Voici qui est «l’homme le plus puissant d’Iran»
Mohammad Bagher Ghalibaf, le président du Parlement iranien, s’est imposé comme le dirigeant le plus en vue de la République islamique après l'assassinat de nombreux hauts responsables, et semble jouer un rôle clé dans la conduite de la guerre.
Le pouvoir de ce pilier de l’establishment depuis près de trois décennies s'est encore renforcé après la mort du guide suprême Ali Khamenei et du chef de la sécurité Ali Larijani, selon les experts.
Une nouvelle figure de proue pour l'Iran
Farzan Sabet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève, indique:
Il dispose, selon lui, «de solides liens trans-factions et institutionnels», établis lors de ses passages chez les Gardiens de la révolution, à la tête de la police de Téhéran, à la mairie de la capitale et à la présidence du Parlement.
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Alors que le fils et successeur d'Ali Khamenei, Mojtaba Khamenei, probablement blessé, n’est pas apparu en public et n’a publié que trois déclarations écrites, Mohammad Bagher Ghalibaf multiplie les messages sur X et a accordé plusieurs interviews.
Il a notamment pris la parole à la télévision iranienne mercredi et expliqué:
Cependant, sans doute conscient de la menace qui pèse sur sa propre sécurité, il ne s’est pas, contrairement au défunt Ali Larijani, montré publiquement lors du rassemblement en soutien à la cause palestinienne vendredi dernier.
Arash Azizi, enseignant à l’université de Yale, a estimé:
Car c'est «une figure rare dont le portefeuille chevauche les fonctions militaires, sécuritaires et politiques du régime».
Un glorieux parcours militaire et politique
A 64 ans, Mohammad Bagher Ghalibaf a accumulé une vaste expérience à la fois militaire et civile.
Connu pour son ambition farouche, il s’est présenté à plusieurs reprises à l’élection présidentielle sans jamais réussir, notamment lors du scrutin de 2005 où il a été évincé au profit de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.
Pilote qualifié, Ghalibaf a combattu pendant la guerre Iran-Irak de 1980 à 1988, gravissant les échelons pour atteindre le sommet de la hiérarchie militaire à la fin des années 1990, lorsqu’il est devenu commandant des forces aérospatiales naissantes des Gardiens.
Il a ensuite été nommé commandant de la police nationale en 1999. Après sa défaite à la présidentielle de 2005, il est élu maire de Téhéran, poste qu'il occupe 12 ans.
L'un des décisionnaires des répressions
Ses partisans ont salué son approche pragmatique de la gestion municipale, tandis que ses détracteurs mettaient en avant les accusations de corruption ayant entaché son mandat.
Les organisations de défense des droits humains l'ont en outre accusé d'avoir joué un rôle clé dans la répression des mobilisations contre le pouvoir, des protestations étudiantes de 1999 aux manifestations de janvier de cette année.
Mohammad Bagher Ghalibaf a été élu président du parlement en 2020, plaidant pour des réformes économiques et un renforcement du contrôle parlementaire tout en restant aligné sur les principes centraux de la République islamique.
Il a prédit que la guerre allait remodeler le Moyen-Orient, mais pas aux conditions de Washington. Dans une interview vidéo enregistrée et diffusée par l’agence de presse iranienne Tasnim et d’autres médias, il a annoncé:
