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Gadi Eisenkot, grand rival de Netanyahou en Israël

epa13076150 Former IDF chief of staff and leader of the 'Yashar' party, Gadi Eisenkot, reacts during the party's election campaign launch conference in Neve Yarak, near Petah Tikva, Isr ...
Gadi Eisenkot a été le chef de l'armée israélienne de 2015 à 2019.Image: EPA

Ce général dont le fils est mort à Gaza défie Netanyahou

Virulent critique de la gestion de l'après-7 Octobre en Israël et partisan d'une ligne sécuritaire dure, Gadi Eisenkot supplante Benjamin Netanyahou dans les sondages pour les prochaines élections législatives. Portrait.
28.07.2026, 11:3328.07.2026, 12:45
Gianluca PACCHIANI, jérusalem / AFp

Parviendra-t-il à faire tomber Benjamin Netanyahou? A l'approche des législatives du 27 octobre, l'ancien chef d'état-major Gadi Eisenkot s'impose comme le principal rival du premier ministre sortant, malgré son manque de charisme et d'expérience politique.

Son ascension survient alors que le scrutin fait figure de référendum sur Benjamin Netanyahou, au pouvoir pendant plus de 18 ans. Si celui-ci reste crédité d'une forte popularité, il est également contesté, notamment sur la gestion du pays après l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.

Chef de l'armée de 2015 à 2019, Gadi Eisenkot, 66 ans, est l'un des critiques les plus virulents de sa conduite de la guerre à Gaza, où le fils du candidat est mort en décembre 2023. Même s'il défend lui aussi une ligne sécuritaire dure sur les différents fronts, du Liban à l'Iran.

12/08/2023 Herzliya Israel. Family and friends grieve for First Sergeant Major Gal Meir Eisenkot (aged 25) at the burial site during his funeral in the Herzliya cemetery on December 8, 2023 in Herzliy ...
Gadi Eisenkot aux funérailles de son fils.Middle East Images

Son programme en dix points, qu'il présente comme centriste, commence par la promesse d'instaurer une commission d'enquête indépendante, comme le réclament de nombreux Israéliens, pour définir les responsabilités dans les défaillances ayant permis l'attaque du Hamas.

Le candidat pousse aussi pour une «loi de service national universel» qui concernerait les juifs ultra-orthodoxes et les Arabes israéliens, aujourd'hui exemptés de service militaire. Le sujet est central pour les Israéliens, qui ont de plus en plus de mal à accepter l'exception accordée aux ultra-orthodoxes alors que les réservistes enchaînent les périodes sous les drapeaux depuis 2023.

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«C'est un gouvernement qui choisit d'affaiblir l'armée en plein milieu d'une guerre sans merci, alors que la fine fleur des fils et filles de ce pays sont déployés sur tous les fronts», a-t-il récemment tancé.

Pour les représailles massives au Liban

Sur le conflit israélo-palestinien, celui qui a brièvement été ministre sans portefeuille entre octobre 2023 et juin 2024 a choisi de cultiver le flou pendant cette campagne. «Le seul message qu'il a fait passer, c'est qu'Israël doit être un Etat de droit», souligne Tal Elovits, chercheur au centre de réflexion israélien Molad, laissant entendre que «les colonies illégales et les violences commises par les colons (en Cisjordanie) feraient l'objet de mesures».

Mais soucieux de courtiser cet électorat, il s'est rendu en avril dans des colonies du nord de ce territoire palestinien, occupé depuis 1967, dont l'une parmi «les plus violentes», selon l'ONG israélienne anticolonisation «La paix maintenant».

Au Liban, où il a officié lors de la guerre de 2006 contre le Hezbollah pro-iranien, il a été l'un des initiateurs de la «doctrine de Dahiyé», en référence au bastion du Hezbollah en banlieue de Beyrouth largement pilonné sous son commandement. Une stratégie de représailles massives qui part du principe que le mouvement chiite dissimule des combattants et armes au milieu des habitants et infrastructures civiles.

En juin, Gadi Eisenkot a fustigé la décision de Benjamin Netanyahou de cesser les bombardements sur le sud du Liban à la demande de Donald Trump, dans le cadre des négociations américaines avec l'Iran. «Aucun premier ministre israélien n'a jamais cédé à une telle exigence», a-t-il lancé.

Un choix stratégique contre Netanyahou

Fils d'immigrés marocains ayant grandi à Eilat (sud), il offre un contraste saisissant avec Benjamin Netanyahou, héritier d'une riche famille de l'élite ashkénaze, qui a passé une partie de son enfance aux Etats-Unis. Le général, qui s'inscrit dans la longue tradition d'anciens chefs d'état-major reconvertis en politique comme Yitzhak Rabin et Ehud Barak, bénéficie d'un fort capital de sympathie à la suite de la mort de son fils Gal en décembre 2023 et de deux de ses neveux dans les combats à Gaza.

Sa jeune formation, Yashar («droit» ou «intègre» en hébreu), supplante désormais le Likoud de Netanyahou dans les sondages. Ses autres concurrents, l'ancien premier ministre Naftali Bennett et le chef de l'opposition Yaïr Lapid, qui se sont unis en vue du scrutin, apparaissent distancés.

«De nombreux électeurs de droite qui n'aiment pas ce que fait M. Netanyahou (...) cherchent une maison politique. Et pour eux aujourd'hui, c'est Gadi Eisenkot», affirme Gayil Talshir, professeure de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem. Pour ceux du centre, il représente avant tout un choix stratégique pour pousser vers la sortie le premier ministre sortant.

Selon l'expert Tal Elovits, sa personnalité peu flamboyante joue paradoxalement en sa faveur. Les électeurs «recherchent quelqu'un de responsable, presque ennuyeux» qui les rassure, explique-t-il à l'AFP. «Et je pense qu'Eisenkot incarne cela».

Des militants de la flottille pour Gaza à genoux et mains liées
Video: watson
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