Les incendies sont de plus en plus dévastateurs en France
La France brûle. Depuis quelques semaines, le nombre de feux de forêt recensés à travers le pays ne cesse de grimper, tout comme les portions de végétations englouties par les flammes. Le brasier le plus imposant s'est déclaré mercredi dernier en Gironde, où il a déjà ravagé quelque 420 kilomètres carrés, soit près de deux fois la surface du lac de Neuchâtel. L'incendie poursuit sa progression, malgré les efforts des pompiers, et se rapproche désormais de Bordeaux.
Ce n'est pas un cas isolé. Dans les Pyrénées-Orientales, des feux ont brûlé près de 49 kilomètres carrés, tandis que les flammes ont parcouru 44 km2 dans la Drôme et environ 36 km2 dans les Landes. Citons également l'incendie de la forêt de Fontainebleau, près de Paris, qui a ravagé plus de 20 km2 de végétation avant d'être fixé, le 14 juillet dernier.
Jamais, au cours de ces deux dernières décennies, les incendies n'ont été aussi nombreux et aussi dévastateurs qu'en 2026. Cette année a déjà pulvérisé tous les records établis depuis vingt ans, alors qu'il reste encore deux mois avant la fin de l'été et qu'une nouvelle vague de chaleur vient d'être annoncée.
De quelques dizaines à plusieurs centaines de feux par an
Selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), 313 incendies se sont déclarés en France depuis le début de l'année, un chiffre encore jamais atteint auparavant. On constate que le nombre de feux a connu une brusque accélération à partir de 2017: de quelques dizaines de brasiers recensés chaque année, on est soudainement passé à plusieurs centaines. Malgré les fluctuations, la tendance est claire, comme le montre le graphique ci-dessous:
La surface brûlée par année suit la même évolution. Avant 2017, les variations sont faibles, et les zones endommagées ne dépassent pas les 80 km2. A partir de 2017, les chiffres montent en flèche et dépassent volontiers les 200, puis les 600 km2. Cette année, selon l'Effis, les flammes ont déjà parcouru près de 900 km2 de végétation.
Comme pour le nombre de feux, les fluctuations sont importantes, mais, à l'exception de 2018, le pays n'a plus connu des valeurs inférieures à celles enregistrées avant 2017.
Il convient de signaler que tous les pays européens ne connaissent pas une augmentation aussi nette. L'Espagne, actuellement frappée par des incendies dévastateurs, affiche une tendance similaire à celle documentée en France, mais d'autres Etats présentent une évolution plus contrastée. C'est le cas de l'Italie, de la Grèce ou du Portugal.
Canicule et sécheresse
Les surfaces brûlées en France ont doublé en trente ans, confirme le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), tout en soulignant que les moyens de lutte sont de plus en plus efficaces. La multiplication des vagues de chaleur explique ce paradoxe, ajoute l'institut:
Cette année ne fait pas exception. A l'image de la Suisse, la France est actuellement touchée par une forte sécheresse, conséquence notamment de la vague de chaleur historique qui a frappé l'Europe du nord en juin.
Et les choses ne vont pas s'arranger, bien au contraire. Selon les projections climatiques à long terme, écrit encore le CNRS, les journées à très forts risques de feux pourraient doubler d’ici 2050.
Genève réduit en cendres
Pour mieux comprendre l'ampleur des incendies qui frappent la France cette année, nous avons tracé les zones brûlées sur une carte de la Suisse. Résultat? La surface partie en fumée depuis janvier englobe l'entièreté du canton de Genève et de vastes portions du territoire frontalier.
Autre comparaison parlante: l'incendie qui a fait rage sur le territoire des communes de Bitsch et de Riederalp (VS) en 2023 a brûlé un peu plus d'un kilomètre carré de forêt, soit 900 fois moins que les ravages causés par le feu en France cette année.
