Les feux sont fixés à Fontainebleau, mais la vigilance reste maximale
Environ 950 pompiers appuyés par des moyens aériens ont poursuivi mercredi leur lutte pied à pied contre les incendies, fixés mais pas éteints, de la forêt de Fontaibleau, où Emmanuel Macron est attendu jeudi matin. Depuis dimanche, les flammes ont parcouru au total près de 2000 hectares de l'emblématique et fragile massif forestier, situé à 60 km au sud-est de Paris.
Emmanuel Macron s'y rendra jeudi matin pour remercier «l'ensemble des acteurs engagés sur le terrain» pour «leur mobilisation sans faille ces derniers jours», selon l'Elysée. Le président de la République «réaffirmera le plein engagement de l'État pour faire face à la saison exceptionnellement intense de feux de forêt que nous connaissons actuellement sur le territoire national».
Plus de 32'000 hectares ont été parcourus par le feu depuis le début de l'année en France, soit plus que durant toute la saison 2025 des incendies. Plus aucune région n'est épargnée.
Deux jeunes en détention provisoire
Mercredi, le parquet de Fontainebleau a annoncé avoir requis le placement en détention provisoire de deux jeunes majeurs, mis en cause pour des départs de feu constatés lundi. Ils sont mercredi soir en cours de présentation devant un juge d'instruction.
L'un d'eux, pompier volontaire à Fontainebleau, a d'abord avoué avoir «mis le feu à des brindilles avec un briquet et de l'essence», avant de revenir mercredi sur ses aveux, a indiqué à l'AFP la procureure Diane Ngomsik, confirmation une information de BFMTV. L'autre a admis «avoir accidentellement mis le feu en jetant sa cigarette» sur un autre lieu de départ de feu, selon la procureure.
L'information judiciaire les visant est ouverte pour des faits de «destruction par incendie». Sans antécédent judiciaire, ils sont suspectés de départs de feux distincts lundi, à Arbonne-la-Forêt pour le premier, et dans le secteur de la Faisanderie, près de la ville de Fontainebleau, pour le second.
«Un peu de honte»
Le sapeur-pompier volontaire a été «suspendu», a indiqué dans un communiqué le Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, qui a exprimé «sa plus vive consternation». Selon le commandant Paul-Edouard Laurain, porte-parole du Sdis, «les pompiers sont pudiques» sur ce sujet :
Lequel était dans les rangs «depuis moins d'un an», a-t-il déclaré à l'AFP.
Mercredi matin, plusieurs gendarmes du département spécialisés en recherche criminelle étaient présents pour collecter des preuves, a constaté une journaliste de l'AFP.
Les habitants de la commune du Vaudoué, partiellement évacuée dimanche, ont pu regagner leurs maisons après l'annonce mardi soir par le préfet que les feux étaient «fixés», même si non totalement «éteints».
Mercredi, «le vent a renforcé certains points, qui se sont réactivés, mais c'est normal», selon le colonel Sébastien Avenel, directeur adjoint du Sdis. «On a encore beaucoup de travail», mais «malgré tout le feu est encore contenu dans le périmètre».
«Viser chaque souche»
Mercredi, encore quelque 950 sapeurs-pompiers se sont relayés sur le terrain, dans le massif des Trois-Pignons et dans le secteur la Faisanderie. Si l'effectif au sol reste équivalent à celui de mardi, dans les airs le dispositif a été un peu allégé: trois Canadair, un Dash, deux hélicoptères bombardiers d'eau et un hélicoptère de commandement sont mobilisés.
Devant les députés, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a défendu mercredi la flotte aérienne disponible en France pour lutter contre les incendies. Il a estimé qu'elle figurait «parmi les plus performantes d'Europe» face aux critiques du RN et de LFI accusant les macronistes d'avoir annulé en 2024 la commande de deux CanaMacrondair.
En raison du sol tourbeux de la forêt, les pompiers vont devoir rester mobilisés plusieurs jours pour éviter les feux zombies. «Un feu de tourbe peut se propager (dans le sol) pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines et ressurgir parfois à plus d'une centaine de mètres du feu initial», a alerté mardi le préfet Pierre Ory.
Et «la tourbe nécessite beaucoup d'eau et de moyens puissants, comme les moyens aériens, pour aller noyer et viser de manière chirurgicale chaque souche», a relevé le colonel Avenel. (mbr/ats)
