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Les violences ont secoué l'Europe: on fait le point

Un passant longe une vitrine brisée, au lendemain d’une manifestation pour le pouvoir d’achat, la défense des services publics et la justice fiscale et sociale, à Paris, le 25 octobre 2026. (Photo by  ...
Un passant longe une vitrine brisée, au lendemain d’une manifestation pour le pouvoir d’achat, la défense des services publics et la justice fiscale et sociale, à Paris, le 25 octobre dernier.Image: AFP

Les violences ont secoué l'Europe: et maintenant?

En France, le renfort policier a limité les débordements. Samedi, la violence s’est toutefois déplacée vers d’autres villes européennes, Barcelone en tête. On fait le point.
25.10.2026, 21:0625.10.2026, 21:06
Simon Maurer

Les autorités françaises s’attendaient à de nouveaux débordements lors des manifestations du week-end. Le gouvernement du président Emmanuel Macron a donc mobilisé 10 000 policiers supplémentaires, afin d’éviter que les dévastations du week-end précédent ne se reproduisent. Au total, 70 000 policiers et gendarmes ont été engagés.

Dans un premier temps, la stratégie a semblé fonctionner. Un peu plus de 400 000 personnes ont défilé dans le calme, pour l’essentiel. Mais l’ambiance a basculé en fin de journée.

A Paris, des manifestants cagoulés ont de nouveau affronté la police dans les rues. Cette fois, les forces de l’ordre ont toutefois réussi à empêcher des pillages à grande échelle dans la capitale.

La situation a été différente dans plusieurs autres villes françaises, où de petits commerces et des supermarchés ont été attaqués et dévalisés. A Marseille, une bijouterie a par exemple été visée.

Selon des médias locaux français, les scènes les plus violentes se seraient déroulées à Grenoble: un homme aurait sorti un objet ressemblant à un pistolet pour protéger son magasin, alors qu’une foule s’en prenait à celui-ci. Des heurts ont aussi eu lieu à Lyon, à Nantes et à Toulouse.

C’est toutefois, et de manière assez surprenante, de Barcelone que sont venues les images les plus violentes, samedi soir. Des jeunes cagoulés y ont affronté la police et pillé plusieurs commerces, notamment des bijouteries et des magasins d’électronique. À certains moments, les autorités ont perdu le contrôle de la situation. En fin de journée, une centaine de jeunes avaient été interpellés, dont un sur quatre était mineur.

À Rome, ce sont surtout les images du Colisée qui ont marqué les esprits: des manifestants ont pris d’assaut le site.

Où les manifs' ont éclaté ce week-end 👇

Manifestations Europe
Image: ch media

En Albanie et en Belgique aussi, des manifestations ont donné lieu à des affrontements avec la police.

Y a-t-il encore des risques pour les touristes?

Le cas de Barcelone a démontré avec quelle rapidité des personnes qui n’ont rien à voir avec les troubles peuvent s’y retrouver prises.

Des centaines de passants sont restés bloqués dans des magasins, pendant que des jeunes saccageaient la rue. Certains commerçants et habitants ont défendu leurs biens avec des battes de baseball. La police a bouclé une partie du centre-ville, et l’accès à des stations de métro a lui aussi été par moments restreint.

Plusieurs pays ont entre-temps adapté leurs recommandations aux voyageurs pour certaines grandes villes européennes.

Le ministère allemand des Affaires étrangères met en garde contre de nouveaux débordements en France et contre d’éventuels couvre-feux nocturnes, décrétés à court terme. Le Royaume-Uni et le Canada conseillent eux aussi d’éviter les manifestations et de s’attendre à des perturbations du trafic.

La Suisse, elle, n’a pas durci ses recommandations aux voyageurs. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) continue de juger les voyages en France et en Espagne globalement sûrs. Il met toutefois en garde contre les affrontements violents, les incendies criminels et les blocages de routes. Les voyageurs sont invités à éviter les manifestations et à suivre les instructions des autorités.

Que font et disent les politiques?

Le président du gouvernement catalan, Salvador Illa, dont la ville a été samedi l’épicentre des violences les plus fortes en Europe, a réagi avec une fermeté particulière.

«La violence n’a pas sa place en Catalogne. Jamais», a-t-il écrit sur X.

«Manifester est un droit démocratique. Agresser et intimider des gens ou provoquer des destructions n’en est pas un»

Le responsable de centre gauche a annoncé des conséquences: «Nous veillerons à ce que ceux qui agissent ainsi en paient le prix.»

En France, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est en revanche déclaré satisfait de l’action de la police en début de soirée.

Les cortèges se sont «bien déroulés», a-t-il affirmé. Les forces de l’ordre ont néanmoins de nouveau dû faire face à un «niveau de violence extrêmement élevé».

À ce moment-là, près de 1000 personnes avaient été interpellées dans tout le pays. Selon le gouvernement, quelque 410 000 personnes ont pris part aux manifestations, contre 550 000 le week-end précédent.

Jean-Luc Mélenchon a tenu un tout autre discours. Le chef de file de la gauche française a exhorté Emmanuel Macron à faire un geste envers les manifestants, faute de quoi de nouvelles manifestations auraient lieu chaque semaine. Il a reproché au gouvernement de provoquer lui-même le désordre par ses mesures de sécurité.

En Italie, la présidente du Conseil Giorgia Meloni a pour sa part défendu la ligne dure de son gouvernement. De nouvelles mesures de sécurité, adoptées dès mardi, doivent empêcher que des casseurs ne dévastent les villes.

Pourquoi les manifs' se sont exportées ailleurs en Europe?

Les manifestations françaises trouvent de plus en plus d’écho à l’étranger, via les réseaux sociaux. Barcelone en a offert un exemple samedi: des appels y ont circulé sous le slogan «Instituts Indignats», en référence au mouvement lycéen français «Lycées Indignés». Sur TikTok, une vidéo véhiculait ce message: «La France a déjà montré qu’elle n’avait pas peur. Et nous?»

Les jeunes sont donc surtout mobilisés via WhatsApp, Telegram et Instagram. Des appels ont circulé pour se rendre, cagoulé, à des dates précises, à des points de rendez-vous fixes. Certains ont même directement incité à saccager des commerces. Des appels et des vidéos du même type circulent désormais aussi en Suisse, et plus encore en Allemagne.

Et maintenant?

De nouvelles manifestations sont attendues en France samedi prochain, le 31 octobre, à l’appel du syndicat de l’éducation SUD éducation.

Une semaine plus tard encore, les grandes organisations syndicales françaises entendent à leur tour descendre dans la rue. Une manifestation nationale est aussi annoncée samedi prochain en Allemagne (jusque-là épargnée). En Italie, des étudiants veulent organiser une grève nationale le vendredi 30 octobre. Un retour au à la normale ne semble donc pas être pour demain. (bzbasel.ch)

Sauvetage improbable en Romandie
Video: watson
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