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Deux revers électoraux mettent Friedrich Merz sous pression

Friedrich Merz est sur la sellette à cause de l'AfD
Friedrich Merz est plus impopulaire que jamais.Image: Keystone/montage watson

Après la débâcle, voici les trois scénarios pour Friedrich Merz

A la suite de ses lourdes défaites en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et à Berlin, la CDU se retrouve sous pression. Friedrich Merz tente de resserrer les rangs, mais jusqu'à quand ses soutiens lui seront-ils fidèles?
21.09.2026, 19:0221.09.2026, 19:02
Anna-Lena Janzen / t-online
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t-online

Lorsque Friedrich Merz se présente devant les caméras dans la salle Helmut Kohl, au siège de la CDU à Berlin, les premiers chiffres de la nouvelle débâcle électorale du parti sont publiés depuis treize minutes.

En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le parti vient d’enregistrer son plus mauvais résultat de l’après-guerre, toutes élections fédérales, européennes et régionales confondues. Inutile d’embellir la situation, reconnaît sans détour le chancelier:

«C’est un désastre»

A ce moment-là, la CDU est créditée de 5,0 à 5,5% des voix. Quelques heures plus tard, la situation empire encore, puisque le parti n'atteint finalement même pas le quorum.

En réagissant aussi rapidement, Friedrich Merz poursuit avant tout un objectif. Il veut prendre les devants, garder la maîtrise du récit autour des résultats et couper court à une nouvelle discussion sur son éventuelle démission. Il veut montrer qu’il est prêt à se battre pour conserver son poste.

Merz défend son programme

Pour éviter tout faux pas, le chancelier lit son texte sur un prompteur. Il sait que, désormais, chaque mot compte. Sa première réaction sera commentée aussi bien au sommet du parti que parmi les militants. Jamais encore le chancellier allemand n’avait été autant sous le regard du public.

Dans une déclaration d’un peu moins de cinq minutes, le chef de de la CDU défend son programme de réformes et invoque sa responsabilité. Il affirme:

«Je veux faire avancer notre pays»

Et il ajoute gardant continuellement son cap:

«Ces réformes sont le moyen de lutter contre le poison autoritaire, qui pénètre toujours plus profondément notre société avec la fascination qu’exerce l’autoritarisme.»

Ce qu’il faut désormais entreprendre exige, selon lui, du courage, de la fermeté et de la patience:

«J'en aurai, en tant que président de la CDU et, surtout, en tant que chancelier fédéral de notre pays»

Rien ne permet alors de savoir si son parti le suivra. Pour la CDU, ce dimanche électoral pourrait déboucher sur le pire scénario imaginable, une éviction du parlement régional à Schwerin et une sortie du gouvernement à Berlin.

Ce que signifient les résultats

Lorsque le chancelier quitte la Konrad-Adenauer-Haus en limousine à 21 heures 40, la CDU est encore créditée de 5,0% dans les projections. Quelques minutes plus tard, elle passe pour la première fois de la soirée sous ce seuil fatidique. La barre s’arrête à 4,9%. Un plus bas historique, qui verrait pour la première fois la CDU être exclue d’un parlement régional.

Le précédent plus mauvais résultat remonte déjà à plusieurs décennies. Voici les dix plus mauvais scores de la CDU lors d’élections régionales:

  • 2026: 4,9% – Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (résultat provisoire)
  • 1951: 9,0% – Brême
  • 2020: 11,2% – Hambourg
  • 2024: 12,1% – Brandebourg
  • 2021: 13,3% – Mecklembourg-Poméranie-Occidentale
  • 1959: 14,8% – Brême
  • 2019: 15,6% – Brandebourg
  • 2015: 15,9% – Hambourg
  • 2026: 17,2% – Saxe-Anhalt (résultat provisoire)
  • 2016: 17,6% – Berlin

Le résultat de Berlin ne permettra pas d’atténuer la débâcle en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, bien au contraire. Après le dépouillement de tous les bulletins dans la capitale, la CDU obtient environ 18,8%, soit 6,9 points de moins que Die Linke (25,7%). Là encore, la défaite est lourde. Ce double revers pourrait accentuer encore la pression sur le chancelier.

Une ambiance «grave»

Afin d’éviter que la situation n’échappe à tout contrôle, le soir des élections, Merz avait convoqué l’ensemble des responsables du parti à la Konrad-Adenauer-Haus. Des lasagnes et des petits fours ont été servis, a raconté un participant.

La plupart des responsables ont quitté le siège du parti vers 20 heures déjà, souvent sans un mot. Interrogé sur l’ambiance, Sebastian Lechner, le chef de la CDU en Basse-Saxe, a tout de même répondu «Grave, à la mesure de la situation». Ministre-président de Rhénanie-Palatinat, Gordon Schnieder a pris congé en lançant: «A demain».

La base du parti est un facteur de risque

Dans une déclaration commune à l’initiative de Gordon Schnieder, les huit dirigeants régionaux les plus influents, soit les ministres-présidents issus de la CDU, avaient déjà apporté leur soutien à Friedrich Merz mercredi:

«Les citoyens peuvent compter sur nous pour nous attaquer à leurs problèmes. En tant que ministres-présidents, nous voulons et nous allons apporter notre contribution aux côtés du chancelier fédéral.»

Au sein du parti, certains avaient considéré cette déclaration comme délibérément tiède, car le chancelier allemand n’y était pas cité nommément. Dans les faits, jusqu’à quel point peut-il réellement compter sur ces soutiens?

La pression que la base du parti pourrait exercer sur Friedrich Merz et sur la direction de la CDU est, elle, difficile à prévoir. Voici les trois scénarios possibles désormais.

Un changement de chancelier

En théorie, les dirigeants régionaux pourraient encore retirer leur soutien au chancelier et le pousser à la démission. Ce scénario paraît toutefois peu probable, car il faudrait pour cela disposer d’un plan pour la suite. Or, il n’y en a pas. Aucun successeur ne s’impose comme la personnalité autour de laquelle tout le parti pourrait immédiatement se rassembler.

Les noms des ministres-présidents de Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de Bavière, Hendrik Wüst (CDU) et Markus Söder (CSU), circulent. Mais les deux hommes ne s’entendent pas particulièrement bien. Ils devraient donc d’abord parvenir à un accord.

Un autre obstacle, extérieur au parti, se présente encore: le SPD. Ses voix seraient nécessaires pour élire un nouveau chancelier et le parti ne manquerait probablement pas d’exiger des concessions politiques en échange de son soutien.

Un chancelier en sursis

Ce scénario continue d’être présenté comme le plus probable. Friedrich Merz parviendrait à resserrer les rangs et resterait à la tête du gouvernement.

Il serait cependant, dans un premier temps, un chancelier en sursis qui aura pour tâche de regagner la confiance de son parti et, surtout, de faire appliquer le programme de réformes déjà adopté malgré les résistances du SPD.

S’il parvenait à mener à bien sa grande réforme, si la situation économique s’améliorait et si d’éventuelles négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine aboutissaient elles aussi, la situation pourrait de nouveau tourner en sa faveur.

Le chancelier révocable à tout moment

Dans sa déclaration, Friedrich Merz a clairement indiqué qu’il entendait rester non seulement chancelier, mais également président du parti. Selon son entourage, un partage du pouvoir au sein de la CDU n’est pas envisageable pour lui.

Le choix de son successeur à la tête du parti constituerait une première décision sur la candidature à la chancellerie en 2029. Merz deviendrait ce que le jargon politique appelle un «canard boiteux», autrement dit un dirigeant en fin de course, et cela plus de deux ans avant les élections fédérales. Il lui serait alors encore plus difficile de faire adopter des réformes délicates. (adapt. dal)

L'initative sur la neutralité expliquée
Video: watson
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