics les plus élevés. Comme dans le système de rémunération de YouTube, elles assurent aussi les profits les plus importants:

«Le curseur se déplace donc vers des vidéos toujours plus dures. Les gens ne recherchent plus des pornos artificiellement mis en scène, ils veulent des vidéos réelles.»

(trad. hun)

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