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Voici les forces qui maintiennent le régime en place en Iran

Voici les forces qui maintiennent le régime en place en Iran.
Image: Imago, montage watson

Voici les forces qui maintiennent le régime iranien au pouvoir

Alors que les frappes israélo-américaines continuent de pleuvoir en Iran, le régime tient bon. Tour d’horizon des différentes forces qui permettent au pouvoir iranien de subsister.
20.03.2026, 05:3420.03.2026, 05:34
Stuart Williams, Paris, France / AFP

Depuis la révolution de 1979, l'Iran s'est organisé pour ne pas dépendre d'une seule force de sécurité, mais plutôt disposer de plusieurs structures chargées de défendre la République islamique contre les menaces externes et internes.

Toutes celles-ci sont mobilisées dans la guerre contre les Etats-Unis et Israël, qui a débuté le 28 février par des frappes qui ont tué le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, et plusieurs hauts responsables de la sécurité.

Après bientôt trois semaines de guerre, «le régime iranien est intact, mais fortement affaibli en raison des attaques visant ses dirigeants et ses capacités militaires», a estimé mercredi la cheffe du renseignement américain, Tulsi Gabbard.

Voici les principaux acteurs de la sécurité iranienne:

L'armée de la République islamique

Connue en Iran sous le nom d'«Artesh», l'armée conventionnelle iranienne a pour mission de préserver la souveraineté du pays. Elle se compose d'une importante armée de terre, et de forces navales, aériennes et spatiales nettement plus modestes.

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Elle est dirigée par le général Amir Hatami, qui a vraisemblablement survécu à la guerre jusqu'à présent. Il a été nommé en juin 2025, quand Israël a tué son prédécesseur Mohammad Bagheri lors de la guerre de 12 jours entre Iran et Israël.

L'armée dispose d'un commandement militaire unifié connu sous le nom de Quartier général central Khatam al-Anbiya, dirigé par le général Ali Abdollahi Aliabadi.

Amir Hatami.
Le général Amir Hatami.Image: Imago

Le Corps des Gardiens de la Révolution

Connus sous les noms persans de «Pasdaran» («les Gardiens») ou «Sepah» («le Corps»), les Gardiens de la Révolution sont l'armée idéologique de la République islamique. Cette structure tentaculaire exerce non seulement une influence sécuritaire, mais aussi économique, et son influence politique est vue comme nettement plus importante que celle de l'armée régulière.

Malgré la mort de leur chef Mohammad Pakpour fin février, après celle de son prédécesseur, Hossein Salami, lors de la guerre de juin 2025, les Gardiens jouent un rôle de premier plan dans le conflit actuel.

Après des années de pression, l'Union européenne a récemment accepté de les inscrire sur la liste des organisations terroristes, à l'instar de l'Australie, du Canada et des Etats-Unis, une décision dénoncée par Téhéran.

Mohammad Pakpour.
Mohammad Pakpour, le chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique, est mort au début de la guerre.Image: Imago

La force Al-Qods

Rattachée aux Gardiens de la Révolution, la force Al-Qods est chargée de la collecte de renseignements et des opérations à l'étranger.

Elle a été commandée pendant deux décennies par le général iranien Qassem Soleimani, suspecté d'avoir diligenté des opérations au Liban, en Irak ou encore en Syrie, notamment contre des intérêts occidentaux. Il a été tué lors d'une frappe américaine en Irak en 2020.

Aussi mystérieux et insaisissable que son prédécesseur, le général Esmaïl Qaani a pris la relève. Il n'est pas apparu en public dernièrement, suscitant des spéculations sur son rôle et sur son lieu de résidence, même si de nombreux analystes jugent sa discrétion logique en temps de guerre.

Esmaïl Qaani (centre).
Esmaïl Qaani (centre).Image: Imago

La milice Bassidj

La milice Bassidj (signifiant «mobilisé», en persan) a, comme les Gardiens de la Révolution, été créée au lendemain de la révolution islamique.

Il s'agit d'une milice bénévole, dont les membres sont des jeunes issus généralement des couches sociales les plus modestes et des milieux les plus conservateurs sur le plan religieux.

Ses membres ont joué un rôle majeur dans la guerre de 1980-1988 contre l'Irak, les autorités saluant encore aujourd'hui le sacrifice de leurs jeunes «martyrs».

Aujourd’hui cependant, le Bassidj est surtout connu par les Iraniens comme un groupe d'agents qui maintiennent une présence vigilante, souvent à moto et en civil, dans les lieux clés des villes, prêts à réagir au moindre signe de protestation. Leur commandant, Gholamréza Soleimani, a été tué par une frappe aérienne, a annoncé l'armée israélienne mardi.

Gholamréza Soleimani.
Gholamréza Soleimani.Image: Imago, montage watson

Les forces de l'ordre de la République islamique

La police nationale iranienne, souvent désignée par son acronyme persan Faraja, s'occupe du maintien de l'ordre au quotidien, mais elle est également accusée par des organisations de défense des droits humains de jouer un rôle clé dans la répression des manifestations, notamment à l'occasion du mouvement contre la vie chère qui s'est mué en contestation contre le pouvoir début janvier.

Elle est dirigée par Ahmad-Reza Radan, une figure éminente en Iran, donné pour mort au moment de la guerre de juin 2025 mais réapparu bien vivant par la suite.

Il s'est affiché à plusieurs reprises pendant le conflit actuel, comme mardi à Téhéran. Il a menacé de tirer sur tout manifestant, et de les traiter comme des ennemis de l'Iran.

Ahmad-Reza Radan.
Ahmad-Reza Radan.Image: Imago
Des manifestations, en Iran et ailleurs
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Des manifestations, en Iran et ailleurs
Des Iraniennes tiennent des photos de Mahsa Amini, les mains peintes en rouge, lors d'une manifestation devant le consulat d'Iran suite à la mort de Mahsa Amini, à Istanbul, en Turquie, le 17 octobre 2022.
source: epa / sedat suna
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Video: watson
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