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Des moustiques génétiquement modifiés résistent au paludisme

Le paludisme est d
Le paludisme est dû à un parasite (Plasmodium falciparum) transmis par les moustiques (image d'illustration).Keystone

Ces moustiques génétiquement modifiés donnent un nouvel espoir

Des chercheurs ont testé si des moustiques génétiquement modifiés peuvent bloquer les agents du paludisme. Les résultats sont encourageants.
19.12.2025, 11:5819.12.2025, 16:33
Stephanie Schnydrig / ch media

L’idée de modifier génétiquement des moustiques afin qu’ils ne transmettent plus le paludisme existe depuis plus de 20 ans. De nombreux spécimens de ce type ont depuis été étudiés en laboratoire, mais presque exclusivement avec des souches de parasites du paludisme cultivées en laboratoire. Jusqu'ici, on ignorait toutefois si ces moustiques modifiés seraient également efficaces contre les agents pathogènes aujourd’hui en circulation en Afrique, génétiquement très diversifiés.

Un consortium international de recherche, avec la participation de l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH) et sous la direction de l’Ifakara Health Institute en Tanzanie, vient désormais combler cette lacune majeure.

Les moustiques ont été modifiés de manière à produire dans leur organisme des molécules spécifiques capables de bloquer le développement du parasite du paludisme. Les agents responsables de la maladie peuvent encore s’installer dans le moustique, mais ils ne parviennent presque plus à se développer et n’atteignent plus les glandes salivaires.

Cette approche se distingue d’autres stratégies fondées sur des moustiques anti-paludisme génétiquement modifiés visant à éradiquer les populations de moustiques. L’objectif des chercheurs autour de Dickson Wilson Lwetoijera, directeur de programme à l’Ifakara Health Institute, est au contraire de laisser les moustiques évoluer dans la nature, tout en les transformant de manière à ce qu’ils ne puissent plus transmettre le paludisme. L’élément clé réside dans la technologie dite du «gene drive», qui permet de transmettre de façon fiable ces caractéristiques modifiées aux générations suivantes.

Du sang d’enfants infectés par le paludisme

Pour tester l’efficacité de la méthode, l’équipe a utilisé du sang d’enfants atteints par le paludisme dans des villages tanzaniens. Les chercheurs en ont extrait le parasite Plasmodium falciparum et ont constaté que les moustiques génétiquement modifiés bloquaient effectivement la croissance de l’agent pathogène dans presque tous les cas. C’est ce qu’ils décrivent dans la revue scientifique Nature.

Dans un communiqué accompagnant l’étude, ils soulignent que les résultats sont prometteurs. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires avant d’envisager des essais en conditions réelles. Désormais, «des évaluations complètes des risques, l’implication des autorités de surveillance et la poursuite de la consultation de la population sont au centre des priorités». L’objectif est de garantir la sécurité, l’efficacité et l’acceptation d’une éventuelle utilisation future.

Des essais de libération de moustiques génétiquement modifiés contre le paludisme ont déjà eu lieu de manière ponctuelle, les premiers remontant à 2019 au Burkina Faso. Ces moustiques présentaient toutefois un taux de survie plus faible, se propageaient moins bien et avaient un succès de reproduction réduit. Reste toutefois qu'à ce jour, aucune étude dans le monde n’a encore démontré que ces approches permettent de réduire efficacement la transmission du paludisme chez l’être humain.

Traduit de l'allemand

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