Le Vatican présente un pavillon sonore à la Biennale de Venise
Des musiciens rock comme Brian Eno et Patti Smith, ainsi que des réalisateurs indépendants comme Jim Jarmusch et Alexander Kluge, figurent parmi les 24 artistes qui seront présentés dans le pavillon du Saint-Siège lors de la 61e Biennale d’art, du 9 mai au 22 novembre. L’exposition du pavillon du Vatican s’intitule «L’oreille est l’œil de l’âme».
Les œuvres commandées s’inspirent de la vie de Hildegarde de Bingen (1098-1179), abbesse médiévale, poétesse, guérisseuse et compositrice, canonisée par Benoît XVI et proclamée docteure de l’Eglise. Le pavillon, conçu par Hans Ulrich Obrist et Ben Vickers, sera installé dans le «Giardino Mistico» des Carmélites déchaussées, dans le quartier de Cannaregio, ainsi que dans le complexe Santa Maria Ausiliatrice, dans le quartier de Castello, a indiqué le Vatican.
Une exposition sous forme de prière sonore
L’exposition prendra la forme d’une prière en sons, invitant à la contemplation et à l’écoute. Dans le «Giardino Mistico», des installations sonores de 20 artistes internationaux seront présentées, parmi lesquels Brian Eno, Patti Smith, Jim Jarmusch et Meredith Monk. Les visiteurs découvriront les œuvres au moyen de casques audio, tandis qu’un instrument spécifique captera en temps réel les sons du jardin pour les intégrer à l’ensemble.
Il en résultera un paysage sonore immersif mêlant voix, musique, silence et nature.
Dans le quartier vénitien de Castello, le complexe Santa Maria Ausiliatrice sera transformé en un lieu de création et d’archives contemporaines. Il accueillera notamment des dispositifs sonores liés aux bénédictines d’Eibingen ainsi que la dernière grande œuvre du réalisateur Alexander Kluge.
Le projet sera complété par des contributions de l’architecte Tatiana Bilbao ainsi que par des recherches de l’Académie Sainte-Hildegarde.
Dans son ensemble, le pavillon s’inscrit dans la continuité des précédentes participations du Saint-Siège à la Biennale, poursuivant son ambition de faire dialoguer art, architecture et spiritualité. Il entend aussi marquer une prise de position face à l’accélération du monde contemporain, en plaidant pour une perception plus attentive et ouverte, fondée sur l’écoute. (tib/ats)
