Un adolescent de 15 ans tué à Nantes dans un contexte de trafic de drogue
Un adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir dans une fusillade à Nantes, dans l'ouest de la France, où le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu vendredi matin face à ce nouvel épisode de violence lié au narcotrafic.
La fusillade, qui eu lieu vers 19h30 dans un immeuble d'un quartier populaire du nord de cette ville de plus de 300 000 habitants, a fait deux autres blessés âgés de 13 et 14 ans. Le garçon de 13 ans est dans un état grave mais ses jours ne sont pas en danger.
Arrivé sur place, le ministre de l'Intérieur a déclaré que la fusillade était «manifestement liée au trafic de drogue» et réitéré sa détermination «intacte et totale» dans la guerre contre le narcotrafic. Sur le lieu de la fusillade, il a assuré:
Plusieurs épisodes de violence liés au narcotrafic ont émaillé l'actualité en France, y compris dans des villes de taille moyenne ou réputées plus tranquilles comme Nice sur la côte d'Azur, faisant des victimes parmi des habitants sans histoire. Les autorités notent un rajeunissement des auteurs et des victimes du trafic.
Poursuivi jusqu'au 13e étage
L'adolescent décédé à Nantes a été abattu dans le hall d'immeuble et les tireurs ont poursuivi l'un des deux autres garçons jusqu'au 13e étage où il s'était réfugié dans un appartement, a fait savoir une source policière sur place. Les auteurs présumés des coups de feu, venus sur un deux-roues, ont ensuite pris la fuite.
Le procureur de Nantes, Antoine Leroy, a évoqué «un règlement de compte en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants» dans ce quartier populaire hérissé de barres d'immeubles.
Fin avril, un jeune homme avait été tué et un autre gravement blessé par balle dans le même quartier, des violences potentiellement liées au narcotrafic, avait alors indiqué le procureur de Nantes.
Partout
Dans le sud de la France, à Nice, les violences liées au narcotrafic ont fait onze victimes collatérales en moins de deux ans au quartier des Moulins. En juillet 2024, l'incendie criminel d'un immeuble, lié à un règlement de compte, avait décimé une famille comorienne sans histoire: sept morts dont trois enfants et un adolescent.
En octobre 2025, un tireur à bord d'une voiture avait mitraillé au hasard un soir sur la place des Amaryllis, tuant Oyshkur, père de famille tchétchène de 57 ans et Rayan, un Niçois de 20 ans.
Lundi dernier en plein après-midi, un homme arrivé en trottinette a tiré par rafales en direction d'un groupe sur cette même place, devant un café et un magasin de bonbons, tuant Ahmed, 57 ans, et Adilson, entraîneur de foot de 39 ans, tous deux pères de famille, et faisant six blessés, tous hors de danger mardi.
Face à cette montée en puissance du narcotrafic, le gouvernement a pris des mesures comme l'installation de quartiers ultra-sécurisés dans les prisons, ou la création d'un parquet spécialisé, le parquet anti-criminalité organisée (Pnaco), qui pilote depuis janvier les enquêtes les plus complexes liées au narcotrafic. (sda/ats/afp)
