L'Assemblée nationale française a tranché sur la taxe Zucman
Le PS, La France insoumise, les communistes et les écologistes avaient proposé un impôt minimum de 2% sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros, inspiré des travaux de l'économiste Gabriel Zucman: ce qui était surnommé la «taxe Zucman» a été rejetée par l'Assemblée nationale française, ce vendredi. Elle a été rejetée par 228 députés contre 172, et sa version dite «allégée» par 228 députés contre 171.
L'Assemblée a également rejeté une version de compromis proposée par le seul PS, proposant un impôt minimum de 3% à partir de 10 millions d'euros, mais en excluant les entreprises innovantes et familiales.
Laurent Wauquiez avait obtenu un autre motif de satisfaction, l'adoption d'une version atténuée de la taxe sur les holdings, à l'initiative de son groupe. Au point de la «vider de sa substance» selon plusieurs députés de gauche.
Cela «démontre qu'il n'y a absolument rien à négocier avec un pouvoir macroniste qui depuis le début, depuis qu'ils ont perdu les élections, décide d'appliquer leur programme», a de son côté grincé la cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot.
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure s'est lui demandé comment le gouvernement comptait trouver les «15 milliards d'euros» selon lui nécessaires pour expurger le budget de ses mesures les plus urticantes, sans que cela ne pèse sur les classes populaires. «Vous pouvez partir faire vos cartons», a quant a lui lancé le député LFI Matthias Tavel.
De son côté, le député socialiste Arthur Delaporte s'est dit «très inquiet parce que la pente prise n'est pas la bonne». Mais «il y a encore d'autres amendements qui arrivent, notamment sur le rétablissement de l'ISF. Donc le débat sur les recettes potentielles n'est pas fini», a-t-il souligné.
Lecornu satisfait
Le Premier ministre Sébastien Lecornu, a souligné son «profond désaccord» avec la gauche sur la taxe Zucman, rejetée un peu plus tôt en séance, et ses alternatives. Il estime qu'il n'existe pas «d'impôt miracle». «Vous voyez bien qu'il y a un désaccord profond sur la réalité des assiettes de ces amendements et de ces taxes», a déclaré le Premier ministre.
Il a appelé à un «changement de méthode» et demandé à ses ministres de réunir les représentants des groupes politiques pour tenter de trouver un terrain d'entente. A la recherche d'une voie de passage et face à la colère froide de la gauche, il s'est surtout dit prêt à renoncer au gel des pensions de retraite et des minimas sociaux, des mesures parmi les plus contestées de cette séquence budgétaire.
Dans leurs prises de parole, les députés de gauche ont souligné la part croissante en pourcentage du PIB des plus grandes fortunes, et la plus faible imposition des ultra-riches par rapport à la moyenne des Français.
(ats/acu)
