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Qui est Andy Burnham, le pressenti futur premier ministre anglais?

epa13056699 Newly elected Member of Parliament for Makerfield, Andy Burnham arrives at the Houses of Parliament in Westminster, London, Britain, 22 June 2026. Following the resignation of British Prim ...
Keystone

Qui est Andy Burnham, le pressenti futur premier ministre anglais?

Andy Burnham a toutes les chances de succéder à Keir Starmer à Downing Street et devenir, tout soudain, premier ministre. Qui est cet homme, qu'on surnomme le «roi du Nord»? Portrait.
22.06.2026, 17:0022.06.2026, 17:00
Anne-Laure MONDESERT/afp

Le travailliste Andy Burnham, qui a toutes les chances de succéder à Keir Starmer à Downing Street, a été investi lundi député au Parlement de Westminster à Londres. Une étape nécessaire pour prendre la tête du Labour et devenir Premier ministre.

Cette investiture intervient quatre jours après sa victoire haut la main lors d'une législative partielle dans la circonscription de Makerfield, proche de son fief de Manchester, dont il était maire depuis 2017.

Mais qui est cet homme?

Il a bâti sa popularité sur son ancrage dans le Nord industriel du pays, et se pose en porte-parole de «toutes les régions oubliées».

À 56 ans, qui se décrit comme partisan d'un «socialisme pro-entreprises», et fait figure de favori pour remplacer l'impopulaire Premier ministre démissionnaire.

Encore une fois, il a franchi une étape clé en remportant facilement, devant l'extrême droite, l'élection législative partielle de Makerfield dans son fief de la région de Manchester.

«C'est la dernière chance»

«C'est la dernière chance pour changer» le parti, a répété vendredi Andy Burnham, devant ses soutiens rassemblés sur un terrain de foot, sport dont il est passionné.

Tout sourire et décontracté, en polo blanc sous le soleil, ce supporter d'Everton, club de Liverpool, s'est engagé à «tracer une nouvelle voie» pour le pays. Auparavant, dans un premier discours de victoire, il avait promis «l'équité pour les régions» que le pouvoir central à Londres a «négligées».

Dans la course à la direction du Labour, ce qui est sa troisième tentative pourrait être la bonne: il avait été candidat malheureux d'abord en 2010 face à Ed Miliband, puis en 2015 face à Jeremy Corbyn.

Son retour au Parlement de Westminster le contraint à abandonner la mairie du Grand Manchester, agglomération de 2,8 millions d'habitants qu'il a conquise en 2017 et où il a su se faire apprécier, se faisant réélire deux fois.

Lui-même est un enfant de cette région au passé industriel: il a grandi dans une petite ville à mi-chemin entre Liverpool où il est né, et Manchester.

Dans cette cité qui connaît depuis 2015 une croissance économique deux fois supérieure à la moyenne nationale, sa principale réussite est d'avoir amélioré les transports en commun, en reprenant sous contrôle public le système de bus pour l'intégrer dans un réseau avec trams et trains, à des tarifs abordables.

Le «roi du Nord», et de la réindustrialisation?

C'est pendant la pandémie de Covid-19 qu'il gagne son surnom de «roi du Nord», grâce à son combat pour obtenir des fonds pour soutenir les entreprises et employés de cette région touchée par la crise.

Personnalité politique la plus populaire du pays (35% d'opinions positives selon l'institut YouGov), il s'est parfois opposé ouvertement à Keir Starmer, notamment lorsque ce dernier a réduit les aides sociales aux handicapés.

Reprenant vendredi des thèmes sur lesquels il a fait campagne, il a souhaité «une nouvelle dynamique de réindustrialisation» dans le pays et une «économie qui profite à tout le monde», estimant que la «théorie du ruissellement» ne marche actuellement pas. «Nous devons faire baisser les factures d'eau, d'énergie», a-t-il souligné.

Des sources proches d'Andy Burnham ont récemment indiqué au Guardian qu'il était favorable à certaines nationalisations, notamment dans la distribution d'eau où la principale compagnie, Thames Water, est en difficulté financière.

En janvier, il énonçait «les quatre cavaliers de l'apocalypse britannique: dérégulation, privatisation, austérité et Brexit».

Face à des marchés financiers inquiets, il s'est toutefois engagé à tenir les objectifs d'équilibre budgétaire fixés par l'actuelle ministre des Finances Rachel Reeves.

Pour Andrew Fisher, ex-directeur de la politique du Labour sous Jeremy Corbyn, très à gauche, un gouvernement Burnham se traduirait par une «légère inflexion à gauche».

Mais pour le quotidien conservateur The Daily Telegraph, il y a avec lui une «probabilité effrayante de voir arriver une coalition de gauche radicale».

«Madchester»

Né le 7 janvier 1970, Andy Burnham est le fils d'un technicien des télécommunications et d'une réceptionniste médicale. Il entre au Labour à l'âge de 14 ans, «radicalisé», dit-il, par la grève des mineurs de 1984-85, écrasée par le gouvernement conservateur de Margaret Thatcher.

Pendant sa jeunesse, il fait des études d'anglais à Cambridge et apprécie la bouillonnante scène musicale et culturelle de Manchester dans les années 1990, «Madchester».

En 2001, il est élu député déjà dans l'agglomération de Manchester. Il est sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur dans le gouvernement de Tony Blair, ensuite secrétaire en chef au Trésor sous Gordon Brown, puis ministre de la Culture en 2008 et ministre de la Santé (2009-2010).

Cheveux sombres et lunettes assorties, il s'est fait tatouer sur le bras une abeille ouvrière, symbole de Manchester qui a pris une nouvelle dimension après l'attentat qui a endeuillé la ville en 2017, à la fin d'un concert d'Ariana Grande.

Il est marié depuis 2000 avec Marie-France van Heel, femme d'affaires d'origine néerlandaise rencontrée à l'université, avec qui il a eu trois enfants.

Le premier ministre du Royaume-Uni démissionne
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