L’histoire de cette tablette remonte à 1913, lorsque des travaux pour un chemin de fer sur l’actuel territoire israélien dévoilent cet objet unique, gravé en alphabet paléo-hébraïque. Ignorant sa valeur, l’ouvrier qui la déterre, l’emporte chez lui et l’utilise comme… dallage. Ainsi, pendant près de 30 ans, ce vestige biblique sert d’élément utilitaire, jusqu’à ce qu’un archéologue israélien reconnaisse son importance et l'achète.
Depuis, la pierre a voyagé à travers les époques et les continents: d’une maison en Israël à un musée de la Torah à Brooklyn, avant de rejoindre la collection privée d’un amateur éclairé, son dernier propriétaire avant la vente. A présent, Sotheby’s affirme qu’il n’existe aucun autre exemplaire complet de ce genre détenu par des particuliers. Les rares fragments similaires sont jalousement conservés dans des musées.
La bataille pour cette tablette, qui remonterait selon Sotheby’s à une période entre l’an 300 et 800, a été féroce. Estimée initialement entre 1 et 2 millions de dollars, elle a été adjugée 4,2 millions, montant porté à 5 004 000 dollars après frais. Pourtant, les enchères ont été marquées par des doutes.
Même s’il reconnaît que cette pièce pourrait être authentique, d’autres, comme Christopher Rollston, spécialiste des langues anciennes, soulignent qu’il «n'y a aucun moyen de savoir» et de dater précisément un tel objet.
Pour Sotheby’s, ces interrogations ne ternissent pas l’importance de la tablette. La maison d’enchères affirme qu’elle a été étudiée par de nombreux experts et citée dans des publications scientifiques reconnues, dont la plus récente date de cette année.
Cependant, cette vente illustre les tensions récurrentes entre la valeur historique, spirituelle et marchande des artefacts religieux, en particulier ceux provenant d’une région au carrefour des civilisations et des conflits.(mbr/ats)