International
Guerre contre l'Ukraine

Pourquoi l'accord de paix en Ukraine a peu de chances d'aboutir

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est à court d'idées.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky est à court d'idées.Image: Peter Dejong

«Zelensky pourrait se retrouver pendu à un réverbère»

Dans les capitales occidentales, on évoque l'idée d'un rapprochement vers la fin de la guerre. Mais en Ukraine, peu de gens y croient réellement.
18.12.2025, 05:3418.12.2025, 05:34
Kurt Pelda, Oblast de Kharkiv / ch media

«Constructives» ou «productives», tels sont les termes diplomatiques employés pour qualifier les négociations entre Ukrainiens et Européens d'une part, et les Etats-Unis de l'autre.

C'est au mieux un euphémisme: sur les points essentiels, aucun rapprochement, et encore moins d'accord, n'a été enregistré. De plus, les discussions se déroulent actuellement sans la participation du Kremlin.

Les Etats-Unis et la Russie continuent d'exiger que l'Ukraine se retire sans combattre des dernières grandes villes de l'oblast de Donetsk. C'est la position sur laquelle le président russe Vladimir Poutine reste inflexible. La résistance est tout aussi ferme du côté de son homologue ukrainien Zelensky et d'une grande partie de la population.

Poursuivre la guerre aussi longtemps que nécessaire

Un sondage réalisé au cours des deux dernières semaines par le réputé Institut international de sociologie de Kiev montre qu'environ 75% des Ukrainiens rejettent catégoriquement le plan de paix russe, qui prévoit le retrait du Donbass, des restrictions pour l'armée ukrainienne et l'absence de garanties de sécurité claires.

Les propositions euro-ukrainiennes, à savoir geler le conflit le long de la ligne de front actuelle, avec des garanties de sécurité et sans reconnaissance formelle des territoires occupés comme russes, recueillent l'approbation de 72% des sondés, même si avec peu d'enthousiasme. La plupart des sondés (77%) estiment que la guerre ne se terminera pas avant le milieu de l'année 2026, et 63% se disent prêts à poursuivre le combat aussi longtemps que nécessaire.

Ces chiffres contrastent fortement avec l'optimisme de façade que diffusent les diplomates occidentaux. Politiciens et journalistes en Europe et aux Etats-Unis sont souvent influencés par la propagande russe, qui laisse penser que l'Ukraine a déjà perdu la guerre. Mais, sur le terrain, à proximité des lignes de front dans l'est du pays, il est difficile de trouver des éléments qui corroboreraient cette thèse.

Un net rejet des Ukrainiens

Un entrepreneur ukrainien, contraint par la guerre à réorienter sa production vers le secteur de l'armement, déclare:

«La ligne de front tient, et les Russes ne parviendront jamais à conquérir l'Ukraine»

Interrogé sur les différentes variantes de plans de paix, il ajoute:

«Si Zelensky signe un accord dicté par la Russie et les Etats-Unis, il pourrait bientôt se retrouver pendu à un réverbère»

Un peu plus mesuré, un journaliste récemment expulsé de sa ville dans le Donbass déclare:

«Les politiciens qui permettraient des cessions de territoire pourraient être poursuivis pénalement. La majorité des habitants du Donbass s'oppose à céder leurs terres aux Russes.»

Une stratégie de défense qui fonctionne

Un sous-officier adopte un regard beaucoup plus sombre sur les négociations et les perspectives d'avenir:

«Personne ne croit qu'il en sortira quelque chose de bon»
«Si l'Ukraine signe un tel traité de paix, qui garantira que les Russes ne nous attaqueront pas à nouveau dans trois, quatre ou cinq ans? Et quel aurait alors été le sens de notre combat? Pour quelle raison tant de morts, tant de blessés et de déplacés?»
«Tant que Poutine restera au pouvoir et que les Russes continueront de croire que nous, les Ukrainiens, sommes des fascistes, il n'y aura pas de paix»

Contrairement à ce que rapportent de nombreux médias occidentaux, la stratégie de défense ukrainienne fonctionne plutôt bien, malgré les erreurs, les difficultés et les pertes. Les forces ukrainiennes se retirent progressivement tout en infligeant aux Russes le maximum de pertes possibles.

Cela implique parfois de céder certaines localités lorsque leur défense n'est plus rentable. Jusqu'à présent, toutes les offensives des assaillants se sont heurtées à cet obstacle et se sont essoufflées.

Une paix qui paraît plus lointaine que jamais

Pour le moral des Ukrainiens, ce retrait lent, mais constant est éprouvant. C'est pour cette raison que des succès ponctuels, comme la récente opération éclair à Koupiansk dans l'oblast de Kharkiv, revêtent une importance particulière. Au centre de Koupiansk, jusqu'à 200 soldats russes ont été encerclés. D'autant plus embarrassant pour le Kremlin que celui-ci célébrait peu de temps auparavant la «prise» de la ville par les troupes russes.

Il reste à voir quelle sera la réaction de la Russie aux propositions des Ukrainiens et des Européens. Les déclarations faites jusqu'ici par Moscou ne laissent guère espérer une paix prochaine.

Traduit et adapté par Noëline Flippe

La guerre en Ukraine en images
1 / 18
La guerre en Ukraine en images
Un bâtiment en flammes après un bombardement russe, Kiev.
partager sur Facebookpartager sur X
Des drones russes traquent des civils en Ukraine
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Comme nous voulons continuer à modérer personnellement les débats de commentaires, nous sommes obligés de fermer la fonction de commentaire 72 heures après la publication d’un article. Merci de votre compréhension!
Des discussions ont lieu entre le Venezuela et les Etats-Unis
Des diplomates américains sont au Venezuela, signe d'une volonté de rétablir les relations diplomatiques rompues depuis 2019, moins d'une semaine après la capture par des troupes américaines de Nicolas Maduro.
Le gouvernement de la présidente par intérim du Vénézuela, Delcy Rodriguez, «a décidé d'entamer un processus exploratoire visant à rétablir les liens diplomatiques» entre son pays et les Etats-Unis, selon le ministre des Affaires étrangères Yvan Gil.
L’article